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 La vie avec vous [sp Thane & Deus]

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Séléné Saralondë
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MessageSujet: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Ven 16 Oct - 19:26

La fin de la guerre avait réellement été un point de bascule dans la vie de Séléné, tout comme dans celles de Thane, et de Deus. 
Ce dernier était mort, et, folle de douleur, elle était allée le récupérer, avait recollé certains bouts, l’avait lavé et … il avait ressuscité. De là, les trois vies avaient été bouleversées. Il était établi alors que Thane et Séléné s’aimaient, mais il était apparu que Deus aimait aussi la métisse,  et que ceci était réciproque, ce qui, très certainement, était le plus embêtant. Cela bouleversait pas mal les équilibres fragiles préétablis. 
Les relations avaient été tendues, et ceci était un doux terme pour désigner l’ambiance dans la maison de pierre. Deus devait rester à l’intérieur ; il était officiellement mort, surtout, il n’était pas en super bon état, puisque sa résurrection était d’une part inexpliquée, et d’autre part menait à plusieurs changements assez majeurs dans son corps. Il devenait plus large, plus fort, semblait plus adulte, mais aussi plus sombre. Il souffrait manifestement de la situation, gardant en apparence son caractère d’antan, mais restant cloîtré sans rien dire, les yeux dans le vide, mou, triste, puis, parfois, faisant des crises de colère très fortes. Sauf que Séléné, telle une panthère, ne supportait plus de rester enfermée, et passait tout son temps dehors, du lever au coucher, croisant rarement les deux hommes. En fait, Deus passait presque tout son temps seul, puisque Thane aussi sortait toute la journée, la passant à sa forge notamment. C’était épuisant, mentalement parlant. Ils s’évitaient, ne se parlaient plus. Thane avait la chambre et Deus le canapé, puisqu’elle s’était attribué la baignoire, largement assez grande pour elle. A vrai dire, elle y restait peu, sauf lors de tempêtes. Généralement, elle finissait par se couvrir et sortir, fuyant cette ambiance pesante, et voulant surtout éviter de courir le risque de se retrouver face à l’un ou à l’autre, et que celui-ci la fore à cesser de l’ignorer, comme ils le faisaient si bien. 
Lors de ses longues, très longues sorties, elle réfléchissait, tentait de faire le point. Cela dura trois très longues semaines. 


Puis, un jour, elle  prit sa décision : il fallait se parler, puisqu’elle-même était au bord du vide, et imaginait très bien l’état des deux mâles. Alors, au matin, alors qu’habituellement, chacun se levait et partait, sans parler aux autres, vaquer à ses occupations, elle les retint, et ils se rassemblèrent autour de la solide table de Thane. Elle avait manifestement bien choisi son jour : il neigeait déjà dehors.  Ce jour-là, elle prit une grande inspiration, et dit tout ce qu’elle avait sur le cœur : son amour pour eux, son incapacité à choisir, son épuisement. A vrai dire, cela jeta un froid certain. Ils mirent un moment, eux avant de pouvoir exprimer des choses. Pourtant, lentement, doucement, à tâtons, un triangle amoureux s’installa. C’était incertain, puisqu’ils ne se parlaient pas. C’était rempli d’humour noir, de piques, mais arriver à la sincérité était impossible, ou presque. Ils étaient allés au bal de la Fête de la Couleur, et c’était encore compliqué. Deus aurait voulu reprendre le pouvoir, mais cela s’annonçait difficile. C’avait été leur seule sortie. Depuis ni fête, ni visite, ils étaient restés cloîtrés à Artgard, tentant de trouver un équilibre. 
Il leur fallut des mois pour parvenir à le trouver, bien caché qu’il était. A coup de piques, de boutades, de nuits partagées, de caresses distraites et discrètes, de références bien placées, ils finirent par se retrouver tiraillés, à se partager. Séléné partageait ses nuits, partageait ses jours, se fatiguait à tenter de satisfaire tout le monde. Peu à peu elle lâcha du lest sur cette lutte inutile, et peu à peu, tout se détendit. Il leur fallut des mois pour s’habituer à cette relation polyamoureuse, à ce ménage à trois voulu et accepté, mais, tout doucement, tout se mit en place, et ils trouvèrent leur rythme. Cela dura quelque temps, puis, assez vite finalement, Séléné eut la sensation de tourner en  rond. Au début elle ne dit rien, multipliant ses sorties, mais uniquement à Artgard. Mais elle avait la sensation de devenir folle. Elle n’était pas femme d’intérieur, le quotidien lui pesait vite. Ici, ses sorties étaient imitées, elle grimpait, mais c’était extrêmement dangereux, elle ne voulait pas trop s’aventurer dans Rhdamanthe, de peur qu’on la  questionne sur Deus, ou qu’on l’agresse. Le racisme était encore présent d’une part, d’autre part, elle était associée à lui, et il n’avait pas une grande popularité. Elle était juste allée voir Ewann, plusieurs fois, à qui elle avait tout confié, persuadée qu’il se tairait. Mais là-bas aussi, elle restait cachée alors … 


Ce jour-là, de nouveau, elle leur parla, et très vite, il advint Thane, lui, se sentait à l’étroit à trois ici. Deus, lui, dit assez clairement qu’il la suivrait jusqu’au bout du monde si tel était son désir. Et évidemment, pour elle, pas question de se séparer. Elle avait soupiré, et s’était passé la main sur le visage. Il allait falloir trouver une solution, et si possible avant le début de la saison Froide, où accéder à Artgard, et donc en partir se révélait très vite impossible. Evidemment, repartir sur  une ville de Rhadamanthe était exclu, et à vrai dire Minos ne la tentait pas vraiment. Trop doux, pas assez d’aventures, et puis Deus en venait déjà alors … Sa décision fut vite prise. 


- Bon. Je vais nous trouver quelque chose sur Hypnos. 


Et ainsi fut fait. Elle partit, discrète, et finit par leur trouver une maison discrète, confortable, en ville, assez éloignée du château, de l’Académie et du port, donc des lieux les plus animés : ainsi, ils pourraient être tranquilles facilement, mais aussi accéder rapidement aux points névralgiques de la ville grâce au portail une rue plus loin. C’était parfait. Il y avait un deux étages, un jardin derrière. Les plafonds étaient extrêmement hauts, ce qui correspondait à ce dont Thane avait besoin. La maison était organisée de façon à ce que lorsqu’on entrait, il faille monter pour avoir accès aux pièces à vivre à l’étage, où se trouvaient la cuisine et le salon. Au-dessus encore, on trouvait les trois chambres et les deux salles de bains, qui avaient plu à la métisse. Le rez-de-chaussée n’était pourtant pas désert : c’était une unique pièce, organisée en bureau-bibliothèque, avec, sur le copté, une petite dépendance, où les précédents propriétaires mettaient leurs chevaux apparemment, mais où Séléné comptait bien établir la forge de Thane. Enfin, on trouvait le jardin avec un petite terrasse, très calme, où pourraient aller leur chevaux, en leur créant un abri en divisant un peu le bureau. Ce serait très bien. C’était une maison en pierre blanches et en bois, aux tuiles classiques, sur la façade de laquelle grimpait du lierre. 
Elle avait fait en sorte de ramener aux garçons des vues, puis Thane était venu avec elle la visiter, Puis Deus déguisé. Enfin, ils s’étaient mis d’accord : ils la prenaient. 


Thane garderait sa maison à Artgard en plus, cela leur ferait un refuge. Sur Hypnos, il pourrait rouvrir une forge. Elle, elle comptait tenter de rentrer au château sur un poste n’importe lequel, de conseil. Elle savait que, si sur Rhadamanthe, on ne l’aimait toujours pas, sur Eaque, elle était encore très populaire. Sa célébrité jouait beaucoup, tout comme son histoire et ses coups d’éclats, mais aussi sa rupture avec Deus, et son opposition à la guerre. Pour celui-ci, elle ne savait toujours pas quoi faire : revenir sur Rhadamanthe était inenvisageable, surtout depuis que Morrighan était au pouvoir, cette petite racaille. Evidemment, sur Eaque, cela promettait d’être compliqué aussi. Il faudrait assurer son image, assurer de ses bonnes intentions, et surtout, surtout, expliquer sa résurrection. Et ça, ça promettait d’être compliqué. Eux-mêmes se doutaient bien que c’était à cause du chef zombi, qui devait être le fameux et légendaire chef de guerre, qui transformait ceux qu’il tuait en sortes de goules. Mais ils n’étaient pas sûrs, et franchement, elle doutait que cela inspire beaucoup confiance. Ainsi, c’était jouer un dangereux quitte ou double. 
Mais pour l’instant, il allait falloir s’installer, et pour s’installer, il allait falloir des meubles, puisque la maison serait vide à leur arrivée. Lors de son déménagement au palais de Rhadamathe, elle avait vendu tout ce qu’elle possédait, puisqu’elle ne s’attachait jamais au mobilier, ni à grand-chose d’ailleurs. Deus n’avait plus rien, et Thane avait ce qui se trouvait à Artgard … et qui se devait d’y rester afin qu’ils puissent revenir s’y réfugier en cas de problème. Ainsi, ils devraient se meubler lors de leur arrivée dans la maison, et pas avant, puisqu’ils n’avaient rien pour stocker, et qu’aller à Artgard ne se faisait pas avec de la téléportation, ou du moins, pas directement. 


C’est pourtant ainsi que le 15 Asherien, vers onze heures trente alors que le givre s’attaquait à Artgard, Thane, Séléné et Deus se retrouvèrent tous les trois à entendre leurs voix résonner dans une grande pièce vide dans une rue d’Hypnos, dans cette maison qu’ils venaient d’acheter. Rapidement, ils se répartirent les chambres. Séléné prit celle du milieu, qui était aussi celle qui lui permettrait le plus facilement de sortir en pleine nuit comme elle en avait l’habitude. Puis, ils sortirent manger, et entreprirent d’acheter quelques meubles ; au moins la base : un canapé, des fauteuils, de quoi conserver leurs courses, et des matelas. Surtout des matelas en fait. 
A vrai dire, quiconque les aurait regardés aurait pu avoir un beau fou rire. Deus avait absolument voulu venir, et têtu comme il était, l’en dissuader eut été impossible. Ainsi, ils se retrouvèrent à le grimer. On avait donc, réunis, un demi-géant manifestement bourru et peu content d’être là, mais qui le devait pour qu’on prenne des choses adaptées à sa taille, à son poids et à sa force, une métisse célèbre manifestement très tendue et fatiguée, lançant des regards plein d’éclairs à quiconque osait s’approcher de trop près, sa queue de cheval blanche fouettant violemment les airs dès qu’elle tournait la tête, et enfin, un bonhomme d’une race indéterminée, aux cheveux châtains, yeux marrons, avec des traits plutôt banaux, des vêtements un peu passe-partout, manifestement désagréable, ayant un avis sur tout, mais se rétractant dès qu’on proposait quelque chose. Ils faisaient un trio très comique, qui avait manifestement du mal à trouver un accord. Très vite, ce fut elle qui prit la direction des opérations, puisque Thane et l’ameublement n’étaient pas copains, et que Deus n’était jamais ni content, ni d’accord, ni même en accord avec lui-même, et ils se retrouvèrent avec des choses confortables, pratiques et simples, en matières naturelles. Ils avaient trouvé un canapé en cuir rouge, semblable à celui de Thane, mais plus grand et plus confortable, avec des fauteuils assortis, et s’étaient procuré une table et des chaises en bois léger mais solide. La cuisine était aussi équipée, basiquement certes, et il restait encore à acheter, mais c’était déjà un début. Elle s’était trouvé un lit qui lui convenait, et, face à l’absence de motivation des garçons, ils avaient juste pris les matelas pour eux ; ils reviendraient quand bon leur semblerait trouver des meubles pour leurs chambres. Enfin, elle s’acheta aussi une armoire, et prit de quoi éclairer, décorer et rafraîchir la maison. Lorsqu’ils revinrent la nuit tombait déjà. 
Le tout fut vite installé, et ils déballèrent la nourriture achetée l’après-midi, qu’ils mangèrent sur leur nouvelle table. Elle tentait d’insuffler un certain enthousiasme dans la maison, mais finit par renoncer : ils étaient tous deux maussades, et elle n’avait pas envie de se forcer pour un combat perdu d’avance. Aussi, le repas se fit silencieusement, et la jeune femme monta immédiatement après avoir terminé et les avoir embrassés. 


Il y avait dans sa chambre son peu d'affaires, et, fenêtre ouverte, elle entreprit de monter ses meubles puis de ranger un peu ses maigres possessions : elle n’avait que son arc, sa dague, son poignard, ses flèches, deux autres paires de chaussures, quelques vêtements de rechange, mais assez rares, puisque le shopping n’était clairement pas sa préoccupation première, et que peu à peu, les autres s’étaient usés, déchirés, abîmés, ou perdus, lorsqu’elle était partie de Rhadamanthe. Ainsi, en réalité, elle n’avait plus que deux pantalons, un en cuir, comme celui qu’elle portait, et un en tissu, celui qu’elle avait en arrivant en Artgard, deux hauts légers, dont un en cuir, deux hauts à manches longues un en cuir et un en coton, un haut très chaud, un manteau en peau et … c’était tout. A Artgard, elle s’était habituée à vivre avec presque rien, puisque de toute façon, elle ne se servait pas de grand-chose. Ici, il lui faudrait peut-être renouveler tout cela, sans compter que ça commençait à s’abimer un peu. Elle soupira. Une nouvelle chose à rajouter à sa liste … 
Une fois ceci terminé, elle alla prendre une douche, évitant soigneusement les deux hommes, puis entreprit d’écrire une lettre à Lucor, lui promettant de venir bientôt, et lui donnant quelques nouvelles, et une à Ewann, afin de le rassurer et de le tenir au courant. Puis, ne parvenant à trouver le sommeil, elle dessina des plans de la maison, afin de réfléchir à des aménagements, à des décorations, commençant par sa chambre, et faisant peu à peu toute la demeure, exceptées les chambres de ses amants. Lorsqu’enfin elle eut terminé, elle se releva, et éteignit la lumière créées par son pouvoir, avant d’aller e coucher. De son lit, elle voyait le ciel, et finalement, elle alla se jucher sur le toit, où, après avoir longuement réfléchi à leur situation, espérant de tout son cœur que cela s’arrange un peu, elle finit par s’endormir, épuisée.


Ce fut les rayons du soleil qui la réveillèrent, alors que la rue dormait encore. Elle soupira, et repartit dans son lit, où elle finit sa nuit. Lorsqu’elle se leva, elle s’habilla rapidement, ferma sa fenêtre, puisqu’il faisait très froid dans sa chambre, et descendit petit déjeuner, avec ses plans, afin de les montrer aux garçons un peu plus tard. 
Deus était encore dans sa chambre, aussi elle  embrassa Thane, et sortit la viande séchée, le pain, et se fit chauffer de l’eau afin de se faire un thé. Elle discuta un peu avec lui, puis versa dans sa tasse e liquide brûlant, avant de se mettre à la fenêtre. La rue était abimée, déjà. Elle avait perdu l’habitude des foules. 
Soupirant, elle alla passer ses bras autour de son cou, et mettre son nez frais dans son cou de taureau. Elle ne pouvait faire ça  que lorsqu’il s’asseyait, alors elle en profitait. Quelques instants plus tard, Deus entra. Elle lui sourit, alla vers lui l’embrasser, et ensuite, généreuse comme rarement, alla lui préparer un chocolat chaud, qu’elle lui apporta avant de s’asseoir déjeuner avec les deux hommes de sa vie. L’ambiance était plus détendue que la veille, et elle appréciait. 

_________________
Si je m'abîme dans ce décor triste et sublime,
Si je me nuis, nuit après nuit, jour après jour,
Si le soleil ne m'atteint pas, si le sommeil ne m'éteint pas,
Si mes lèvres traînent mes regrets de tout et de rien,
Si j'écrase mon coeur vide pour en extraire l'acide,
C'est car au lieu de vivre je me souviens ...

Séléné Saralondë


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Thane Pennkalet
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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Dim 14 Fév - 22:33

Au début du ménage à trois qui s’était installé un peu malgré eux mais qui s’était tout de même imposé comme la seule solution –même si assez peu habituelle comme configuration-, il n’avait pas été particulièrement dur de faire des concessions même sj chacun avait son lot de qualités énervantes. Thane savait prendre sur lui, il n’avait pas particulièrement de soucis à se niveau là contrairement à ses deux colocataires mais assez vite, il avait fini par ne plus pouvoir encaisser les sauts d’humeur constants. Il n’était quasiment jamais de ceux qui se plaignaient, en fait il ne parlait juste pas mais il chaque jour il bouillait littéralement intérieurement en regardant à quoi ressemblait sa vie.
Il avait explosé une ou deux fois mais il se servait souvent de la forge pour aller épancher sa rage sur du métal qu’il battait parfois même à froid, sans désir de façonner une quelconque création. Le silence était son élément mais lorsqu’il était pesant et pas reposant comme dans la plupart des cas sous son toit, il ne l’aimait pas plus qu’un autre. Même le bruit du marteau contre l’enclume lui procurait parfois du bonheur.


Après l’éclat de Séléné sur ses sentiments, l’équilibre s’était instauré très doucement, particulièrement doucement, dans la même routine qu’avant qu’ils sachent que ce qui se passait était inéluctable. Le fait que leur vie devienne un peu plus leur choix après cette discussion semblait avoir adoucit légèrement les mœurs mais cela ne rendait pas le tout facile.
Un souci du fait qu’il passait tout son temps à s’occuper à la forge, ne supportant plus d’attendre sans rien faire, fût qu’avec la faible population d’Artgard, il eut tôt fait de remplir les espaces de stockages pourtant grands d’articles métalliques plus ou moins raffinés et de plus ou moins bonnes qualités. Il y avait une partie réservés à un grand nombre d’artéfacts qu’il avait forgés qui s’était aussi étoffée, fait avec des matériaux ramenés par Séléné avant qu’ils n’aient quelques problèmes de communications avec l’arrivée de l’ancien roi.
Quand elle décida qu’ils devaient déménager, Thane eut beaucoup de mal à accepter le fait qu’à cause de l’arriver d’un intrus, ils doivent quitter l’endroit où il était établi pour aller vivre au milieu d’une ville qu’il n’aimait pas. Mais après plusieurs jours d’introspection sur lui-même et de temps à réfléchir, il avait accepté le fait qu’il n’y avait quasiment que du positif à changer d’air en gardant ce logis à disposition.
Il avait donc commencé à forger des supports de meubles où d’autres objets qui serviraient à faciliter la vie dans une maison, même si ils ne finissaient pas dans la sienne. Des meubles en fer qui ne serviront probablement jamais car ils n’avaient plus ni à Séléné pour une maison dans le style de celle qu’ils allaient acquérir, ni à l’inbuvable Deus qui n’avait pas de réelle argumentation pour étayer son propos.


Finalement ils s’installèrent sur Hypnos. La journée où ils avaient dû acheter de quoi vivre, les meubles importants et tout le reste, avait été une des pires journées que Thane ait vécu jusque là. Pourtant vaillant, le fait que la foule soit très présente tout autour, que beaucoup de choses ne lui plaisent pas tant que ça intérieurement et que la ville ne soit pas particulièrement adaptée à sa stature de Demi-géant –n’espèce des Géants n’était pas vraiment représentée sur Eaque-. De plus le fait qu’ils soient observés en permanence par la présence de Séléné et par son anatomie à lui l’avait très vite agacé. Une fois la journée finie, le repas fut peu bavard. Chacun retourna assez vite à sa chambre et Thane passa une petite partie de la nuit à réfléchir. Il s’endormit et se réveilla très tôt à cause d’un bruit dans une chambre, heureux que la journée précédente soit terminée. Il se leva au moment de son réveil, s’habilla et sorti de la maison alors que l’aurore n’était pas encore là. La rue n’était pas encore animée, et il décida de sortir pour se dégourdir les jambes. Il découvrit ainsi une ville, juste avant 5 heures du matin, qui n’était pas remplie à rabord par ses habitants et dans laquelle certains métiers officiaient dans le calme. Les boulangers et autres métiers du matin, mais pas de forgeron car ils auraient pu réveiller les habitants, ce qui était sûrement réglementé. Finalement, il revint dans sa nouvelle maison plusieurs heures de marche plus tard et s’installa en réfléchissant à ce qu’il ferait quand il en aurait le temps.
Un peu plus tard, Séléné arriva et l’embrassa dans le coup alors qu’il était assis. Ils commencèrent leur petit déjeuner alors que Deus descendait de sa chambre, tout semblait moins désagréable qu’hier mais rien n’avait fondamentalement changé. Ils déjeunèrent sommairement mais l’ambiance était bien moins tendue que sur Artgard, comme si une magie opérait ici et les rendait tous plus agréables à vivre. Ils parlèrent d’ailleurs plus qu’à l’ordinaire et eurent presque une discussion correcte.
Puis Séléné, visiblement encore plus épuisée qu’à l’accoutumée, au regard de ses yeux soulignés par des cernes effrayantes, leur montra des plans qu’elle avait dessiné dans la nuit. Et étonnamment, personne ne trouva rien à redire des projets pour la maison. Tout semblait plus simples, les idées plutôt bonne et les quelques défauts et illogismes furent vite améliorés. Le début de la matinée fut donc passé à finir d’abattre le silence dans le triangle amoureux et finissant sur un débat qui ne mettait personne d’accord, il vaquèrent tous à leurs occupations.


Thane sortit de nouveau pour se retrouver dans un bain de foule très désagréable et commença à marcher vers les forges qu’il avait repéré à son premier voyage, en cherchant une donnant sur une rue assez peu animée. Il ne pourrait pas installer tout de suite sa forge car il lui fallait le matériel, l’aménagement et d’autres paramètres qui l’empêchaient de forger sur le moment. Le problème était maintenant qu’il en avait besoin pour passer le temps. Il avait passé des mois à forger pour éluder ses problèmes et il devait se désintoxiquer doucement, il ne pouvait pas juste s’arrêter complètement et il voulait se faire à l’atmosphère d’Hypnos. Il finit par trouver ce qu’il cherchait. Forge en activité, dans une rue transversale, menée par un homme semblant savoir s’y prendre. Se présentant à un apprenti en quelques mots, il se décrivit sommairement comme un apprenti cherchant à s’améliorer et prêt à travailler gratuitement. En voyant l’énorme marteau que Thane avait au côté, l’apprenti se retourna et parti d’un pas raide vers son maitre à qui il souffla quelque chose. La main du gérant se posa sur l’épaule du jeune et l’écarta sans ménagement puis il s’approcha, jaugeant d’un œil presque accusateur Thane. Sans dire un mot, il parti sur le côté et attrapa une morceau de métal, visiblement simplement du fer. Une enclume était libre alors le demi-Géant s’en approcha, posa le morceau de fer et détacha son marteau de sa ceinture ? Il déboutonna sa chemise qui ressemblait, par sa taille, à une voile de bateau, et commença à frapper. En plusieurs minutes, il commença par taper un peu aléatoirement avant de décider ce qu’il allait faire puis décida de partir sur un travail assez minutieux et en moins d’une heure, il forgea avec les différents outils une poignée de porte avec une serrure dans laquelle il manquait simplement une partie du mécanisme pour fonctionner.
Le forgeron en chef vint inspecter plusieurs fois ce qu’il faisait, lui tournant autour, puis quand il eut fini, il le regarda dans les yeux et lui jeta un « Tu peux rester, mais t’es pas mon apprenti » puis parti en grommelant qu’aucun des idiots dans cette forge et sous ses ordres ne pouvait faire la même chose et ne pourrait surement jamais le faire parce que c’était trop compliqué pour des idiots comme eux.
Le temps qu’il soit prêt à lancer sa forge, il viendrait ici pour passer le temps. Il le passerait surement exclusivement ici d’ailleurs.

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Deus Wiseman
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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Mar 16 Fév - 16:24

Deus supportait mal a peu près tout ce qui arrivait. Il se sentait mal à peu près tout le temps et avait le sentiment que rien ne le ferait aller mieux. Le fait que depuis sa mort, il n’avait plus la capacité de dormir ne l’aidait pas à faire passer la dépression. Au début, les nuits il n’osait pas bouger, de peur de réveiller quelqu’un et il passait son temps à réfléchir et à tourner et retourner en rond tout ce qui lui passait par la tête. Le souci était que les idées finissaient ne finissaient pas forcément dans le bon sens et les réflexions sur son propre état ne faisaient que l’enfoncer encore plus dans le mal.
Il avait fini par sortir la nuit, là où il ne croisait personne pour lui parler ou le déranger. La journée il comatait en essayant de maintenir les apparences et il restait à l’intérieur quasiment tout le temps. Ce fut une sensation étrange quand Séléné et Thane le laissèrent pour sortir dans la journée. Un mélange de soulagement de ne pas être observé et collé alors que tout le dérangeait et de tristesse d’être abandonné pendant le seul moment où il était avec eux.
Il refusait absolument tout ce qu’on lui proposait, tout en essayant de trouver de vraies raisons, auxquelles il avait réfléchi durant les nuits et les journées seul, pour argumenter son propos. Mais lorsque des sujets important vinrent sur le tapis comme parler de ses sentiments et surtout déménager à Hypnos, son argumentation fut mise à bas. Ne pouvant expliquer logiquement son refus et voulant absolument rester avec Séléné, il finit par accepter.
Mais cela ne l’empêcha pas de continuer à refuser en grande partie toutes les propositions et à mettre son grain de sel dans tout ce qui impliquait son choix.
Une autre particularité de sa mort était que son corps se modifiait illogiquement. Il ne bougeait pas de la journée mais il devenait plus carré et perdait son apparente jeunesse d’Alf. Il se musclait, gagnait en force et en colère assez rapidement.



Quand ils arrivèrent sur Hypnos, la bouffée d’air nouveau mit du baume au cœur au jeune Alf mais le sentiment s’arrêta au bout de quelques heures, remplacé par le remord lorsqu’il voyait des cicatrices de sa guerre. Remplacé par la peur d’être découvert. Remplacé par la présence d’énormément de gens autour, ce qu’il adorait auparavant.
La seule chose à laquelle il se fit rapidement fut la présence de la foule. Avec quelques efforts il s’y accommoda mais n’alla pas jusqu’à s’y mêler. Une fois le strict minimum acheté, ils revinrent dans leur nouvelle maison qui changeait de l’ordinaire de Deus. C’était un bon compromis, pas encore chaleureux car complètement vide mais toutefois différent de la montagne ou des châteaux.
Ils dinèrent, rapidement et tout le monde parti se coucher rapidement. Deus avait déjà réfléchit au fait de ne pas rester à ne rien faire cette nuit. Il monta dans sa chambre, et attendit quelques heures avant de prendre sa cape et de descendre. Il sorti dans la rue, la nuit y était tombé. Cachant ses traits sous sa cape et les ayant de toute façon brouillés légèrement par magie, il parti vagabonder.
Il se déplaça de taverne en taverne et trouva rapidement une ambiance qui sur le coup lui convint. Elle avait un air voulu de taudis et une musique ressemblant à du blues sortait doucement par les fenêtres. Il entra, personne ne bougea. Tout le monde semblait perdu dans ses pensées, affalé sur une chaise, une table ou un canapé et laissant vagabonder son esprit. Un ou deux petits groupes débattaient sur des sujets tristes à en mourir – maladie, guerre, mensonges et mort- en se donnant de grands airs.
« Là je me sens bien ! »


« Quelle horreur »
Deus n’avait tenu que quelques minutes avant de s’énerver et de faire une crise de colère, détruisant une table et abimant un mur. Il s’était ensuite fait jeté par les videurs. Les gens à l’intérieur l’avait énervé au plus haut point. A se morfondre sans discontinuer et interdisant tout accès à leur espace personnel. Ils avaient l’air de tellement se complaire dans leur malheur que ça en était désagréable …
Et il était comme eux.
Au hasard de sa marche il finit par passer dans d’autres tavernes.


Alors que l’aube n’était pas encore là, Deus rentra pour rejoindre sa chambre aussi silencieusement que possible sans être particulièrement discret pourtant.
Après cette nuit, il savait une chose : Il allait faire des efforts pour repartir à zero et ne pas finir comme ces gens qu'il arrivait à trouver plus stupides que lui, sombrant dans les bars à ne rien attendre de la vie.
Il attendit avant de redescendre pour prendre un petit déjeuner où il n'attaqua pas forcément ses interlocuteurs.
Une fois que l'ex-roi eut ce déclic, tout devint bien plus simple. Les jours plus faciles à supporter et la communication moins compliquée. Il espérait juste que ce ne serait pas qu'une passade. Il avait énormément d'idées à mettre en oeuvre et énormément de choses à faire.
Il passa les premiers jours suivants en allant acheter du matériel de dessin, de peinture et plus tard il irait sûrement se trouver de quoi sculpter quand l'envie lui en prendrait. Puis il s'exerça, à l'intérieur d'abord - sa chambre était un vrai dépotoir à fournitures et essais ratés- puis plus tard, sous couvert d'un déguisement magique et de sa cape, il sortit pour dessiner et peindre dans la rue, renouant avec l'art qu'il avait laissé tomber quelques années plus tôt pour se consacrer à des plans nettement plus grandioses.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Mar 15 Mar - 20:26

La matinée s’était déroulée dans un relatif calme, et avait permis de faire correctement avancer les plans pour l’aménagement de la maison. Ils avaient fini par trouver un compromis qui plaisait à tout le monde : la minéralité de Thane, le sens du grandiose de Deus et son envie de matières simples et naturelles étaient tous servis. Une fois le repas de midi passé, elle s’était retrouvée seule à l’intérieur, et avait, pour la première fois depuis des mois à vrai dire, pu se détendre un peu. Elle avait pris le temps de faire une sieste d’une couple d’heures, avant de s’attaquer à l’achat des fournitures diverses et variées.
 
Elle s’était attachée aux tâches de rénovation et d’aménagement de la maison. A vrai dire, cela lui allait. Le temps dont elle disposait ainsi, alors que Thane travaillait dans une forge de la ville, et que Deus s’exerçait dans sa chambre, puis allait jouer les dessinateurs de rue à l'extérieur, lui permettait de se recentrer sur elle-même, et sur ce qu’elle désirait vivre, maintenant, du haut de ses 23 ans passés.
Elle se sentait vieille, moulue même parfois. Le soir, lorsqu’elle se nettoyait le visage afin d’en ôter les tâches de peinture qui la faisaient ressembler à un étrange dalmatien, elle regardait parfois d’un eu trop près, scrutant une ride, une marque du temps. Elle savait pourtant que celles-ci n’arriveraient pas tout de suite. Son vieillissement, s’il était plus rapide que celui des autres Alfs du fait de son métissage, était très nettement supérieur à celui de la population moyenne d’Elysion. Aussi, elle pouvait encore espérer vivre un bon siècle, voire peut-être plus encore, et au moins vingt ans encore, sans aucun doute, sans avoir de rides. Le temps n’avait pas de vraie prise pour elle, et elle le savait. Pourtant, au fond même si elle savait que Thane mourrait bien avant elle, et Deus bien après, elle aurait bien souhaité être un peu plus ordinaire.
Ainsi elle alternait entre des périodes d’intense motivation où elle abattait énormément de travail, et les périodes d’abattement à sa motivation se faisait la malle. C’était fatigant quelque part, mais cela lui permettait d’avoir un argument pour rester à la maison, maison qu’elle était un peu la seule à gérer de toute façon. Au fond, cela ne a dérangeait pas, pour l’instant du moins : elle avait plus de marge de liberté, personne n’était là pour contester ses choix, ses méthodes, son rythme, pour voir ses erreurs, ou la forcer à réparer les leurs. Elle avait une certaine tranquillité. La première semaine, elle s’astreint le matin à s’occuper de tous les papiers conséquents au déménagement, et à commencer à se rappeler au bon souvenir de ses amis bien placés, tandis que ses après midi étaient consacrées aux gros travaux, et ce jusqu’au retour des hommes le soir, à qui elle avait fait à chacun une listes des choses qu’elle leur demandait de faire d’ici le lendemain. Elle écrivit aussi quelques lettres. Peu à peu, alors que la pile de courrier à traiter diminuait, le temps de travaux se fit plus important dans ses journées, et elle avança bien plus vite que prévu. Elle y consacrait tout son énergie, et une fois par semaine, se consacrait une journée à faire totalement autre chose, comme des promenades, des explorations, ou des visites. Ainsi, elle était allée visiter Eaque afin de redécouvrir la ville, avait fait un tour au palais et était allée voir la forge de Thane. Elle avait aussi posé pour les dessins de Deus, et était allée voir de vieux amis. Depuis la guerre, la ville avait bien changé. Quelque part, au fond, cela la blessait : trop de gens étaient morts. On voyait encore les séquelles : maisons vides, tristes, froides, ou rues encore mal réparées. Un peu comme les gens, d’ailleurs … Parfois, elle baissait la tête, et se pressait de rentrer. La capitale avait changé …
 
Deux mois, la maison fut totalement à son goût, et elle avait la fierté de s’en être tirée sans ampoules. Le seul endroit auquel elle n’avait pas touché restait les chambres des garçons, où elle allait fréquemment passer des nuits. Souvent, elle allait passer du temps avec Thane. Puis, quand il s’endormait, si elle s’en avérait incapable, elle allait rejoindre Deus, et passat avec lui une grosse partie de la nuit, souvent éveillée, lui parlant à voix basse. Quelque part, elle sentait que cela leur faisait du bien à tous les deux. Elle adorait s’endormir et s’éveiller les jambes entremêlées aux siennes, son torse collé à son dos, les mains dans les siennes, lui qui ne dormait plus. Parfois, il disparaissait, et alors, elle retournait avec Thane. Parfois, elle faisait le choix de passer toute sa nuit avec l’un ou l’autre, ou bien commençait par aller voir Deus, puis retrouvait Thane. De temps en temps, aussi, elle préférait passer la nuit seule, dans sa chambre. Bien plus rarement, c’était l’un ou l’autre qui, désireux de tendresse ou de sexe, venait la rejoindre dans son lit. Lentement, donc, ils se trouvaient un rythme.
Lorsqu’enfin la maison fut « finie », il restait encore à s’y sentir chez soi, à bouger quelques chose afin que cela colle à l’humeur du moment, et à ce que chacun y apporte sa touche, impose sa patte, afin qu’un cocon se crée autour d’eux. C’était d’ailleurs la conclusion à laquelle elle était arrivée : elle, elle qui n’avait plus eu de famille depuis si longtemps, et qui avait toujours adoré, ou cru adorer, cette vie d’aventures, à cavaler par monts et par vaux, et à changer de maison et de compagnons de route sans cesse, à enchainer les aventures, à explorer le monde et à se battre sans cesse, elle avait l’envie soudaine de se créer un nid, de se sentir chez elle, et de s’attacher à un lieu, jusqu’à être triste si un jour elle devait le quitter. Cela l’étonnait : elle avait toujours vécue déracinée depuis le pique-nique qui avait été fatal à son enfance toute entière, et avait  toujours refusé de se laisser aller à aimer quoi que ce soit, de peur de devoir l’abandonner, ou d’en être abandonnée –ce qui, par ailleurs, était toujours arrivé, peut être déclenché inconsciemment par cette même peur qui la rongeait- et voilà que soudain, elle se retrouver à aimer d’un amour passionné, charnel, et pourtant tendre et profond, deux hommes à la fois et à vouloir se poser avec eux, pour  créer un bonheur solide et durable, qui s’attacherait à un lieu particulier. Cela allait à l’encontre de tout ce qu’elle avait toujours cru d’elle. Quelle serait l’étape suivante ? La procréation ? Elle frissonnait juste à y penser.
Les hommes avaient l’air plutôt contents des changements qui s’étaient opérés dans leur demeure, qui semblait satisfaire tout le monde. Elle continua quant à elle à s’occuper : ce fut d’ailleurs durant l’une de ces occupations qu’elle croisa Maeko. Elle alla voir Lucor et Ewann plusieurs fois, et profita de son temps libre pour enfin revoir de vieux amis, et renouer des liens avec ceux qu’elle avait perdus de vue. Un jour, elle se sentit même un devoir de mémoire, et alla juste sur les tombes de ceux qui étaient tombés à ses côtés. Elle alla aussi voir le cimetière des Plaines, qui la secoua beaucoup. Tout cela à cause d’une lubie soudaine, empirée par une rupture amoureuse …  Cela la désespérait. Son inquiétude quant à l’Ombre grandissait de jour en jour, et de jour en jour, elle se faisait de plus en plus insistance pour entrer a gouvernement d’Eaque. Sa rage envers Angel Dust et tous ceux qui avaient assassiné ceux qu’elle avait aimés s’était un peu calmée, remplacée par un sentiment d’urgence : elle devait entrer au gouvernement afin d’en savoir plus sur la situation, et pouvoir enfin aider, d’une manière ou d’une autre. En parallèle de ses visites au palais, elle travaillait à re-remplir sa garde-robe, et à se redonner une apparence correcte. Ainsi, dans les quatre mois qui séparèrent la fin des travaux dans la maison, et son entrée au gouvernement, elle explora Eaque de bout en bout, de façon précise, jusqu’à savoir tout le schéma des rues, et n’en plus rien ignorer. Elle lut également énormément, cherchant à ingérer le maximum d’informations sur l’Ombre, et sur les stratégies militaire de Minos, Eaque et Rhadamanthe. Elle se remit également au gout du jour quant aux politiques internes et externes des différents continents. Mais elle se remit également au goût du jour sur les dernières modes et fit perdre quinze centimètres à ses cheveux, ses quinze centimètres de trop, qui ressemblaient à de la faille de fer abimée, permettant à ses cheveux de lui arriver au milieu du dos et non plus au bas des reins. Elle refit sa garde-robe, se débarrassant de ce qui lui restait, et réinvestissant dans de nouveau vêtements, qui collaient mieux aux sa morphologie, puisqu’elle avait perdu du poids, puis regagné, puis reperdu du poids, tout en asséchant encore ses muscles depuis qu’elle avait acquis ceux qu’elle possédait auparavant. Son placard s’était peu à peu rempli de tenues pour tous les temps et toutes les occasions. Elle avait aussi pris soin d’elle, de son corps, de sa peau, et avait fait des efforts dans son alimentation. Bref, elle avait commencé une vie qui ressemblait à celle d’une jeune femme, et non plus à celle d’une adolescente fuyarde.
 
Lorsque, le jour où le messager du palais était venu la chercher, elle s’était regardée dans le miroir, elle avait vu un visage plus reposé, plus ouvert, qui lui plaisait plus, et semblait plus net. Lorsque Thane avait accueilli le visiteur, elle finissait de s’attacher les cheveux, qu’elle avait en fait détachés dès lors qu’elle avait su qu’il était là. Endossant un blouson léger par-dessus la blouse qu’elle portait, elle avait chaussé ses bottines, et mis sa ceinture, à laquelle pendait toujours un petit poignard, elle sortit de la maison avec cet homme, qui la mena a palais, où elle fut reçue par le gouvernement au complet. Il s’avéra que c’était pour lui offrir un poste en leur sein : désormais, elle serait conseillère en stratégie militaire et diplomatique. Si l’intitulé du poste était relativement flou, c’était car elle disposait d’une grande marge de manœuvre, et interviendrait sur de nombreux points, ce qui, pour tout dire, la ravissait. Elle serait donc tenue de participer, si ce n’était en personne, au moins par hologramme interposé, aux réunions politiques, et serait là sans doute à tous les évènements. Elle ne doutait pas de l’influence qu’elle aurait, elle qui était déjà crainte et respectée, et que la Reine écoutait déjà plus que d’autres.
Elle remercia chaleureusement leurs majestés, et alla prendre ses fonctions et découvrir son bureau. Elle ne revint que de nombreuses heures plus tard à la maison, om elle annonça la nouvelle à ses deux compagnons. Elle était vraiment heureuse à l’idée d’être intégrée au gouvernement, malgré ce que lui avait dit Maeko, et à l’idée, aussi, d’avoir autre chose à faire dans la vie que fuir, ou se battre pour exister.
 

Evidemment, le lendemain, elle faisait les gros titres. 

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Si je me nuis, nuit après nuit, jour après jour,
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Si mes lèvres traînent mes regrets de tout et de rien,
Si j'écrase mon coeur vide pour en extraire l'acide,
C'est car au lieu de vivre je me souviens ...

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Lun 20 Juin - 17:22

La vie de chacun avançait à son rythme, lentement mais sûrement. Alors que Séléné s’attaquait aux gros des rénovations et arrivaient par miracle à harmoniser les envies de chaque habitant de la maisonnée, Thane travaillait en journée et semblait se forger une réputation dans les rues d’Hypnos. Les rumeurs sur un géant pliant l’acier, et celles sur la semi-Alf mais aussi sur la semi-Aiel passaient et repassaient au cours de la journée comme tant d’autres. Deus quant à lui vagabondait et dessinait dans les rues. Loin d’être le plus doué, la vente de ses œuvres ne lui avait guère rapportait mais il avait expérimenté. Peinture. Caricatures. Dessins au fusain. Œuvre éphémère de lumière faite par magie. Toujours déguisé pour ne pas être reconnu.

Il remplissait à peu près les exigences sur les listes que lui donnait Séléné chaque jour, souvent avec un peu de retard mais en essayant de ne pas trop s’attirer les foudres de la métisse. Sa notion du temps était faussée et il en perdait beaucoup trop à ne rien faire étrangement. La routine s’installait doucement en tout cas. Il ne pouvait s’empêcher de tourner et de retourner dans son esprit tout ce qui y passait pendant les nuits où il ne dormait pas. Il s’était forcé, quand il y arrivait, à orienter ses pensées de la meilleure des façons mais toutes ses tentatives n’étaient pas fructueuses. Si aucune fatigue physique ne l’atteignait, parfois son esprit lui semblait épuisé mais sans jamais pouvoir se reposer.
Des crises de fureur continuaient parfois à le prendre, aléatoirement dans ses journées, mais son corps avait arrêté de se muscler de lui-même.
Dans ses journées se ressemblant et privées de la plupart des responsabilités que s’imposaient les gens pour vivre sainement, Deus était en roue libre. Il avait l’impression de perdre pied de la réalité parfois, et quand il se rendait compte qu’il ne faisait rien et que rien n’y faisait, il avait l’impression de se retrouver dans un carcan où il était paralysé, sans espoir de se remettre sur les bons rails.

Parfois, un quelconque événement inhabituel venait troubler le quotidien mais même cela parvenait à l’énerver dans ses mauvais jours.
Lorsque Séléné avait obtenu sa place au gouvernement, il était dans un bon jour, et avait réussi à être heureux pour elle. Sa vie à elle semblait aller pour le mieux, comme celle de Thane.  La métisse lui avait fait part de ses inquiétudes sur ce qu’elle appelait « L’Ombre », un danger qui paraissait bien lointain et de toute façon inarrêtable d’après ce qu’elle semblait dire. Sa place au gouvernement permettrait de sonder et de préparer la planète à ce qui arriverait un jour ou l’autre.
Il fut néanmoins pris d’une crise de fureur quand elle lui annonça qu’avant de l’engager, une enquête avait été menée sur sa vie actuelle et que le gouvernement savait désormais que Deus Wiseman, ancien roi de Rhadamanthe et instigateur de la guerre qui avait ravagé Eaque, vivait sous ce toit. Séléné s’était apparemment portée garante du fait qu’il était désormais inoffensif.
Lui ? Inoffensif ? Un terme qui l’énervait plus qu’autre chose et lui rappelait sa passivité actuelle. Il n’était pas prêt à déclencher une seconde guerre si il en avait l’occasion mais il leur aurait bien montré ce qu’il pensait de leur avis.
Cette annonce aida en partie à le sortir de sa torpeur, par la peur. Effrayé que le bruit cours hors du palais pour se répandre dans les rues « Le meurtrier vit dans nos rues », la possibilité d’être séparé de Séléné occupa une partie de son esprit pendant un temps, ce qui lui fit le plus grand bien finalement. Plus conscient de ce qui l’entourait, il s’investit un tout petit peu plus dans la vie de son foyer et de son aimée.
Mais Deus resta un temps  hors des rumeurs qui sillonnaient la capitale d’Eaque.

Un matin, après être sorti de sa chambre, qui lui servait de laboratoire pour tous ses projets artistiques et dont le sol était couvert de papier déchiré, d’œuvres non finis et de quelques morceaux de glaises datant de son essai à la sculpture, il pris son déjeuner habituel avec Séléné et Thane.
Arrivant quelques minutes après eux, ils étaient déjà en grande discussion sur le fait que la guerre avait fait des ravages qui n’étaient pas encore réparés. Beaucoup d’associations se montaient pour venir en aide aux nécessiteux mais peu avaient les membres nécessaires pour être utiles. Le pire étant tout de même les orphelinats qui débordaient d’enfants sans père ni mère. La guerre n’épargnait aucun soldat, que ce soit des femmes ou des hommes. La situation de l’orphelinat par contre, étonnait Deus, sur Rhadamanthe il n’y en avait quasiment aucun et sur Minos, en tant qu’orphelin, il avait été plus que bien traité, puisqu’adopté par la Reine de l’époque.

Quelques jours plus tard, l’ancien roi travaillait bénévolement dans un orphelinat, dessinant quand il en avait le temps. Pas mauvais avec les enfants, il n’avait eu aucun problème à se faire apprécier de chacun là-bas. Il occupait essentiellement les petits et les moins petits en jouant avec eux –parfois un peu trop dangereusement, quand ils utilisaient la magie par exemple- et même si il ne pouvait pas aider tous les enfants d’Hypnos, cet orphelinat était déjà une bonne action se disait-il.
Bonne action qui tourna au vinaigre.
Après une légère bourde, la rumeur tant redoutée sur Deus, ancien roi de Rhadamanthe, partit dans chaque direction avec pour épicentre l’orphelinat. En seulement quelques minutes, la zone fut assiégée par des badauds. Assis à l’écart, dans l’arrière-cour de l’orphelinat, l’Alf était trop occupé à se morfondre pour faire quoi que ce soit.
Très rapidement, deux gardes de haut rang –leur armure ornée de quelques dorures mais tout de même cabossées, prouvant leur activité- se frayèrent un chemin à travers la foule et entrèrent dans le bâtiment. Saisissant Deus à bras le corps, il le mirent debout, le plus grand le cognant à la jambe au passage.
Lui ne broncha pas.
Puis il refirent le chemin en sens inverse avec l’ex-roi entre eux. Bousculant les passants  qui le regardaient, tentaient de le toucher, de le frapper. D’autres gardes les aidaient à traverser les rues. Plus ils s’éloignèrent de l’endroit, plus les gens semblèrent manquer d’attention pour eux. La rumeur ne s’était pas encore réellement propagée. Ils empruntèrent un portail dans la ville pour arriver au Palais d’Hypnos rapidement, le pseudo-prisonnier déplacé sans ménagement et sans résistance. Ils montèrent de nombreux étages avant qu’il soit déposé brusquement dans une grande salle aux murs décorés et aux fenêtres donnant sur une partie de la ville – seulement une partie malgré la hauteur de l’édifice. Hypnos était gigantesque-.
Deux portes, celle par laquelle il était entré et une autre, plus imposante, entrouverte, à travers laquelle on entendait des murmures.

- … On ne peut pas l’exécuter maintenant que ça se sait ! Ce serait donner à Rhadamanthe une trop belle raison de nous attaquer alors que nous ne nous sommes pas encore relevés !
- La rumeur va être étouffée de toute façon, une chance que cela vienne d’enfants à l’orphelinat ! Alors pourquoi pas ?
- Parce que n’importe qui ici pourrait mettre ces sauvages au courant et leur donner le motif ! Ne pensez vous donc jamais aux espions ? Quoi que j’en vois peut-être la raison !
- Vous …
- Suivez ce qui était prévu dans ce cas et c’est tout ! Restez dignes, nous ne sommes pas dans votre poulailler ici mais au Palais !
- Malgré le fait cela en fasse un prisonnier politique, vous savez qu’au moins la moitié d’entre nous désapprouvent ce plan …
- Moins de la moitié, nous avons voté pour ce mode d’action.



Dans un soupir collectif, les discussions s’arrêtèrent, un bruissement de vêtement discret signifia que les belles vestes étaient défroissées. Puis deux valets entrèrent dans la salle et ouvrirent les portes devant Deus, le laissant admirer les grandes pontes d’Eaque. Il n’eut pas le temps de les compter alors qu’il était poussé par un valet dans la pièce. Mais Séléné n’était pas là.

- Deus Wiseman, tu es parmi nous aujourd’hui pour que nous réglions un des tes problèmes qui nous concerne aussi. Pour le bien-être de la cité nous sommes en train d’effacer la rumeur selon laquelle tu es présent parmi nous.

Le tutoiement, direct, sapant toute autorité qu’aurait pu tenter de se donner l’Alf

- Merc-
- Nous voulons aussi te proposer un poste parmi nous pour te permettre de nous … rembourser. Et saches que cette proposition n’est qu’à usage unique. A partir d’aujourd’hui, tu seras Ministre des Arts d’Hypnos sous un faux nom, et tu participeras à la reconstruction de la ville avec nous autres. Nous avons entendu dire que les arts étaient ton point fort ?


Essayant d’ignorer les gardes qui s’étaient placés pour barrer la porte, il garda un air aussi digne que possible. Sous cette carapace, il tombait des nues. Mais il n’avait pas le choix.

- J’accepte… Et je vous remercie de votre considération.

Malgré son apparente investiture parmi eux, les regards qui l’entouraient ne se firent pas moins perçants, ni pour certains moins agressifs. Il était sorti d’une fosse aux lions pour tomber dans quelque chose de bien plus dangereux.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Ven 24 Juin - 18:29

Deux mois et demi. Deux mois et demi qu’elle était au gouvernement d’Eaque. Ces deux mois avaient été bien agités, pour tout dire, mais elle ne les regrettait pas. Il est vrai que le fait qu’on ait fait sur elle une enquête l’avait agacée sur le coup, mais pas surprise. Le fait que l’on sache que Deus était là, et vivait avec elle l’avait un peu plus contrariée, mais elle s’était gardée d’intervenir. Se porter garante de son côté inoffensif lui avait paru suffisant, et elle n’était pas revenue sur l’incident. Elle s’était reportée sr les différents problèmes à régler, à commencer par celui de l’Ombre. Elle avait récolté un maximum d’informations, et suivait encore de nombreuses pistes, pour n’avoir un total que très maigre qui l’abattait un peu. Mais elle s’en remettait, et mettait des plans sur place, se faisant des listes d’alliés, de contacts. Elle avait découvert pas mal de choses sur différentes personnalités, et savait qu’elle aurait bien besoin de gens de confiance pour ne pas mourir dans l’opération. Le but était d’affaiblir l’Ombre en s’attaquant à ce qui semblait essentiel à Séléné : les Réprouvés. Elle avait assez compulsé les livres pour comprendre à peu près ce qu’ils étaient, et qui ils étaient. Elle soupçonnait même en avoir déjà croisé, et faisait enfin le lien avec eux et certains évènements inquiétants comme des villages recouverts de sang, des armées décimées, et le Charivari quelques années avant. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle n’était pas au Palais ce jour-là : elle était partie continuer ses recherches et ses secouer ses contacts.
A vrai dire, c’était une discussion entendu au hasard qui l’avait décidée à rentrer vite : Deus Wise était de retour, et avait été embarqué. Elle espérait arriver avant la catastrophe. Son angoisse augmentait à chaque inspiration, et elle n’eut pas besoin de plus de trente seconde de réflexion avant de se téléporter dans la salle du conseil, se matérialisant juste derrière les pontes au moment où Deus remerciait.

- Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer ce qui se passe ici ?

Sa voix grondait. On aurait dit un orage.

- Saralondë ! Vous n’avez rien à faire ici !
- Je vous demande pardon, monsieur le conseiller d’apparence ? Il me semble être plus à ma place ici que vous lorsqu’il s’agit de discuter du sort d’une personnalité importante sur l’échiquier politique.

Sa politesse n’était qu’une façade. Sa voix était tranchante, et l’homme en face pâlit. Il renifla de dédain, et abandonna le combat de regards.

- Ne nous énervons pas.

Cette fois, c’était le Roi qui s’exprimait. Séléné ne baissa pas la tête pour autant. Il ne l’impressionnait pas, malgré tout le respect qu’elle lui portait.

- Majesté ?
- Comme vous pouvez le voir, Deus Wiseman est ici. Nous l’avons nommé  Ministre des Arts d’Hypnos sous un faux nom afin de participer avec nous à la reconstruction des villes, et ainsi effacer sa dette.
- Pardonnez-moi, Altesse, mais je crains d’avoir mal compris : l’ancien roi de Rhadamanthe est parmi nous sous un faux nom pour un poste déjà occupé par le Ministère de la Culture ?
- On ne vous a pas demandé votre avis, impertinente !
- Justement. Je vous rappelle qu’en tant que conseillère militaire et diplomatique, il me revient de droit de participer à toutes les décisions, en particulier portant sur ce domaine.
- Paix, mes amis. Mademoiselle Saralondë, rappelez-vous deux choses : nous savions avant que vous ne soyez parmi nous qu’il était là, et risquait de réapparaitre. De là, nous en avions déjà discuté. De plus, vous êtes trop proche de lui pour avoir un avis neutre.


Séléné les jaugea tous du regard. Certains, elle s’en doutait ne voulaient que la voir morte. D’autres voulaient la fin de Deus. Tout le monde semblait surpris et contrarié de son intervention,  et elle comprit très vite le problème : on avait craint qu’elle soit un problème, et on avait voulu la mettre devant le fait accompli. C’était une erreur. Par contre, ils avaient ferré Deus, et cela l’embêtait : il était à présent leur prisonnier, et elle se devait de l’aider. Vite et efficacement. Il ne devait pas être leur pantin : il avait un poste fantôme, ne serait jamais nommé, et toujours soumis à pression. Elle serra les poings.

- Vous voulez Wiseman dans votre gouvernement ? Très bien. Mais mettez-le sous son vrai nom.

Il y eut un murmure de protestations.

- Vous êtes folle ? Et où irait notre crédibilité ?
- Ne pensez-vous pas qu’elle serait bien plus à l’abri si je l’annonçais parmi nous, et qu’il s’excusait publiquement ? Nous éteindrions ainsi la rumeur, et nous éviterions de prendre le risque qu’il soit reconnu, et ainsi, que vous perdiez toute la confiance populaire.  
- C’est complètement idiot.
- Vous croyez ? Vous pensez vraiment que, dans la situation actuelle, personne ne peut avoir cette information, et la retourner contre vous, afin de vous renverser ? Qu’est ce qui est plus dangereux qu’un peuple en colère ? De plus, vous aurez un allié de poids de votre côté, et pourrez ainsi montrer sa reddition complète, et éviter qu’il ne devienne un symbole fumeux d’une révolte contre la domination d’Eaque sur les autres continents.


Alors que son adversaire allait de nouveau s’exprimer, le roi leva la main, et il ferma la bouche.

- Très bien. Elle a raison, et cela n’apporte que le changement du nom.

Elle inclina la tête respectueusement, ignorant les regards courroucés.

- Saralondë, Wiseman, vous faites l’annonce dans deux minutes. Monsieur le Ministre des Communications, vous mettez tout en place. Personne ne doit louper ça. Vite !
- Merci, Majesté.


Il lui sourit, et sortit, vite suivi de sa troupe. Elle soupira, et alla rejoindre Deus, qu’elle prit par le bras, afin de l’entrainer très vite jusqu’au lieu  où les annonces étaient faites. Elle lui parlait bas.

- Tu m’expliqueras tout ça après l’annonce. Je sais pas comment tu t’es mis dans ce pétrin, mais je suis de ton côté, n’en doute pas un instant. Tu es tombé dans la fosse aux lions, et il va falloir que tu sois prudent. Avec ton vrai nom, ils auront plus de mal à te menacer.  Mais il va falloir jouer serré. J’ai peur qu’ils ne veuillent se servir de toi comme d’un pantin. Ne leur fais jamais confiance. Si tu as un doute, tu me demandes. Je ne te lâcherai pas. Je vais aller faire l’annonce. Tu vas me suivre. Tu restes derrière moi, jusqu’à ce que je te laisse passer. Tu n’as pas grand-chose à faire : juste un mea culpa. Excuses toi pour la guerre, ses ravages, et dis que tu veux régler ta dette, et dis que tu t’es toi-même proposé. Mens-leur un peu, mais pas trop. Surtout, n’en fais pas trop, et tout se passera bien. Je te le jure. Je te rattraperai si ça ne va pas. Promis.  

Ils étaient arrivés. Elle remit en place les vêtements de Deus, le recoiffa d’un geste, l’épousseta. Ensuite, elle mit de l’ordre dans ses propres cheveux, et ajusta son manteau sur elle.

- Bon, on y va. N’oublie pas ce que je t’ai dit.

Elle se mit sur la pointe des pieds et lui murmura dans le creux de l’oreille en lui serrant la main :

- Et n’oublie pas que je t’aime, et que je ferai tout pour t’aider.

Elle cligna de l’œil, le lâcha se plaça devant lui, et les portes s’ouvrirent. Une foule était déjà massée là. Des journalistes étaient en première ligne, micros tendus, enregistreurs activés, mans prêtes à tout noter. Des Visionneuses, sortes de caméras volantes, gravitaient autour d’eux. Lorsqu’elle sortit, un silence de mort se fit. On l’aimait ou on la détestait, mais on l’écoutait souvent. D’une voix forte elle déclara :

- Peuple d’Eaque, peuple d’Elysion, moi, Séléné Saralondë, au nom de l’entier gouvernement d’Eaque, ai l’honneur de vous annoncer l’investiture de Deus Wiseman en tant que ministre des Arts.

Un murmure d’horreur s’éleva de la foule.

- Il est venu de lui-même demander ce poste, et veut aider à notre reconstruction. Au nom de nous tous je lui souhaite la bienvenue parmi nous, et je vous demande de lui montrer tout le respect et l’amitié due à sa fonction.

Elle s’effaça et laissa place à Deus. C’était à présent à lui d’affronter la foule, peuplée des familles de ceux morts de ses choix.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Lun 29 Aoû - 1:38

Et tout à coup, Séléné débarqua en grandes pompes, prête à incendier toute personne sur son chemin comme elle le faisait si bien au naturel. Et d’ailleurs ça ne manqua pas. Pan dans le conseiller d’apparat… Elle semblait prête à fusiller tous les gens présents dans la pièce du regard en fait.
Caleb Trisha pris la parole et imposa un silence plein de respect à l’auditoire, avant d’expliquer la situation. S’en suivit un argumentaire de tous les diables qui finit par mettre tout le monde d’accord de gré ou de force. Deus Wiseman serait mis sur le devant de la scène. Il chutait de mal en pis…

L’annonce fut annoncée, et il fut trainé très vite jusqu’à … quelque part ? Où les annonces étaient faites peut-être ! Séléné commença à le préparer psychologiquement à ce qui allait suivre et le conseilla.

-T’en fais pas ! La politique ça me connaît à force !

La porte commença à s’ouvrir, elle lui chuchota à l’oreille.
« Moi aussi je t’aime ! Faudra juste peut-être que je te rende la pareille un jour vu tout ce que tu fais pour moi ! ». Une pensée à peu près sage dans l’océan de bêtise que brassait son cerveau en ce moment. Mais il allait bien se débrouiller sur ce discours. Au fond, il l’avait déjà préparé pendant d’incalculables nuits à ressasser. Quand il ne pensait pas qu’il avait eu raison de déclencher cette guerre évidemment.

Il claque des doigts et son déguisement magique créé grâce aux réflexions de la lumière sembla tomber comme un voile des ses épaules, laissant réapparaître ses épaules carrées et ses cheveux blonds. Au fond, il n’était pas si serein que ça. Et si tout se déroulait différemment ? L’air grave sur son visage, il s’approcha quand Séléné recula.
Il ancra ses pieds au milieu de l’estrade et le bruit se tut doucement, le silence finissant par étouffer les derniers murmures. Les visionneuses tourbillonnaient autour de lui comme dans un ballet.
Faisant jouer ses doigts avant de commencer, il les sentit quelque peu engourdis. Il s’arrêta vite face à cette sensation désagréable.
Il emprunta la formule de Séléné



-Peuple d’Eaque, peuple d’Elysion ! Je suis Deus Wiseman, ancien roi de Rhadamanthe et je viens présenter mes excuses à cette planète entière. C’est moi qui ai déclenchait la dernière guerre qui a ravagé le continent d’Eaque.
J'ai voulu unir les habitants d'Elysion sous une seule bannière pour faciliter la vie de chacun. J'ai déclenché une guerre en pensant pour les autres et elle vous a porté préjudice. J'en suis désolé et vous présente à tous mes excuses.


Il mis un genou à terre

- Je n'avais jamais connu de guerre et m'attendais à une victoire facile. Mais vous avez prouvé le contraire en résistant pendant deux années et en gagnant. Si je l'avais su, je n'aurai pas consenti à faire tous ces sacrifices. Même si mes conseillers et la plupart des informateurs du marché noir ont prédit peu de résistance.
Aujourd’hui je suis venu me présenter et me repentir. Mettre mes maigres talents à votre service pour reconstruire la ville et je me suis vu attribuer le rôle de Ministre des Arts. Demain lors de la fête de la Créativité, je participerais à la gestion pour le projet des fresques.
Ma mère disait qu’Eaque pardonnait mais n’oubliait pas. Je n’espère pas que vous me pardonnerez aussi facilement mais j’espère bien obtenir un jour votre approbation. Mon idéal me paraît toujours réalisable mais la guerre ne sera plus jamais un moyen pour y parvenir. J’y veillerai.

Levant les yeux, il vit la foule commencer à s’agiter. Après la surprise, la rage commença à les prendre. Une main se posa sur son épaule, ou fit mine de le faire. Caleb. Avec un sourire sur les lèvres il semblait surplomber tout le monde.
Mais la main, elle, n’était pas amicale, et il le sentait. Pourtant le calme si fit en voyant le roi toucher le monstre qu’était Deus Wiseman.
Caleb termina le discours puis ils rentrèrent rapidement dans la salle. S’en suivit une formation proche de l’endoctrinement, alors que tous les ministres sauf Séléné semblaient prêts à lui cracher au visage quand ils lui parlaient. Elle intervint, soutenant qu’elle terminerait elle-même le discours sur les responsabilités d’un Ministre pour que l’Alf le connaisse par cœur. Puis ils purent partir en utilisant la poudre de cheminette. L’extérieur était encore trop dangereux, en ébullition avec la dernière révélation.

Deus Wiseman était revenu.

Mais Thane Pennkalet, de retour à la maison, semblait être parti …

[Ca fait une petite réponse mais on va enchaîner plus vite je suppose :3]

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Jeu 29 Sep - 17:53

Séléné écouta le discours de Deus, tendue, prête intervenir, et à l’arracher aux projectiles d’une foule enragée de voir son tortionnaire devenir un de ses ministres. Mais non. Le jeune homme assura un discours calme et cadré. Elle regarda Caleb d’un air glacial, et conserva ce visage ensuite, lui donnant des variations menaçantes face aux ministres. Il n’y a qu’à Deus qu’elle souriait un peu, le soutenant ainsi de son mieux face à ces injonctions proche de l’endoctrinement. Lorsqu’elle put enfin placer un mot, elle fit en sorte qu’ils puissent fuir et rentrer chez eux au plus vite. Lorsqu’ils furent arrivés, elle serra Deus contre elle et l’embrasa joyeusement.

- Tu as été parfait !

Elle lui plaqua un autre baiser, et :

- Thane ! Thane ! Deus est ministre ! Thane ! Thane viens ! On va fêter ça !

Elle n’eut aucune réponse, et ce fut après dix minutes passées à s’égosiller, et à retourner la maison qu’elle dut se rendre à l’évidence : Thane était parti. Il s’était enfui, sans un mot, avec toutes ses affaires. Elle eut la sensation de se glacer de l’intérieur. Une gangue s’abattit sur elle, et elle eut du mal à respirer.

- Je reviens !

Elle n’avait pas de solution. Elle allait le chercher, et réfléchir.
A vrai dire, Séléné passa plus de cinq heures dans Eaque, à chercher son ami, se persuadant que peut-être il lui était arrivé quelque chose et …
Et évidemment elle ne trouva rien. Elle s’en vouait affreusement. Elle se sentait extrêmement coupable de son départ. Lorsqu’elle arriva à la maison, elle était triste, et lasse. Elle alla rejoindre deus immédiatement, et se blottit contre lui, sans rien dire, le serrant contre elle du mieux qu’elle pouvait, retenant ses larmes, sa tête contre son torse. Elle était incapable d’articuler quoi que ce soit, mais elle avait besoin de quelqu’un avec elle. Décidément, elle faiblissait.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Dim 16 Oct - 16:20

Alors que Séléné partait chercher Thane dans la plus grande capitale du monde, Deus resta dans le foyer. Attendant que Thane revienne éventuellement, mais surtout Séléné, il ressassa les évènements de la journée... Il était Ministre ? Paralysé dans le gouvernement et coincé entre le peuple et la politique comme du fer battu sur une enclume.
Après tant d'agitation, les cinq heures lui en parurent dix voir vingt ! Tentant de dessiner, il ne put se concentrer. Lire fut impossible non plus, et de toute façon il n'aimait pas particulièrement la littérature et surtout ce que pouvaientt lire Séléné ou Thane.

Au fond, il espérait surtout que Séléné rentrerait vite, et le mieux finalement, ce serait qu'elle rentre sans Thane. Si il était vraiment parti, ils pourraient enfin retrouver un couple stable. Après tout, le demi-géant n'avait peut-être été qu'un substitut le temps qu'elle le retrouve ! Mais à la recherche de nouveauté et trop conciliante, elle n'avait pas pu s'en débarrasser et avait voulu garder les deux ! C'était sûrement ça oui ! Ou alors elle était passé à autre chose et l'avait repris avec elle par pitié ...

C'est avec une toute petite part de son esprit rongée par le doute qu'il accueillit son aimée de retour. Muette. Epuisée. Son visage pâle venant se loger contre le jeune Alf. Il la pris dans ses bras. Quand la tristesse serait passée, tout irait forcément mieux sans Thane, il le savait !
Une autre nuit sans sommeil, et cette fois pour les deux jeunes amoureux. Mais il savait que ce ne serait pas bon pour son moral à elle, vu l'effet que les insomnies avaient sur le sien.
Le lendemain, la fête de la Créativité commença? Il furent convié au Palais pour aider à l'organisation. Séléné semblait avoir enterré ses soucis sous une chape de plomb et se battait avec les ministres pour que certaines directives soient appliquées. Elle aurait pu paraître en pleine forme sans les cernes, la pâleur et le malaise qui l'environnait parfois dans la journée. Mais il n'eut pas le temps de lui en consacrer et la journée fila comme une flèche.
Au soir venu, elle se laissa de nouveau aller contre lui et ils purent discuter ... un peu ... Il n'osa pas parler beaucoup, plein de doutes sur leurs sentiments, et se contenta d'être là pour elle.

Mais une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule.

Au fur et à mesure des jours suivants qui suivirent un même schéma, les perceptions physiques de Deus s'amenuisèrent étrangement. Pensant que c'était un état de fatigue physique au début, la constance du problème commença à devenir visible et s'amplifia doucement. Ne faisant plus les choses que parce qu'il les voyait au bout d'un certain temps, il pris une partie de son temps libre pour aller passer une visite médicale au Palais.
Avec un froncement de sourcil, le docteur le renvoya ensuite à l'Académie où il passa une longue batterie de tests. Il ne fut mis au courant des résultats qu'à la toute fin de la journée, par le chef de la section médicale.

- Vos nerfs sont en train de perdre leurs fonctionnalités, la magie qui vous maintient en vie ne semble pas en mesure de les tenir en vie plus longtemps ... Nous allons tenter de trouver un moyen de régler le problème mais il nous faudra probablement de longues recherches pour y arriver et le résultat ne sera peut-être pas très ... probant.

- Ah ...

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Mar 1 Nov - 14:52

Les mois s’écoulèrent. La détresse de Séléné fit peu à peu place à de la rage, puis à de l’incompréhension. Elle tenta alors d’envoyer des lettres, de le contacter. Il ne répondit pas. Alors, ce fut une plongée toute entière dans un désespoir noir. Elle se battait pour en sortir, et pour le cacher. Elle ne voulait pas qu’on s’en rende compte, elle en avait honte. Elle se démenait au gouvernement, elle se démenait auprès de Siffroy et de leur nouvel acolyte. Elle se démenait auprès de Deus. Mais elle avait froid dedans, et Thane lui manquait affreusement. Cela faisait plus de quatre mois qu’il était parti, s’évanouissant sans laisser de nouvelles. Cela faisait quatre mois qu’elle s’enfonçait dans le marasme silencieusement, et qu’une chape se refermait sur elle, qu’elle avait du mal à briser, mais contre laquelle elle se déchainait très régulièrement, jusqu’à s’en briser les os.
Pourtant, elle restait attentive au monde autour. Elle voyait Deus, qui n’allait pas bien, sans lui dire pourquoi, et qui galérait dans ses nouvelles fonctions. Elle voyait l’ennemi prendre du pouvoir, et elle voyait le gouvernement s’enfoncer dans ses contradictions. Elle voyait les Ekzsekiel manœuvrer pour gagner encore du pouvoir, et tenter de ramener à la fois le Raine d’Eaque et celle de Minos dans leurs failles. Elles voyait sa reine y résister parfaitement, et Beldura Glow s’empêtrer, se prendre les pieds dans sa jupe, l’air encore plus perdue, encore plus triste, comme touchée par un évènement secret et douloureux, toujours ni fiancée ni mère. Elle avit l’impression de voir le pire lentement arriver vers elle, comme une grosse machine huilée, et silencieuse.
Elle ne profitait plus de sa vie de couple : elle passait on temps dehors, soit à travailler, soit à combattre l’Ombre, soit à chercher thane. Lorsqu’elle rentrait, Deus semblait fuir son contact. Elle se forçait à ne pas paniquer, mais intérieurement, elle s’arrachait les cheveux ne sachant comment s’extraire de cette situation affreuse. Peu à peu, elle se disait que peut-être thane avit bien fait de partir. Peu à peu des doutes surgissaient à propos d’elle, à propos d’eux. Et peu à peu, elle eut l’impression de comprendre ce qui arrivait à Deus.
Un jour, début Josephien, alors qu’il observait la première neige de l’année derrière la fenêtre, elle se matérialisa derrière lui sans aucun bruit, et posa sa main sur son épaule, devenue plus carrée depuis sa fausse sortie. Il n’y eut pas de réaction. Elle appuya un peu, puis plus fort, et finit par pincer. Il n’y eut aucune réaction. Elle soupira.
Ainsi, elle avait vu juste.

- Tu ne sens plus rien, n’est –ce-pas ?

Son ton était las, et un peu triste.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Sam 26 Nov - 17:49

La voix de Séléné parla derrière lui, tout près, trop près. "Tu ne sens plus rien, n'est-ce pas ?". Sa poitrine se serra et il sentit la peur monter à une vitesse effarante. Il se retourna vivement pour voir son visage et entendit un bruit à sa droite. Osant jeter un coup d'oeil, il vit qu'il avait fait tomber un vase sans le sentir: Une preuve de plus qu'il ne pouvait pas nier.
Devait-il réellement arrêter de regarder le vase pour planter son regard dans celui probablement réprobateur de son aimée ? Le temps d'une seconde il pensa à l'éviter. Puis il la regarda, fatiguée, triste à en crever et tout lui parut clair. Encore une fois, pensant uniquement à lui et à ses problèmes, il ne s'était même pas rendu compte à quel point elle était mal dans sa peau. Et cela en partie à cause de lui.
Il ouvrit la bouche doucement, tenta de bégayer un mot ou deux et la referma, laissant s'appesantir le silence.

- C'est temporaire ... Ils sont sur le point de trouver un remède à l'Académie. Bientôt je pourrai sentir de nouveau et notre vie pourra reprendre comme avant. Dans quelques jours mes problèmes se seront envolés et je t'aiderai à t'occuper des tiens. De tous les tiens.

Il leva la main pour attraper la sienne mais la laissa retomber en pensant qu'il ne sentirait rien.

- Séléné, je sais que je fais beaucoup d'erreur, je te cause du tort mais je suis fort: Plus que tu ne sembles le penser ! Tu peux te reposer sur moi et tant pis pour Thane qui est parti ! Moi je reste. Aide-moi pour les quelques jours qui viennent et laisse moi t'aider en retour pour le reste de ta vie. Je ne sais pas comment mais laisse moi le faire.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Sam 26 Nov - 20:02

Se retournant, il fit tomber un vase, et ne s’en rendit compte qu’en l’entendant se briser. Les yeux de la métisse s’embuèrent. Puis il parla et elle secoua la tête.

- Deus … Je ne te demande pas de t’occuper de mes problèmes. Je te demande de ne pas m’en rajouter en te taisant, et en me cachant des choses … Lorsque tu me mens, je suis encore plus inquiète, et … ça empire encore la situation … On est là pour s’aider mutuellement, et on le fait depuis des années, non ? tu ne te rends même pas compte de tout ce que tu m’as procuré ! Je t'aiderai ces jours-ci comme je l’ai toujours fait, et tu m’aideras comme tu le fais.

Elle lui caressa la joue.

- Tu ne pourras jamais remplacer Thane. Je ne vous aime pas pareil. Il ne pourra pas non plus te remplacer ; d’ailleurs il ne l’a pas fait le temps où nous étions séparés, n’est-ce pas ?

Sur la pointe des pieds, elle l’embrassa.

- Tout ira bien tu verras. On s’aime, c’est le principal. On arrivera à surmonter tout ça.

Elle lui sourit.

- Qu’est ce que c’est ce remède qu’ils t’ont trouvé ? Ils sont sûrs de leur coup ? Tu voudras que je vienne ?

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Dim 1 Jan - 20:55

Il lui sourit.

-Ils y travaillent depuis un moment maintenant et ce qui était au départ une piste devient vraiment quelque chose. Ils ont un prototype en cours de finalisation, c’est un médicament à prendre régulièrement.
Mon système nerveux est en train de perdre ses fonctions, c’est pour ça que je ne sens rien, ils veulent faire un truc étrange, le réactiver magiquement. Ca marchera parce que je suis un Alf apparemment mais ils disent que ça pourrait mener à de vraies innovations médicales …
Ca pourrait apparemment avoir quelques effets secondaires mais rien de problématique, et puis après tout je suis déjà mort une fois !


Il laissa échapper un petit rire de gorge à cette idée. Il finissait par bien s’y faire

- Par contre ça ne changera sûrement rien à mes accès de colère …

Le couple discuta ensuite sur le reste du temps qu’ils avaient de disponible. Deus qui s’était décrispé à la première réponse de Séléné pris ce jour là conscience qu’ils étaient ensemble, plus solides qu’il ne le pensait. Ce qui l’avait le plus surpris avait été la première réaction de Séléné. Il ne s’était jusque là pas vraiment rendu compte de la présence de ce côté rassurant à son aimée. Et c’était à lui de protéger la confiance qu’elle avait en lui ! La graine de confiance plantée là se développa rapidement alors qu’il se rendait compte de plus de choses à propos de Séléné auxquelles il n’avait pas toujours fait attention.

Quelques jours plus tard, il testa le médicament accompagné de Séléné, une pilule toute simple qui ne lui fit tout d’abord aucun effet. Au bout de plusieurs prises, petit à petit, le sens du toucher revint dans son quotidien. Le seul effet additionnel du médicament fut d’augmenter étrangement les capacités magiques brutes de Deus transformant son système nerveux en système magique.
Quelques consignes à respecter tout de même lui furent données. Ne pas en prendre plus que la dose prescrite pour son corps car les effets pourraient devenir incontrôlable ou il pourrait développer une accoutumance et perdre les effets bénéfiques du médicament.

Le quotidien resta pourtant le même qu’avant. Deus supportait de plus en plus mal le fait qu’il devait rester aussi loin de la population que possible. Il n’était plus l’ennemi public numéro un mais le regard des gens était insoutenable. Il était haï et les gens le huaient en le voyant. Ne pouvant pas quitter sans surveillance la ville, il se retrouvait dans une cage d’or comme l’otage politique qu’il était au final. Ministre des Arts.
Pour occuper son temps et trouver un moyen de sortir, il demanda à Séléné de le former sur quelques techniques magiques qu’elle connaissait. Quand elle avait le temps, ils s’entraînaient et il maîtrisa doucement plus de pouvoirs qu’il n’aurait pu penser le faire, et ce grâce à son augmentation de potentiel magique soudaine qui croissait doucement mais devait se réguler au bout d’un certain moment. Il appris ainsi la téléportation tant prisée par Séléné sans être très doué pour l’utiliser.
La dernière chose changeant dans leur quotidien fut l’apparition d’un groupuscule étrange dans la ville d’Hypnos, se revendiquant pour l’union des gouvernements des trois planètes comme Deus avait voulu le faire par le passé. Certains passèrent dans des conférences et expliquèrent que l’idée de l’ancien roi de Rhadamanthe était  ce qui permettrait de sortir un grand nombre de personnes de la misère et une petite branche du groupe avait même demandé à ce que le Ministre des Arts se mettent à leur tête en tant que parti politique indépendant. Le jeune Alf n’avait émis aucun commentaire à ce sujet, ne sachant quoi en penser.
Petit à petit, ils se rapprochaient de l’année 2782

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Sam 7 Jan - 20:25

Ils s’en rapprochaient même beaucoup ; Séléné état d’ailleurs assez contente de laisser derrière elle une année riche en rebondissements, et, pour ainsi dire, épuisante au possible. Ainsi, elle s’investit à parts égales dans sa vie amoureuse, donnant tout son soutien à Deus face à la perte de ses sens puis à leur retour qui semblait perturber tout son système nerveux, mais aussi face à sa difficile situation d’otage politique et de chef de bande plébiscité, dans sa vie politique, participant à moultes décisions et rencontres, s’écharpant avec d’autres, montant des stratégies, et signant des papiers à en faire mourir Crannsliabh, et enfin dans sa mission personnelle, investissant tout son temps libre dans le trio qu’elle formait avec Behekine et Siffroy. Trio au moins aussi instable que celui qui émaillait sa vie amoureuse, au demeurant.
Elle sourit en finissant de brosser la masse neigeuse de sa chevelure. Si Deus et elle avaient passé la Prodigalité en toute intimité, ils n’avaient pas vraiment le choix, et pour le Couronnement, ils devaient aller faire la fête. Elle maquilla ses yeux, colora ses lèvres, patiemment, minutieusement, puis se leva et lissa sa robe. Elle s’était vêtue assez simplement : la robe longue, d’un vert profond, moulait son buste et s’évasait passées les hanches en amples plis. Les manches courtes étaient recouvertes d’une sorte de gilet assez spécial : on trouvait une manche bien définie, fourrée au bout, et ensuite cela ressemblait à un grand foulard don elle s’était drapée, incrusté de pierres sur les bords. Elle avait relevé le côté droit de sa chevelure avec une broche de pierreries, puis était sortie rejoindre Deus. Ils étaient partis, et avaient joué leur rôle de politiques toute la soirée, elle se prêtant aux discussions avec esprit, acceptant même quelques danses.
Lorsqu’enfin ils étaient parvenus à s’éclipser, l’alcool commençait à peine à lui faire tourner la tête, et ses cheveux s’étaient détachés. Ils étaient rentrés bras dessus bras dessous jusque chez eux, riant parfois bruyamment, comme un couple ma foi heureux. Pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de penser qu’elle aurait préféré qe Thane soit là.
Ceci dit, lorsqu’elle ouvrit la porte qui menait sur la pièce principale, elle se figea. Non vraiment, elle ne se serait attendue pour rien au monde à ce qu’il y avait sous ses yeux, tant et i bien qu’elle se demanda si elle n’avait pas vraiment trop bu.

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Jeu 26 Jan - 21:58

Il y était.

Thane avait vagabondé des mois en ermitage et ne l'avait étonnamment pas mieux supporter que le passage dans la ville surpeuplée. C'était quelque chose d'autre qui n'allait pas, mais quoi ? Après avoir réfléchi à ce qu'avait été sa vie pendant les années précédentes il avait en tout cas atteint un petit bout de la réponse : Avec Séléné c'était toujours un peu mieux. Et tout ce qui mettait en danger la stabilité de leur couple lui portait sur les nerfs, à commencer par lui-même partant en ermitage.

Il y était.

Quelques heures plus tôt il était revenu sur Eaque par un portail, il avait ignoré les gardes au maximum, se livrant aux contrôles de routine qui avaient été crescendo depuis la guerre. Comme à son départ, il aurait préféré marcher et éviter de se téléporter pour revenir jusqu'à la maison mais la ville d'Eaque était tellement grande qu'il lui aurait fallu des jours pour arriver jusqu'à son quartier.

Il y était.

Un peu plus tôt, en arrivant devant la porte, il avait détaché la clé de son collier qui pendant là depuis qu'il était parti et qu'il avait plus d'une fois pensé à jeter. Aujourd'hui il était content de ne pas avoir réussi mais il y a quelques mois, il avait été déçu d'avoir lui même forgé et modeler ces clés pour qu'elles en retrouvent toujours le possesseur. Entrant dans la maison, alors que la nuit tombait dehors, il marcha silencieusement et s'installa sur un fauteuil.

Il y était vraiment.

Pressant un anneau qui le protégerait si elle était trop en colère pour ne pas l'attaquer dans sa main, il se mit en tailleur et attendit. Des heures plus tard elle entra alors que les muscles du demi-Phabien commençaient à le faire souffrir et que les courbatures le guettaient dangereusement. Elle se figea, il lui sourit tristement. Il n'avait pas pris le risque d'amener des fleurs, de peur de se faire rire au nez ou d'être trop hors contexte avec la haine qu'elle avait pu fomenter pour lui

- Bonsoir

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MessageSujet: Re: La vie avec vous [sp Thane & Deus]   Lun 27 Mar - 17:56

La voix que Thane, assis en tailleur dans la pièce à vivre, lui conforma que ce n’était pas l’alcool qui lui donnait des hallucinations, mais que le demi-géant se tenait bien là. Des larmes montèrent jusqu’à ses yeux brillants de rage. En un instant elle fut sur lui, le frappant à coups rapides et répétés de ses poings fermés en criant sauvagement, comme un animal blessé, sans reprendre son[url=#81832591] souffle[/url]. Des larmes dégoulinaient le long de ses joues, et au fur et à mesure que son cri mourrait dans sa gorge irritée, dans ses poumons sans air, des sanglots vinrent le remplacer. Elle défoulait manifestement sur lui toute la rage, l’amertume, la peur, la rancœur, l’amour, la tristesse, l’angoisse accumulés ces dernières semaines, ces derniers mois, durant son absence.
 
-          Idiot ! Triple buse ! Lâche ! Pourquoi t’es parti ? Qu’est ce qui t’a pris ? Pourquoi t’as disparu ? Pourquoi tu m’as rien dit ? J’ai eu peur Thane, si peur …. Tu m’as manqué … J’ai besoin de toi avec moi, avec nous ! Qu’est ce que t’espérais hein ? Qu’est ce que tu voulais ? J’ai remué ciel et terre ? T’étais où ? T’étais où ? Tu m’as manqué …
 
On l’entendait ainsi parler entre deux sanglots, alors que ses poings continuaient à s’abattre sur lui, pas assez fort pourtant pour lui faire mal.
 
-          Idiot … Idiot … Idiot …
 

Son dos tressautait. Enfin, elle se calma, et enfouit son visage dans le creux de l’épaule du revenu, pleurant doucement, ses bras autour de son cou de taureau. 

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