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 Le bar du Tisseur

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Sorga
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MessageSujet: Le bar du Tisseur   Mar 7 Fév - 21:25

Ceci est le résultat d'une certaine image trouvée par un certain yéti. L'idée me plaisait, et j'essaierai de la développer régulèrement. Bonne lecture !


Chapitre 1 :

C’était un bar assez chic. La décoration était élégante, les meubles en bois lustrés brillaient sous la lumière tamisée, et le miroir derrière le grand comptoir lui renvoyait son reflet, tout aussi confus que lui. Il était le seul client potentiel dans la salle, même si une porte ouverte laissait parvenir jusqu’à lui le bruit feutré de conversations.
Sorga cligna des yeux plusieurs fois pour chasser de sa vision les papillons noirs qui y dansaient. Il se sentait un peu nauséeux, comme après avoir subi une des téléportations de Dame Chance. Il ne savait pas du tout comment ni pourquoi il était arrivé là ! Il se souvenait de sa chambre, au Palais de Minos, de ses préparatifs pour repartir vers les montagnes Héraclès… il s’était décidé à aller annoncer son départ à Beldura puis… il se retrouvait ici ? Certes, mais c’était où ici ?
Soudain, une tête apparut derrière le bar, bientôt suivie par le reste ; un homme d’une trentaine d’années, de grande taille et plutôt maigrichon, les cheveux blonds et courts, le visage allongé avec une mâchoire proéminente et des yeux cachés derrière de grandes lunettes. Il posa l’énorme bouteille qu’il avait dans les bras sur le comptoir, épousseta sa chemise blanche puis ses yeux se posèrent sur Sorga qui l’observait sans avoir l’air de savoir comment réagir. L’homme sourit, aimable, en tapotant du doigt ce qu’il venait de déposer :

- Bonjour Sorga, et bienvenue au Bar du Tisseur. Je suis désolé de ne pas t’avoir accueilli dès ton arrivée, mais j’étais coincé dans la réserve pour mettre la main sur ceci.
- Euh… merci, je suppose. Mais, qui êtes-vous ? Comment suis-je arrivé ici ? Et comment connaissez-vous mon nom ?
- Ha, c’est vrai que c’est ton premier passage… je suis Maxime, et c’est mon rôle de connaitre les noms de ceux qui viennent ici. Pas seulement, évidemment, je suis aussi le gérant. Cet endroit n’est pas sur les cartes réglementaires, en tout cas. Nous sommes hors-du-temps d’ailleurs, alors ne t’inquiètes pas pour ta journée. Pour résumer, tu es ici le temps d’une pause dans ton voyage. Je te conseille d’en profiter, tout simplement, de discuter avec ceux déjà présents, avant de repartir. Quelqu’un a beaucoup insisté pour que je t’amène ici…

Le barman souriait, mais Sorga restait perplexe après les explications. Il s’approcha néanmoins du comptoir, prudemment, tout en grattant les écailles de son visage couleur cendre et en regardant tout autour de lui. Si c’était ce Maxime qui l’avait amené ici, il n’était certainement pas seulement le barman et le gérant, et si cet endroit était plus qu’un simple bar, voilà qui…

- Navré. C’est vrai que tu n’aimes pas vraiment la magie.
- Et vous savez lire dans mes pensées en plus… génial.
- Tu peux me tutoyer, j’ai ton âge. Mais tu as raison, j’aurais sûrement dû y aller plus en douceur. Pour me faire pardonner, laisse-moi t’offrir ceci.

Le barman se retourna et se saisit d’une bouteille de bière, qu’il décapsula et posa sur le comptoir en quelques gestes rapides. L’homme-lézard prit la boisson, renifla le contenu avec méfiance, avant de goûter et d’écarquiller les yeux ! Cette bière était délicieuse !
Arrivant presque à accepter la situation, Sorga sourit entre deux gorgées :

- Tu sais accueillir tes clients.
- Je te l’ai dit. C’est mon rôle de les mettre à l’aise. Mais attends de voir la suite. Puis-je te proposer de me suivre ? Je risque de me faire malmener si j’amène cette bouteille en retard, et je suis sûr que tu apprécieras la compagnie des autres.

Conquis par la bière qui lui rappelait de bons souvenirs, Sorga emboita le pas à Maxime qui se dirigea vers la porte d’où venaient les bruits de conversation, sa bouteille dans les mains.
Il n'était pas certain de bien comprendre ce qu'était cet endroit, mais il pouvait bien supporter la balade, surtout s'il n'était pas en danger et qu'il avait le droit à une bière gratuite de cette qualité !
Ils franchirent un petit couloir et, après un rideau, ils débarquèrent dans un immense salon décoré dans le même style que l’entrée. Des dizaines de tables y étaient alignées, en petits ilots comme dans un café-théàtre. Un juke-box laissait entendre une musique entrainante, un peu jazzy. L’éclairage était tout aussi tamisé que dans l’entrée, et invitait aux conversations tranquilles.
Sorga comprit ce que Maxime avait voulu dire par « les autres » lorsqu’il s’aperçut qu’il y avait déjà pas mal de monde d’installé dans la salle mais, avant qu’il puisse distinguer les détails, un cri retentit et une femme lui sauta dessus avec une maladresse provoquée sans aucun doute par l’alcool, s’il pouvait croire son odorat :

- Hiiiiiiii ! Tu as réussi à nous l’amener ! C’est trop bien !
- Oui, mais ça n’a pas été facile.
- Et on a même droit à un Sorga avec ça !
- Criouuuuuuuu !

Sorga avait levé ses bras au dessus de sa tête, gardant sa bière en sécurité, et restait le plus immobile possible, les yeux écarquillés, tandis que Lampion venait se poser sur l’épaule de Maeko. Cette dernière se retourna, un bras toujours autour du cou de l’homme-lézard, pour héler les personnes assises à une table non loin :

- Youhou ! Nyele ! Regarde ce qui vient d’arriver !

Sorga détourna les yeux de Lampion qui le foudroyait du regard – jaloux de sa proximité avec la femme, sans doute – pour chercher celui ou celle que Maeko interpelait. Ses yeux s’écarquillèrent, lorsqu’il vit ce qui ressemblait fort à… une deuxième Maeko !
Habillée différemment, certes, mais c’étaient bien les mêmes traits, les mêmes cheveux noirs et les mêmes yeux rieurs qui l’observaient. La sosie était en compagnie de deux personnages qui se ressemblaient aussi comme deux gouttes d’eau, mais eux étaient plus étranges encore ; il s’agissait de panthères humanoïdes, à la fourrure lisse et noire…

Confus, Sorga lança un regard perplexe et un peu inquiet au barman à côté de lui tandis que Maeko l’entrainait de force vers la table, mais le dénommé Maxime se contenta de lui sourire un peu mystérieusement tout en suivant le mouvement.

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Sorga
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MessageSujet: Re: Le bar du Tisseur   Dim 19 Mar - 19:54

Le barman était reparti, laissant l’homme-lézard sur place.
L’ambiance autour de la table était festive, même si Sorga se sentait trop confus pour vraiment apprécier la situation. Que Maeko soit présente dans cet endroit étrange, passe encore ; il avait l’habitude maintenant de la voir apparaître là où il ne l’attendait pas du tout. Mais qu’elle ait un double se nommant également Maeko – il s’avérait que Nyele était un simple surnom, voulant dire grande sœur d’après ce qu’il avait compris – mariée avec l’homme-panthère assis à ses côtés et qui se comportait avec lui comme si elle venait de retrouver un vieil ami, ça il avait dû mal à l’encaisser !

- Mais… qui êtes-vous en fait ?
- Je suis la première Maeko.
- Euh… quoi ?
- La première version du personnage de Maeko. La meilleure, aussi, bien évidemment.
- P-personnage ?

L’homme-lézard répéta ce dernier mot plusieurs fois, en ouvrant et en fermant les yeux à un rythme rapide. Il ne comprenait pas. Lampion et les deux hommes-panthères le regardaient avec amusement, mais ne firent rien pour l’aider.
Le barman revint à cet instant, amenant un tire-bouchon pour ouvrir la lourde bouteille.

- Vas-y doucement, Nyele. C’est la première fois qu’il vient ici.

Aussitôt, la Maeko qu’il connaissait sortit de son silence relatif pour protester, d’une voix rendue pâteuse par l’alcool :

- Héééééé ! C’est que moi qu’a le droit de l’appeler comme ça !
- Criouuuuuu !
- Oui, je ne suis pas certain non plus que cette phrase soit correcte. Du coup, est-ce qu’elle ne devrait pas arrêter de boire ?
- Arrête de dire des bêtises et ouvre cette bouteille !

En riant, Maxime fit un clin d’œil à Sorga qui avait toujours l’air perdu avant de s’atteler à ouvrir l’énorme bouteille.
Quelques instants plus tard, tous autour de la table avaient un verre à la main, rempli d’un rhum ambré qui embaumait l’air. Sorga trinqua avec les autres, bon gré mal gré, attendant que les rires passent un peu pour demander d’une voix qu’il aurait aimé plus assurée :

- Est-ce que quelqu’un pourrait vraiment me dire ce qu’il se passe ici ?

Après un court échange de regards, l’homme-panthère assis à côté de Nyele se racla la gorge, avant de répondre :

- Pour faire court, tu es l’un des personnages du grand dadais que voilà.

Il désigna Maxime d’un geste, et le barman sourit :

- J’aime bien écrire, lorsque j’ai le temps. Et la motivation, aussi.
- Ce qui n’est pas arrivé depuis un moment pour beaucoup d’entre nous, hmmm ? Bref, c’est la première fois qu’il choisit de nous réunir avec lui comme ça, et je sens bien qu’il galère un peu.
- Vous êtes beaucoup, et assez turbulents.
- Criiiii ! protesta Lampion.
- Balivernes ! grogna l’homme-panthère qui était resté muet jusque-là.
- Fadaises ! renchérit Maeko.
- Tu aurais pu le savoir à l’avance ! ajouta l’homme-panthère qui avait répondu à Sorga.
- Courage ! lança Nyele avec un sourire.
- Argleblarblll ! crièrent à l’unisson Lampion et Maeko.

Il y eut une pause durant laquelle ils observèrent avec surprise le duo fantasque, puis tous autour de la table partirent dans un fou rire.
Sauf Sorga, qui commençait à avoir la tête qui tournait.
Un personnage. Né de l’imagination d’une autre personne. Des mots sur un papier, sans consistance, sans réalité.
L’homme-lézard avait l’impression qu’un gouffre venait de s’ouvrir sous ses pieds. Il avait même des sueurs froides ! Lui, le lézard, avait des sueurs froides !

- Je… j’ai besoin de…

Les autres le regardèrent en retrouvant peu à peu leur sérieux, voyant bien qu’il n’était pas d’humeur à la fête. Maxime hocha la tête, et l’aida à se mettre debout, finissant par le porter à moitié tellement ses jambes flageolaient :

- Viens, les sanitaires sont par là. Un peu d’eau sur le visage devrait t’aider.

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MessageSujet: Re: Le bar du Tisseur   Dim 16 Juil - 10:29

Chapître 3


Le contact de l’eau froide sur les écailles de son visage lui permirent en effet de retrouver un peu ses esprits. Inspirant et expirant à fond, penché sur l’évier en attendant que sa nausée passe, il se surprit à se demander à quoi tout cela rimait. Qu’est-ce qu’il faisait seulement là, d’ailleurs ? Pourquoi ce Maxime l’avait amené ici ?
Levant les yeux, il s’examina dans le miroir, lui, l’homme-lézard aux écailles couleur cendres. Le propriétaire des lieux l’observait avec un sourire calme, adossé au mur carrelé près de la porte. Sorga l’observa à son tour à travers le miroir. Pour l’instant, il n’était pas sûr de ce qu’il pensait de cet homme qui se disait l’avoir créé.
Maxime sourit plus largement :

- Ha ! Je t’arrête tout de suite. Je n’ai jamais dit t’avoir créé que je sache. Tu t’es mis ça dans la tête tout seul.
- C’est pourtant ce que font les auteurs non ? Ils inventent des personnages de toutes pièces et les mettent dans une histoire !

Le sourire de Maxime se fit plus grand, et son regard un peu plus lointain.
Avec étonnement, Sorga se rendit compte qu’il en voulait à cet homme ; s’il était derrière tout ce qui lui était arrivé dans sa vie, en bien comme en mal, pourquoi n’avait-il pas empêché ses années d’errance et de déprime, suite à la mort de son père ? Sa presque mort à cause d’Isaac ? La disparition de toute sa famille ? Et aujourd’hui, sa…

- Stop !

Le cri de Maxime jaillit soudain, le faisant sursauter.

- Oui, tu es un personnage d’histoire. Mais cela ne fait pas de toi un être inconsistant, sans volonté. Tes actions, tes pensées et tes choix sont les tiens, Sorga. Je ne fais que les observer, et les retranscrire du mieux que je peux, ce qui n’est souvent pas grand-chose.
- Tu vas me faire croire que tu n’y es pour rien dans tout ça peut-être ?
- Le Bar du Tisseur est le seul endroit oû j’ai un peu d’influence - et encore ; vous autres n’en faites qu’à votre tête, et je suis obligé de suivre. Sinon, je ne peux qu’observer l’histoire suivre son cours, d’autant plus que le monde oû tu vis a été imaginé par quelqu’un d’autre. J’essaie parfois d’anticiper oû l’histoire va aller, mais j’ai très souvent des surprises.
- Pourquoi est-ce que tu ne réécris pas l’histoire lorsqu’elle ne va pas oû tu veux ? Tout ça ne sont que des mots sur un papier non ?

L’homme-lézard n’arrivait pas à comprendre : si lui avait la possibilité de réécrire sa vie, il ne se gênerait pas pour le faire ! Surtout si ça lui évitait de tomber malade et de bientôt mourir !
Maxime s’approcha de lui et vint se nettoyer les mains dans l’évier voisin.

- Tu ne serais plus le même, et tu détruirais de façon irrévocable tout ce que tu as construit, en le remplaçant par quelque chose qui sera peut-être pire au final. Non, je peux changer la forme des mots, mais le cours de l’histoire ? Jamais je n’y toucherai, ça dénaturerait tout.
- Pourquoi ? Qui le saurait si tu modifiais le cours des choses ?
- Moi, je le saurais.

Sorga l’observa, interdit. Pourquoi accorder autant d’importance à tout ça ? D’accord, c’était sa vie mais, pourquoi s’interdire à ce point de modifier ce qui n’étaient pour lui que des mots sur une feuille ?
Maxime gloussa en s’essuyant les mains :

- Ca fait longtemps que vous êtes beaucoup plus que cela à mes yeux, Sorga. Ta nausée est passée, maintenant que tu ne mets plus en doute le fait d’être un personnage de fiction ?
- Euh… oui, ça va mieux.

Il n’était toujours pas certain d’apprécier le fait que Maxime lise apparemment dans ses pensées. Ce dernier se mit à rire :

- Je les écris en direct ! Bien sûr que je peux aussi les lire ! Allez, viens, j’aimerais te présenter à plusieurs personnes.

N’ayant pas vraiment le choix, l’homme-lézard emboita le pas à ce qu’il devait considérer comme le responsable de son existence. Au moins, Maxime avait l’air de tenir à ses personnages…

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MessageSujet: Re: Le bar du Tisseur   Dim 6 Aoû - 21:08

Chapitre 4 :


L’ambiance dans la grande salle avait changé. L’éclairage diffus s’était encore amoindri pour attirer l’attention sur la petite scène, bien plus fortement éclairée, et Sorga n’entendit que la musique qui illustrait le spectacle qui s’y tenait. Presque invisibles dans la semi-pénombre, les invités semblaient attentifs, hormis quelques chuchotements amusés que l’homme-lézard ne comprit pas.
Il faillit percuter Maxime qui venait de s’arrêter brusquement juste devant lui, en marmonnant d’une voix surprise que Sorga fut sans doute seul à entendre :

- Purée, il a vraiment osé en fait…

Intrigué, Sorga découvrit enfin le numéro qui était en train de se jouer sur scène.
C’était un numéro d’équilibriste, avec un acrobate seul mais plutôt… particulier.
Il y avait au beau milieu de la scène un tronc d’arbre debout, comme un petit mat de navire, haut de deux mètres environ.
Sur ce « mat », il y avait une bille de bois grosse comme une tête d’homme.
Sur cette bille de bois, il y avait une solide planche, en équilibre instable.
Sur cette planche enfin, l’acrobate lui-même à l’envers, se tenant sur les mains, tournant le dos au public, se servant de ses jambes et de ses trois queues touffues pour maintenir sa position.
C’était un renard bipède, couvert de fourrure blanche et orange, dôté de trois queues en lieu et place d’une seule et uniquement vêtu d’un short couleur flamme. Il évoquait par son aspect la même étrangeté que les hommes-panthères de la tablée des deux Maeko, la même que la sienne en quelque sorte.
Sorga fut impressionné par la lenteur des mouvements de cet acrobate, qui suivait la musique en déplaçant ses jambes sans se départir d’un grand sourire discernable malgré sa position. Les muscles de ses épaules étaient pourtant contractés par l’effort intense qu’il devait fournir pour rester ainsi à l’envers.
En même temps, il avait une étrange sensation de déjà-vu…
En réponse à ses pensées, Maxime intervint en lui expliquant à voix basse :

- Tu l’as déjà croisé, pendant les Jeux Olympiques. C’était un de tes concurrents dans plusieurs épreuves, même s’il était un peu malade à ce moment-là. Et qu’il est quadrupède en temps normal…
- C’est toi qui… ?
- Oui. Il me l’a demandé, pour voir ce que ça faisait d’avoir deux jambes. Je lui ai proposé de faire un spectacle en échange, mais c’était une plaisanterie, et je ne m’attendais pas à le voir le faire vraiment ! Ceci dit, c’est vrai qu’il aime fanfaronner.

Maintenant que Maxime lui en parlait, Sorga se souvenait effectivement avoir croisé la route d’un renard à trois queues plutôt étrange lors des Jeux Olympiques…
L’homme-lézard observa l’acrobate qui se tenait maintenant sur une seule main, saluant les spectateurs de son autre main avec un sourire qui fit briller ses crocs.
C’était très étrange de penser qu’il avait déjà croisé la route par le passé d’autres personnages de l’homme qui se tenait à côté de lui, et ce sans le savoir. Qui d’autre, parmi ses connaissances, étaient des personnages de Maxime ?

- Très peu, je te rassure.
- C’est toujours aussi agaçant, tu sais ?
- Désolé. S’il te plait, laisse de côté la métaphysique et essaie d’apprécier la soirée, d’accord ?

Sorga grommela, agacé d’être coupé sans cesse dans ses réflexions par un télépathe.
Sur scène, l’acrobate se laissa finalement tomber au sol dans une dernière pirouette, récupéra au vol la planche et la bille de bois qui tombèrent à sa suite et, après les avoir déposés, salua le public qui applaudissait chaleureusement.

- Une chanson ! Une chanson !

Le cri, scandé par une voix féminine – que Sorga crut reconnaître – fut bientôt repris par la quasi-totalité de la salle. Pris au piège, l'acrobate se contenta pourtant de rire et, sans céder aux injonctions de son public, finit par lancer :

- Tout le monde ici sait que je chante très mal, je préfère vous épargner ça !
- C'est pas faux !
- Menteur !
- Bon, peut-être plus tard, promis.

Il y eut un "Ooooooooh" déçu repris par l'ensemble de la salle, avant que les lumières reviennent. Sorga vit l'acrobate descendre de scène et aller rejoindre une femme aux cheveux blonds attachés en un chignon décoré d'un ruban bleu. Le renard fit un baisemain élégant à la femme, avant de s'asseoir à ses côtés.
Tandis que les discussions reprenaient peu à peu autour d'eux, Maxime lui fit signe de le suivre.

Ils traversèrent la salle, passant entre les tables trop vite pour que l'homme-lézard puisse réellement apercevoir leurs occupants.
Puis, il entendit un rire tonitruant, et le timbre reconnaissable entre milles provoqua un frisson dans le dos de Sorga, une fraction de seconde avant qu'un autre cri retentisse, plus fort encore que le rire :

- Frère Sorga ! Zyrwatil ravi revoir !

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