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[L'Expédition] La rumeur au bord de l'eau. [Libre]

le Mer 11 Avr - 2:35
Quelques heures après l'arrêt dû aux caméléons, Tapahari sentait toujours la bave de reptile amoureux. Bien qu'elle ne soit pas la plus coquette des femmes, elle avait quand même ses limites. Aussi elle se renseigna auprès des gardes sur la destination du convoi, prévint le maréchal-ferrant - qu'elle appréciait de plus en plus, depuis le temps installé à l'arrière de sa carriole - puis sauta sur le côté, disparaissant dans la jungle en quelques secondes.
Ce n'était pas interdit de s'éloigner du convoi, mais ceux qui le faisaient étaient prévenus ; la sécurité du convoi passait bien avant la leur, alors ceux qui s'éloignaient devaient se débrouiller comme des grands dans la jungle. Ce que la chamane comprenait parfaitement.
Après tout, elle avait vécu dans un environnement similaire à Crannsliabh, quoique moins dangereux. Elle avait appris à préparer ses déplacements et à se débrouiller seule en cas de problèmes.

Grâce à ses explorations précédentes de la jungle, elle avait une bonne idée de la direction où aller pour trouver de l'eau courante et, histoire de progresser plus vite, elle n'hésita qu'un temps avant de mobiliser son nouveau don de change-peau et de souhaiter avoir une apparence plus agile.
En un instant et un bond, elle avait revêtue sa forme de serval. Ses expérimentations avaient payé, elle n'était presque plus déstabilisée par les métamorphoses désormais. Même si elle hésitait toujours à voler en corbeau et que les sens du serpent lui donnaient la migraine...
Elle prit un instant pour se renifler et fit une grimace féline : le don de change-peau n'avait pas d'effet nettoyant, elle puait toujours autant la bave de caméléon !
Progressant plus vite, elle s'enfonça dans la jungle, se jouant des obstacles avec aisance. Les animaux, d'ordinaires facilement dérangés par sa présence - quelque soit son apparence - semblaient aujourd'hui à peine la remarquer, et Tapahari se demanda si ce n'était pas l'un des effets de son nouveau parfum.

Son excursion n'était pas seulement pour se débarrasser de la couche collante et désagréable qui lui recouvrait maintenant la fourrure : elle avait aussi en tête la rumeur entendue plus tôt parmi les membres de l'Expédition, celle concernant d'étranges poissons aperçus dans une rivière des environs.
Des poissons en chocolat.
Rien que ça.
L'idée paraissait absurde et non vérifiée, mais Tapahari se savait sur des terres très particulières et, dans sa quête des Êtres du Voile du continent, elle se devait d'enquêter à ce sujet. Les Esprits pouvaient avoir n'importe quelle apparence, et avoir des effets sur la faune et la flore parfois surprenants...
Au pire, elle pourrait se baigner.

Elle trouva bien plusieurs cours d'eau, mais ce n'étaient que de minces ruisseaux sans poissons, qui ne permettaient pas de faire plus que se rincer le bout des pattes. Après plusieurs heures à s'enfoncer profondément dans la jungle, de plus en plus loin du convoi, elle commença à chercher à se raisonner et à fatiguer, trouvant que finalement, un petit ruisseau serait bien suffisant pour se nettoyer. Puis ses oreilles de serval particulièrement sensibles perçurent par-delà le brouhaha de la jungle, le grondement sourd et régulier caractéristique des chutes d'eau.
Suivant cette piste avec un enthousiasme retrouvé - vu le bruit, c'était une cascade de belle taille et avec un peu de chance, le bassin en bas permettrait de se baigner - Tapahari découvrit après quelques minutes seulement plusieurs choses : premièrement, il y avait bien une cascade, qui tombait sur une vingtaine de mètres de haut dans un bassin large qui repartait ensuite en cours d'eau tranquille ; deuxièmement, que cette dernière se trouvait dans une ravine, une dépression naturelle à la roche noire et lisse, parfois couverte de lianes et de mousses appréciant l'air embrumé par l'eau tombante ; troisièmement, elle était arrivée au sommet de ladite ravine, et ne voyait absolument pas comment descendre jusqu'au bassin en contrebas !
Elle se savait agile dans son corps de serval, mais pas au point de risquer une chute de dix mètres avec l'absence de sentiers sûrs et des rochers humidifiés par les embruns de la cascade...
Le grondement était incroyablement fort de là où elle se trouvait, renforcé par les échos sur la pierre, et les mouvements de l'eau créaient des courants d'air frais qui lui chatouillaient les yeux, les oreilles et les moustaches. Non, elle ne voyait pas comment descendre...
A part si elle volait...

La chamane retint un soupir, avant de se concentrer sur un corps léger comme l'air, ne tardant pas à changer de peau pour prendre l'apparence du corbeau.
Ce moment en valait bien un autre pour son baptême de l'air, et les courants ascendants lui faciliteraient la tâche.
Sûrement. Elle l'espérait.
Elle avait bien fait quelques tests, planant de branches basses en branches plus basses, mais les changements brusques de directions, l'ascension et surtout l'atterrissage en toute sécurité étaient pour le moment hors de sa portée.
Il fallut plusieurs minutes d'observation à la chamane pour rassembler son courage, passant de l'observation des lieux, à la planification de son vol, aux étirements pour détendre les muscles de ses ailes...
Finalement, elle se lança, sautant dans le vide avant d'ouvrir ses ailes en grand pour capter le vent qui soufflait en continu le long de la paroi.
Elle plana sans efforts, pendant les trois premières secondes.
Le vent soufflait en continu, certes, mais pas de façon régulière. Loin de là même. La première bourrasque la fit dévier sur le côté et manqua la faire partir en piqué. La deuxième la rabattit contre la paroi et elle ne dut qu'à son réflexe paniqué de battre furieusement des ailes de ne pas finir aplatie contre un rocher. Ses gestes désordonnés lui évitèrent de partir en chute libre, mais modifièrent sa trajectoire, la faisant se diriger à grande vitesse pas bien contrôlée droit sur la chute d'eau.
Elle déploya toutes ses plumes pour tenter de freiner, y parvint presque, s'apprêta à mettre tous ses efforts et sa maigre science du vol dans un virage serré lorsque le vent s'en mêla une troisième fois, la rabattant subitement vers le bas.
Plumes toutes ouvertes, elle se fit littéralement happer par le brusque changement de direction de l'air, et la chamane vit la cascade se rapprocher d'elle à une vitesses plus grande encore. Elle n'était plus très haut après tout ça, mais si elle se prenait le poids des eaux, elle finirait par tomber comme une pierre, et irait se fracasser sur les rochers !
Son corps de corbeau n'était juste pas assez solide pour résister !

Le monde tourna sur lui-même, et elle ne vit ni n'entendit plus rien pendant un instant.
Lorsque ses sens lui revinrent, le grondement de la cascade s'était tu, remplacé par la sensation de l'air vibrant sur ses nageoires et sa carapace. Elle se sentait plus lourde, à la fois plus massive, et beaucoup moins en effrayée à la vue de l'eau qui se rapprochait d'elle.
Une fraction de secondes avant d'être happée dans la cascade, elle comprit qu'elle venait de prendre bien malgré elle l'apparence de la tortue marine.
La cascade l'avala et elle tomba comme une pierre jusqu'au bassin en contrebas. Son corps fait pour la nage bougea de lui-même au contact de l'eau et, dès qu'elle se retrouva dans les remous, elle frappa la masse liquide avec ses nageoires puissantes, s'extrayant des tourbillons qui cherchaient à la fracasser contre les rochers.
En quelques secondes intenses, elle s'était libérée et nageait dans les eaux plus calmes du bassin.

Sans perdre de temps, elle se dirigea jusqu'à la berge et laissa son don s'activer une dernière fois pour retrouver son apparence humaine.
Trempée, épuisée et le coeur battant sous l'effet de l'adrénaline, la chamane se laissa aller sur le dos, les jambes toujours dans l'eau fraiche du bassin.
Il lui faudrait un moment pour se remettre et reprendre son enquête, et plus longtemps encore avant qu'elle retente de voler sous forme de corbeau !
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Re: [L'Expédition] La rumeur au bord de l'eau. [Libre]

le Mar 17 Avr - 3:24
La piste des marchands de plantes m'avait amené jusqu'ici. Pas tant qu'il y ait un problème à vendre des plantes, des animaux mangent bien toute sorte de plantes, parfois pour se soigner, souvent pour se nourrir.

Il est simplement curieux de voir ce genre de plantes à cet endroit. De nouveaux êtres avec qui communiquer. Étrangement, les approcher directement n'avait pas donné grand chose. Alors, les suivre de loin avait été plus efficace. Et ici, dans cette forêt, le temps vient de se reposer. La terre est meuble, fraîche, tendre. Parfaite pour prendre racines quelques heures. Le temps est beau, les animaux marchent, volent et nagent.
Une odeur lointaine de bave de caméléon parvenait jusqu'ici. Sûrement la longue exposition bouche ouverte des créatures avait elle embaumé la région de ces odeurs particulières.
La terre du lieu était riche quoi que loin d'être inviolée. Aucune terre n'avait encore été totalement exempte d'humains. Ce n'était pas important. Cette terre était tellement plus vieille. Plus âgée que tout ce qu'ils imaginaient. Petit à petit, sous les strates de ce terreau fertile, habité de vers, de taupes, et de nombreuses créatures,

Et petit à petit dans le temps. Prêt le cours des eaux, près le cours du temps, et ainsi seconde après seconde le retour. Marche marche, trois jours trois nuits durant, marche marche dans les flots du temps. Et la terre parle au tréfonds.
Marche marche. Une nouvelle strate, et entre les racines, se nichent quelques fragments de métaux. Métaux rares, métaux construits, métaux fortuits au coeur de la sève. Pourquoi métaux, pourquoi traînez vous là, au fond de ces chères racines? Pourquoi ce raffinement, pourquoi ce besoin d'élégance? Et quel est cet étrange matériau qui vous accompagne? Pourquoi dans ce matériaux, des milliers de vies, de fragments effrités d'os, vieux d'éons, sont dans ce sol, dans cette forme.

Questions se posent et peu de réponses. La terre parle, mais sa mémoire est compliquée. J'ai quitté mon ancienne nature depuis trop peu de temps pour comprendre. Elle me parle, mais j'y suis sourd. Je me concentre. Je me... fonds, dans les errances de la terre. Elle m'explique.





ça pue le caméléon.



Hein?


Pourquoi cette odeur de caméléon si proche? Si? Présente? Une âme étrange s'approche. La terre me le murmure. Une âme teintée de questions. Une âme sur laquelle la Nature a fait pousser ses jacinthes. J'entends la course d'un félidé. Le bruissement d'ailes de corbeau. Un tout jeune corbeau. Il ne sait pas encore bien voler. Quel dommage que ses parents aient fait leur nid à proximité d'un torrent. Le premier vol sera forcément beaucoup plus dangereux. Enfin. Quoi? Les ailes du corbeau se sont tues dans les flots. J'ai déjà entendu un oiseau plonger. Je n'ai pas retrouvé ce son.

Il manque un élément.

Tien, une tortue. Des îles si ma mémoire est bonne. Ce genre d'écailles est très rare dans les régions boisées.
Je me tiens, légèrement à l'écart, dans les bois. Comment cette brave bête est elle arrivée jusqu'ici? Elle a sûrement fait un chemin monstrueux jusqu'ici? Peut être pour trouver un partenaire. Les lieux de nidification de ces créatures se font de plus en plus rares. Elles quittent peut être les plages pour trouver plus de sécurité au fin fond des îles.

Quoi?

La tortue vient de prendre l'apparence de la jeune femme qui avait appelé ce corps... Ta'ah? Taha? Haha? Tata? Ces vocalisations me semblent lointaines, et familières à al fois. Nombreuses sont les peuplades avec leurs langues à elle. Toutes ont leurs façons de décrire la Nature, la feuille et l'humus.

Je me tiens à proximité de cette jeune créature, qui prend un temps pour se reposer. Elle l'a bien mérité. Les changeformes existent et, depuis que cette forme arpente ces sols, de plus en plus se font connaître. Rares sont ceux qui peuvent prendre plus d'une forme, au delà de celle d'origine.

Je détaille les tatouages., signes rituels d'étranges pratiques, bien au de là de ma compréhension. La Nature se préoccupe de bien des choses, mais pas d'esprits. En tous cas, pas moi. La chlorophylle et la photosynthèse, la digestion et la chasse, la concrétion et la fission, ces choses là sont de mon ressort.

"La journée est chaude aujourd'hui. L'eau doit être à une température idéale."

Je n'ai pas trop l'habitude d'engager une discussion polie. Au moins ai je pris la peine de faire du bruit en sortant du fourré.


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Re: [L'Expédition] La rumeur au bord de l'eau. [Libre]

le Dim 22 Avr - 14:52
Épuisée presque par ses péripéties pour arriver jusque là, Tapahari aurait pu s'endormir sur place, allongée sur les pierres, les jambes dans l'eau.
C'était la première fois qu'elle revêtait la forme de la tortue et, même si cela lui avait été salutaire, cette métamorphose lui avait demandé beaucoup d'énergie. Beaucoup plus que lorsqu'elle prenait la forme du serval ou du corbeau. Même les quelques fois où elle avait retenté l'expérience de la forme du serpent n'avaient pas été aussi épuisantes...
Mentalement, elle remercia la tortue de s'être ainsi imposée à elle, lui sauvant sûrement la vie. Elle se promit ensuite de "jouer" plus souvent avec la tortue, pour s'habituer à cette facette de son don.

"La journée est chaude aujourd'hui. L'eau doit être à une température idéale."

Surprise, la chamane sursauta et bondit sur ses pieds, se tournant vers l'origine du bruit. Elle découvrit alors l'arbre fait homme, qui était apparu devant l'Expédition lorsque le convoi avait été interrompu par les caméléons. l'Etre à la peau couleur écorce se tenait à quelques mètres d'elle, l'observant simplement.
Sa robe trempée pesait lourd et elle tritura machinalement ses amulettes, à la fois pour se rassurer et vérifier qu'elles étaient toutes toujours là.
Tapahari ne savait pas trop comment réagir devant cet Être dont elle avait dû mal à percevoir la nature. Mais comme il s'était adressé à elle sur le ton de la conversation, elle pouvait partir de là, en espérant que son ignorance sur sa nature ne lui ferait pas faire d'impairs.
Elle sourit en s'inclinant légèrement :

- Navrée T'aah, vous m'avez surprise. Vous avez raison, l'eau est parfaite pour se baigner. C'est pour cela que je suis descendue jusqu'ici.

Quelle étrange situation...
Elle s'en amuserait sûrement plus tard.
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Re: [L'Expédition] La rumeur au bord de l'eau. [Libre]

Aujourd'hui à 1:07
L'être qui séchait tranquillement sur la rive se relève d'un seul coup alors que je me manifeste. Réflexes rapides. Un peu au dessus de la norme bipède. Encore une fois les... peaux, tissus, laines, ralentissaient les mouvements de leur porteur. Autant je comprends la nécessité d'avoir chaud, mais le groupe ou la fourrure propre ne sont ils pas là pour ça? J'ai déjà suggéré plusieurs fois à des vivants de délaisser ces oripeaux, mais généralement la réaction n'est pas positive.

Elle touche des petits morceaux de bois, peut être d'os, au cou,

"Qu'est ce que ce ceci?" dis je plus pour moi même qu'en formulant une vraie question, en regardant fixement les fragments ouvragés. Manifestement, il ne s'agit pas de l'oeuvre du temps et de la pluie. Ou alors ces deux génies artistiques ont perdu de leur légendaire créativité.

Je m'avance, me perdant dans les méandres des ondes de l'eau. Je plonge les nœuds arboricoles qui me font office de pieds dans l'eau. Elle est fraîche. Je laisse un moment se passer, n'ayant pas vraiment conscience de ce qui se dit à côté de moi.

"Quelle est le sens de cette locution?" dis je, perdu dans le courant de la pensée. Peut être la créature devra t'elle faire preuve d'un peu de gymnastique mentale pour me suivre, mais n'est ce pas le propre de cette espèce?

Je joue avec les feuilles qui poussent dans le creux de ma poitrine. Une famille de rouge-gorge tente de faire son nid dedans. ça démange. Ce qui me fait éructer comme un bruit de résonance, qui se répercute dans l'écorce de ma peau, dans ma gorge et qui file entre mes lèvres.
Je fais pousser délicatement quelques tiges que j'arrache négligemment. Elle deviendront humus. Ces plantes, habituellement sont particulièrement agréables aux félins, et bizarrement le comportement de cette jeune femme me fait penser à celui de félidés.


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Re: [L'Expédition] La rumeur au bord de l'eau. [Libre]

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