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 Efferias, ou la cité aux mille secrets. [Libre]

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Ikei

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Messages : 2
Date d'inscription : 16/10/2017

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MessageSujet: Efferias, ou la cité aux mille secrets. [Libre]   Sam 4 Nov - 19:36

Jamais il n’avait couru ainsi. Ses jambes ne lui obéissaient plus, les battements de son cœur étaient irréguliers, sa respiration saccadée et son esprit parti en fumée. Le vent, fouettait son visage, le poignard dans son bras gauche, lacérait sa peau et les larmes de rage qui ruisselaient le long de ses joues rougies, brûlaient ses yeux et l’aveuglaient. La lune, qui apparaissait pour disparaître aussitôt derrière les grands les blocs de couleurs bleus, qui se reflétaient dans ses yeux, semblait lui lancer des regards incertains.
Exténué, il s’arrêta dans une petite ruelle.
Ses traits tirés à l’extrême, rendait sa face plus étrange encore que celles des monstres d’aciers qui le pourchassaient. Ses grognements accentuaient  la peur nourrit par l’effroyable posture dans laquelle il se trouvait; ses bras étaient affreusement tendus, sa tête était penchée sur le côté, sa langue rouge pendait, son torse était bombé comme en attente du sacrifice ultime.

Le peu de force qui lui restait lui permit de ramper au sol, son bassin ondulant comme les mouvements d’un serpent, mourant.

Ses yeux livides et brillant jetaient des regards apeurés autour de lui. Sa salive, qui dégoulinait le long de sa bouche, s’emmêlant dans ses cheveux blancs, ressemblait à une toile d’araignée, dont il était le prisonnier. Ses bourreaux arrivaient, il les entendait, leurs pas rapides sur le sol, les ordres que leur chef aboyait au loin. Tous ces bruits bourdonnaient dans ses oreilles, le tic tac d’une horloge lointaine, l’angoisse qui tordait son cœur, le bruit de la chair de son bras  qui frottait contre le sol ; puis le vide.
Le silence, la peur de l’inconnue, le désir de ne pas perdre la haine qui vibrait dans ses veines.

Il releva la tête, et au même instant, croisa le regard impartial de son ennemi. Ses yeux parcoururent rapidement les alentours, un besoin de meurtre nourrissait chacun de ses gestes. Quand le monstre d’acier fit un pas en avant, l’angoisse mêlée à l’excitation, atteint son paroxysme dans la poitrine du jeune homme. Le second pas lui décrocha un sourire inquiétant, défigurant son visage, le troisième fit briller ses pupilles dilater, le quatrième le priva de tout contrôle. Son corps s’était redressé, seul, possédé par une force inconnue, qui dictait ses mouvements.  Rapides, calculés, violents. La douleur de son bras était dorénavant lointaine, mais son but bien réel. Il voulait terminer ce qu’il avait commencé.


Alors il s’élança vers l’inconnu, en faisant tournoyer son épée dans les airs, en déployant ses bras comme les ailes d’un oiseau, en léchant avec vivacité le liquide visqueux et noir de ses ennemis, qui s’écrasait sur ses cheveux, ses vêtements, brouillait sa vue.  

Les capes bordeaux qui dissimulaient en partie leurs corps de fer, virevoltaient dans les airs avec rapidité et synchronisation. Les ordres qui fusaient de part et d’autre, devenaient plus menaçant, et la danse endiablée auquel le jeune homme semblait s’adonner, les bras tantôt vers l’extérieur tantôt vers l’intérieur, rendait ce spectacle palpitant, puissant, effrayant.
Cependant l’expression de son visage restait immobile, seul son corps se mouvait, donnant des coups, en recevant, attaquant pour riposter. Le chaos régnait.

Mais car la tempête suppose le calme, celui-ci revint. L’air frais remplaça la bouffée de chaleur dans laquelle il s’était engouffré, les mouvements frénétiques firent place à de légers tremblements, le sol noir était dorénavant teinté de sang en harmonie avec les capes qui avaient cessé d’onduler, et les battements irréguliers qui avaient accompagnés ce ballet macabre, se calmèrent.


Son visage se détendit, ses bras se baissèrent, sa langue reprit place dans son antre chaud, humide et noir.

Debout, le regard impassible face à son art, prenant conscience de sa personne par ses actions, l’homme chassa la bête de son esprit.+

_________________
"Je suis ce que je ne pense pas être,
Voila ce qu'une part de moi est,
J'espère ne pas paraître,
Identique à ce que je hais".
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Oigean Greimhridh

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Messages : 6
Date d'inscription : 04/08/2017

MessageSujet: Re: Efferias, ou la cité aux mille secrets. [Libre]   Lun 6 Nov - 22:33

Oigean fixait son médaillon depuis déjà plusieurs minutes. Une légère couche de givre s'était glissée dans les interstices des gravures ondulées, qui parcouraient la surface métallique du petit objet. Délicatement, il actionna son mécanisme d'une légère poussée de l'ongle au travers des rainures. Les deux faces se séparèrent et son portrait apparut.

Il connaissait par cœur ses traits; ils coulaient en lui comme une mélodie apprise enfant dont on ne peut se séparer. Mais à chaque contemplation, un nouveau détail surgissait, s'imprimait dans son iris et venait adoucir la douleur qui affleurait par le moindre pore de sa peau, lorsque affluaient en lui, les milles notes qui composaient le souvenir, de celle qui était sa chair et son âme. Dans la cellule gelée qu'il avait construite autour de lui, les larmes n'avaient pas le temps de naître. Son visage devenait simplement un peu plus pâle.

Par fierté, il ne se laissait jamais aller en public. Il avait choisi de partir, de voyager seul, pour trouver une autre raison d'exister que pour elle. Et il touchait peut-être au but.

Emmitouflé dans un fracas d'étoffe grossière se trouvait l'un des mystérieux cristaux d'Efferias. Cela n'avait pas été de tout repos que de s'infiltrer dans les mines, jalousement gardées et difficiles d'accès, de cet étrange peuple. Il avait fallu ruser sans cesse, pour récupérer un uniforme et surtout l'un des précieux GPS des mineurs. Il s'était senti si fort à ce moment -là en pénétrant dans l'une des nombreuses galeries. Il avait berné les membres de l'une des espèces les plus malines du monde. Il n'avait plus qu'à trouver un cristal identique, à celui qu'un simple petit garçon avait utilisé pour faire émerger toute la cité.

Cela faisait maintenant près d'un mois qu'Oigean se trouvait dans la mine. Très amaigri, le corps salement amoché, constellé de diverses plaies plus ou moins inquiétantes, il ne devait sa survie qu'à la crainte qu'avaient les repoussantes créatures qui peuplaient le monde souterrain, du froid extrême qu'il pouvait produire. La glace en plus de le protéger, lui avait également assuré une source d'eau, qui faute de le nourrir, lui permettait au moins de subsister. Mais son entreprise n'avait pas été vaine. Après une lutte terrible qui lui avait coûté l'un de ses superbes tétons, face à ces maudits scolopendres, il avait déniché en rampant piteusement dans un boyau particulièrement étroit, un cristal dont il pouvait ressentir la magie sans même employer le moindre de ses instruments. De toute façon, ceux-ci avaient finis broyés, quelques jours plus tôt, à la suite d'un éboulement.

Depuis plusieurs jours maintenant, Oigean attendait dans sa prison de glace, qu'un groupe excessivement belliqueux et obstiné d'horreurs de la nature, veuille bien le laisser tranquille. Il avait finalement atteint ce qui semblait être, l'une des vieilles sorties de la mine et espérait pouvoir s'échapper par là. N'en pouvant plus, il finit par s'aventurer au-dehors. Personne. Il s'avança donc vers le vieil ascenseur qui l'achemina vers un sas déserté depuis des lustres. La porte principale étant bloquée, il trouva un passage en se glissant dans le réseau d'aération. Sa maigreur bien que lui amenant une grimace de dégout à chaque fois qu'il s'observait dans le reflet de la surface métallique, était bien utile et il finit par ressortir dans la cave, de ce qui se découvrit être, lorsqu'il en sortit, celle d'un immeuble, étonnamment vétuste en comparaison, avec la richesse et la technologie de la cité. Soucieux de ne pas se faire repérer, Oigean qui ne possédait même plus un sac pour y cacher sa trouvaille, tenta comme il pouvait de raser les murs et de se faire le plus discret possible. Mais tout cela s'apprend et dans son état, il fut bien vite désigné comme suspect par les gardes de la ville qui se mirent à sa poursuite.

Jamais il n'avait couru ainsi. C'est à dire d'une manière aussi ridicule. Complétement à bout de force, il s'écrasa au milieu des poubelles, sûr que son projet qui lui avait tant coûté, s'arrêtait maintenant. Pourtant, rien ne se passait. Oigean fut bien obligé de retirer sa tête des détritus dans lequel, il demeurait vautré. Une autre activité avait alerté les gardes et ceux-ci l'avaient laissé tomber. Alors qu'il reprenait son souffle, il reconnu le bruit bien caractéristique du sifflement d'une épée dans l'air. Les crissements qui suivirent, du métal contre le métal, le frottement des capes contre le pavé et les ordres graves hurlés au travers des voix rauques des gardes entamèrent la mélodie chaotique de l'affrontement. Mais ce qui fit frémir Oigean, c'est avant tout, ce souffle saccadé, mêlé de plaintes sauvages, qui émanait de l'être qui était en train de massacrer les sentinelles de la ville. Vidé de toute force, Oigean se blottit contre le mur près duquel il était tombé, et tenta de se faire le plus petit possible.
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