Partagez
Aller en bas
avatar
Messages : 89
Date d'inscription : 17/11/2017

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Ven 14 Sep - 6:22
Sinking in a green world of city, discovering another species of creature, somehow, Anhydre was in great excitement. After Tapahari helped her get rid of her damn body water and she had satisfied her hunger with rocks, everything got refreshed, clear and delightful. However, still, she preferred to be alone… so she left the crowds and intended to find a silent corner.
Living in the desert for such a long time- a branchless place- caught her in difficulty dealing with those trees and leaves. Before every stretch made, she looked at the brown branch in care, drew a deep breath and eyeballed the distance. Swing, swing, swing… she really swung to an isolated place, which few Gwazenntud- style buildings existed and none of residents appeared.
Just as she was ready to take a rest by leaning against the tree, her eyes widen at the sight, an eye-popping house. Getting closer to see it clear… she swung to another tree and straightened herself on a bough, plucking a piece of oak leaf by the way. Scrolled it as binoculars, Anhydre peeped…
 
Under a circle of sight, the house was decomposed in detail: The main part of it was made of the truck of Brazil nut, decorated with evergreen leaves and a cavity for chimney. The windows were patched with cicada’s thin wings, light-admitting quality. A big spider web as a balcony was perfectly used for gardening and hunting ground. And the gate was a roll of crocodile’s teeth, a concept of revolving door. Indoor, both wall and carpet were the skin of chameleons, a colorful design. As for the furni…
 
Abruptly!
The leaf in Anhydre’s hands was snatched off….She caught a second and sat up. Who? Looking at this uninvited guest, she almost fell off the bough by the appearance of HER, were it not for a quick holding!
SHE was small, with grass green long hair and two white horns on the head, dressed in the dark green leaves clothes; her height only reached to Anhydre’s chest probably. Nevertheless, Anhydre found her green eyeballs were emitting red hot glare. What’s surprising the most was SHE was standing on the bough!
 
“Uh……”
The shock put her in a blank word.
Suddenly, the elf crashed the leaf into pieces. Nails… SHE had long nails.
Seeing those fragments falling to the ground, Anhydre raised her caution and a defensive mind.
“You… I…Who are-”
Not waiting for a complete asking, the elf launched an attack… The long five fingernails plundered at Anhydre’s face straightly… a dodge. It really made Anhydre hit the ceiling. She knew it was rather unwise to hurt the elf in their place but she couldn’t let her harm her with no reason so she made an escape.
Escape! Where did she get such a foolish idea? Clumsy… Unable to weaving among the trees fast and stably, she nearly killed herself. Hide. Run. Dodge. The elf kept casting nuts and stones as weapon from behind… Quite astonishingly, she scored a bully’s eye every time, which made Anhydre become some kind of sand amoeba in order to dodge the attack. After all, she didn’t want to let the elf know it’s useless for her weapon to the sand construction, although it’s still hurt while being hit.
 
Apparently, there was no ending in running if they couldn’t make a compromise until death… but first, they needed to stop running… and first of first, the chaser had to stop!
In result, Anhydre hugged a trunk with one hand, turning around and poured tons of sand out of her left hand palm that was strong enough to strike back the upcoming attack, coconut!… Hardly did the elf know the coconut would fly back to her, followed by tons of sand… No much time to react… SO-
A HIT. THEN, DROP.
 
Anhydre screamed.
She saw the elf drop before her sight…
Her impulsive behavior led to disaster, which she didn’t mean to it…
She jumped to the ground and walked up closer to the small creature…lying there silently, covered by a pile of sand.

_________________
Nor white, neither black,
Coming by and slipping out,
Gone was she you'd know,
Later when the wind set out.

-Anhydre.
avatar
Messages : 318
Date d'inscription : 07/11/2010

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.elysionearth.net

Re: L'Expédition

le Dim 23 Sep - 16:52
C’est au 16 Isachaien 2783 [équivalent donc du 16 mai 2018 de notre calendrier Wink ] que les aventuriers quittèrent le camp des Gwezenntud, accompagnés par certains d’entre eux pour les guider. C’est donc ainsi, que chariots, chevaux, éléphants, piétons et grimpeurs tous mêlés se remirent à explorer la forêt dans un certain désordre. L’Expédition devenait protéiforme au fur et à mesure de leurs surprenantes aventures, et cela donnait un caractère très étonnant pour un observateur extérieur.
Cependant, la plupart des aventuriers, contents de repartir sur les routes jacassaient entre eux, tentaient de discuter avec les Gwezenntud, et certains même avaient droit à des explications sur la manière de monter aux arbres typique de ce peuple. Evidemment, il y avait aussi des mécontents, mais chacun, très concentré sur lui même, ne prêtait pas toujours attention à l’environnement très changeant autour d’eux. Les Alfs de Crannsliabh semblaient savoir comment les mener vers les Dizanvezel qu’ils étaient partis chercher, mais rares étaient ceux à y être déjà réellement allés. Ainsi, au bout déjà de quelques jours de marche, les arbres semblaient plus tordus, et les sols plus accidentés. Ils avaient l’impression d’avoir quelque chose d’irrégulier, qui montait puis descendait assez régulièrement, et cette impression s’accentua, jusqu’au cinquième jour de progression où ils arrivèrent dans une zone qui leur semblait bizarrement flétrie. Le sol semblait être fait de racines plus que de terre, et les arbres semblaient avoir fané, être fatigués. Il y avait une drôle d’odeur, indéfinissable mais présente. Plusieurs d’entre eux trébuchèrent, voire tombèrent sur des racines qui sortaient du sol.

- Ca s’est étendu …

C’est tout que ce Morena Hauterres entendit de la part des Gwezenntud avant d’être interpellée par Volgrim, qui lui demandait son avis sur le fait d’envoyer un groupe vers l’avant qu’elle commanderait. Elle hocha la tête, et accepta, à condition de pouvoir avoir avec elle des Gwezenntud. Elle avait des questions à poser ! Mais elle n’en eut pas le temps. Alors que les autres s’arrêtaient pour soigner les bras cassés et les chevilles tordues dus aux racines, eux partirent vers l'avant mais très vite, et de manière soudaine, Morena se sentit tomber. Le sol s’était dérobé sous ses pieds, comme sous celui de tous les autres, comme un lac gelé dont la glace trop fine se serait brisée sous leur poids. Ainsi, son groupe d’une vingtaine de personnes se retrouva piégé dans une cave moussue, où l'odeur était plus forte qu’ailleurs déclenchant d’ailleurs des hauts-le-coeur. Immédiatement elle vit que l’un de participants avait une jambe tordue dans un angle impossible, cassée dans la chute. Immédiatement, d’autres vinrent l’aider, et si tout le monde tentait d’attirer l’attention de ceux restés en arrière, ce fut sans aucun doute le hurlement de douleur du malheureux dont on venait de remettre en place la jambe qui les alerta. Certains se mirent alors à explorer la grotte, et s’il fut rapidement admis que seuls ils ne pourraient pas en sortir, puisque même les Gwezenntud en étaient incapables, il y avait par contre un passage dans la grotte. Mais vers où menait-il ? Morena refusa qu’on l’emprunte avant l’arrivée du reste du groupe. Elle profita de cette petite attente pour poser des questions aux Alfs qui l’accompagnaient qui lui révélèrent qu’ils connaissaient cette zone, mais qu’elle semblait s’étendre pour une raison mystérieuse à chacun de leurs passages. Jusque là cependant, aucun n’avait jamais vu cette cave, ce qui cependant semblait logique, puisque celle-ci était sous le sol et qu’eux même se déplaçaient bien au-dessus. A l’arrivée de Volgrim, ils négocièrent ensemble, et firent sortir à l’aide de cordes les quelques blessés, et décidèrent d’envoyer dans le tunnel un groupe d’éclaireurs, avec des Télépathes, tout en gardant eux aussi des Télépathes afin de pouvoir rester en contact.
Et ainsi fut fait.

Le groupe d’exploration partit donc en rampant dans le tunnel, armés afin de se prémunir contre d’éventuels dangers. Le boyau, déjà étroit, se resserrait encore par endroits, avant de s’élargir. La terre y était étonnamment sèche, par rapport à tout ce qu’ils avaient traversé jusque là, et l’air les piquait un peu par son absence d’humidité. Et soudain, ils furent face à un spectacle incroyable. Face à eux s’étendait dans une sorte d’immense poche une mer de choses qu’ils ne connaissaient pas, trempant dans une eau manifestement croupie depuis fort longtemps. Des sortes de véhicules de métal, de verre, aux formes oblongues, couverts de rouilles et dont les couleurs avaient disparus avec le temps. Des pneus aux alentours ainsi que d’autre formes métalliques non-identifiables. La cave était grande et semblait s’étendre un peu plus loin, laissant apparaître d’autres objets, tout au fond le sol se creusait dans un lac qui avait visiblement donné naissance à la mare où baignait cette décharge de métal et de plastique. Les quelques personnes qui s’y connaissaient annoncèrent que ce lac prenait probablement sa source ailleurs et avait peut-être même charrié tout cet attirail ici qui aurait fait briller les yeux de n’importe quel archéologue.
Mais déjà nombre de moustiques assaillaient les explorateurs dans la zone, ayant pu profiter de l’eau pour se reproduire ici, un repas leur était directement livré. Cela ne poserait pas problème en réalité mais entre l’odeur, l’eau croupie et les moustiques, la grotte se trouvait être un endroit particulièrement désagréable

L’autre groupe, resté au bord de la cave, soignait ses blessés, se reposait, et tentait de comprendre où ils étaient et la raison pour laquelle cette zone semblait si sèche. Cela leur semblait compliqué à imaginer, mais il semblait que cette zone très précise manquait d’eau. Manquait grandement d’eau. Terriblement. Mais pourquoi ? Alors que cette question les taraudait, un cri se fit entendre: on les attaquait. Et ce n’était certainement pas un adversaire auquel ils pouvaient s’attendre. Dans cet univers de feuilles flétries, marrons, de tiges fatiguée, des lianes, vertes, et tout à fait vivantes, semblant sortir de nulle part, les attaquaient tels d’énormes serpents, giflant, assommant, fauchant, étranglant. Ils devaient se défendre et vite contre ces adversaires non seulement solides, mais rapides et innatendus.

[A vous ! Libre à vous de choisir si vous faites partie du groupe d’exploration, qui se trouve vous l’aurez compris dans une sorte de décharge terrestre (au sens venant de la Terre !), ou de celui resté à la surface qui se fait attaquer. Vous avez 2 semaines ! Bon jeu ! ]
avatar
Belphégor - Réprouvé hibernatus
Messages : 44
Date d'inscription : 03/12/2012

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Sam 6 Oct - 19:16
Achéron avait passé le séjour dans la ville de ces alfs de Crannsliabh à dormir dans un hamac, écourtant ses périodes de sommeil pour de très courtes explorations des habitations. Les déplacements à ces hauteurs nécessitant souvent beaucoup d'efforts en termes d'escalade, de montée/descente d'échelles, il n'avait au final jamais été bien loin...
Une chose était presque certaine pour le jeune Réprouvé ; ce n'était pas chez ce peuple qu'il trouverait quelque chose susceptible de compléter sa mission. Alors il dormait. Voilà.

Le temps continuait ses courtes pauses pour lui, lorsqu'il voulait un peu plus de calme. En conséquence, Achéron avait encore grandi, ressemblant de plus en plus à un jeune adolescent à la silhouette un brin longiligne. Ses cheveux crépus avaient poussé encore plus, et la gêne que cela lui provoquait n'était pas passée inaperçue, si bien qu'une femme Gwezenntud avait offert de lui faire des tresses.
Le jeune Réprouvé avait accepté, et arborait maintenant un motif complexe de tresses noires sur le haut du crâne. La coupe lui donnait un air sauvage, qui contrastait beaucoup avec sa discrétion et son habitude de dormir sans cesse.

La reprise du convoi le sortit un peu de son ennui, aussi étrange que cela puisse paraître.
Il ne fit pas grand cas des arbres plus biscornus que les autres, ni de l'atmosphère plus lourde et des airs inquiets de leurs guides Gwezenntud.
C'était comme ça.
Le hurlement de douleur en tête de convoi, par contre, attira son attention, si bien qu'il descendit de lui-même de la petite carriole de ravitaillement pour aller avec les autres vers la source du bruit. Le blessé à la jambe cassée continuait de crier, avec le groupe coincé dans ce qui ressemblait à une caverne au toit effondré.
Le Réprouvé remarqua avec les autres la grotte plus loin, et écouta les adultes décider de la marche à suivre en sentant son excitation monter : s'il y avait bien un endroit où trouver de quoi compléter sa mission, c'était bien par là qu'il fallait aller chercher !
Aussi - et sans rien dire à personne - Achéron se joignit au groupe qui partit explorer cette grotte, avec l'aplomb des enfants qui se sentent légitimes dans tout ce qu'ils font, et malgré les regards en coin qu'il recevait des autres membres du groupe. Après tout, s'il était là, c'est qu'il avait bien le droit d'y être, pas vrai ?

La décharge nauséabonde et infestée de moustiques fit un effet étrange à Achéron.
Lui qui pouvait stopper le temps, voir ainsi un vestige d'une époque oubliée dans les méandres du temps l'emplissait d'une certaine fébrilité. Ce qui était étrange, il n'était pas certain de ressentir vraiment ça. C'était presque comme si quelqu'un lui soufflait ce sentiment à l'oreille, comme si une main s'était posée sur son crâne et le poussait vers l'avant, pour aller explorer ce tas de vieilleries...

Tic.

_________________
avatar
Tueur de l'Ombre, froid et sanguinaire
Messages : 218
Date d'inscription : 29/03/2011
Age : 31
Localisation : Non loin de ma prochaine cible

Votre personnage et ses relations
Âge: 28 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 7 Oct - 17:37
Angel surveillait donc étroitement Acheron, qui l’inquiétait -Il avait d’ailleurs envoyé un message d’alerte à Eden, qui, il l’espérait, le transmettrait-. Mais ce n’était pas passionnant: l’enfant n’était, comme toujours, pas des plus vifs à son goût. Chez les Gwezenntud il avait beaucoup dormi, et Angel n’avait pas que ça à faire de le surveiller en sieste constante. Ainsi, il l’avait suivi lors de ses explorations, mais lui aussi avait beaucoup navigué autour des arbres, des éléphants, cherchant à évaluer la force de ce nouveau peuple, ainsi que leurs coutumes, histoire de savoir s’ils pouvaient représenter un risque, ou des alliés importants pour l’Ombre. Ainsi, il avait fait son possible pour être discret malgré sa haute stature, et ses yeux couleur de sang qui semblaient étrangement fasciner les Alfs de Crannsliabh.
Il avait cependant eu une surprise de taille lorsqu’il avait vu son ennemie de toujours, Saralondë débarquer, escortée d’un Gwezenntud, et à peu près aussi souriante que lui-même. Elle était représentante du gouvernement Eaquien, et si la tuer ne lui aurait rien apporté, il en crevait d’envie. Il serra les poings plusieurs fois, Faisant craquer ses gants, afin de se retenir de lui envoyer immédiatement des éclats ou une balle en plein visage. Il en aurait rêvé pourtant. Quelle revanche ! Cependant, elle disparut rapidement, et lui même continua l’expédition avec les autres. Le climat changeait, et ceci l’étonnait bien moins que la coupe qu’arborait le jeune Réprouvé, faite par leurs hôtes.
Il suivait donc le groupe, toujours aussi morose, et resta en arrière pour surveiller achéron lorsque le convoi se divisa. Pourtant, au cri, le garçon lui fila entre les mains, et dans le même mouvement que le reste du convoi qui poursuivait le bruit, lui le lança à la poursuite du garçon. Il le retrouva, mais de nouveau le perdit de vue lorsqu’il fut temps de se séparer. C’est lorsque les explorateurs du boyau furent partis, il qu’il ne vit le gosse nulle part qu’il comprit. Il était dans le boyau.

*Merde.*

C’est environ au même moment qu’il se prit un violent coup derrière la tête, qui manqua de l'assommer aussi sec. Il tomba, étourdi, mais se reprit vite, et son bras devenant un pistolet, il se retourna, pour se trouver nez à nez avec … Une liane ?

*Merde.*

Ca, ce n’était pas prévu, et ça ne l’arrangeait pas. Comment se battait-on contre des lianes ? Manifestement, autour de lui, on avait pensé à les couper, mais les lames semblaient rebondir, faisant plus de dégâts aux muscles des combattants qu’à l’étrange adversaire.

*Merde.*

Lui même tenta de tirer dessus. Le végétal se déchira, mais ne se coupa pas, et sembla se tourner vers lui pour l'attaquer de plus belle. Il n’était pas le seul à être aux prises avec cet adversaire inattendu: tout le groupe semblait avoir du mal à s’en démêler, certains étaient même sur el point de se faire étouffer. Il envoya dans la liane des éclats empoisonnés, cela sembla fonctionner, et la faire brunir partiellement. Il décida donc de continuer ainsi, attaquant via sa greffe, son revolver, ou encore ses larmes alternativement, n’hésitant pas non plus à utiliser ses pieds pour repousser les attaques. Cependant l’efficacité était loin d’être au rendez-vous: il allait falloir trouver une solution, et vite. Que craignaient des plantes ?

_________________
Je suis mort il y a longtemps
Et aujourd'hui je renais de mes cendres
Pour donner à la mort le monde entier
Et te prouver mon amour sanguinaire

Angel Dust

avatar
Messages : 318
Date d'inscription : 07/11/2010

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.elysionearth.net

Re: L'Expédition

le Dim 7 Oct - 18:06
Des messages télépathiques fusaient de chaque côté, partant et revenant de la grotte où une partie des explorateurs s’étaient introduits, en communication directe avec le reste des personnes présentes aux prises avec les lianes, attaqués. Le conseil principal qui en ressortit était de rester dans l’antre souterraine qu’ils venaient de découvrir tant que la menace n’était pas écartée à l’extérieur car il serait trop compliqué de gérer les attaques en même temps que la sortie avec les cordes impliquant une vulnérabilité des explorateurs.

Ainsi, à l’air libre les lianes fouettaient toujours l’air, tentant visiblement de repousser ces envahisseurs sur sont territoire. Les Gwezenntud esquivaient tous habilement les attaques, visiblement habitués à ce genre d’ennemis, ce qui n’était pas le cas de tout le monde du côté des explorateurs. Une des premières phrases que les Alfs de Crannsliabh communiquèrent au reste du groupe au début de l’affrontement fut celle-ci

- Ce n’est pas habituel que cette partie de la forêt se défende ainsi même si elle est différente du reste !

Le combat continua, continua et continua encore, semblant s’éterniser et épuiser les combattants de chairs, au profit des plantes extrêmement résistantes contre lesquelles la plupart des armes n’avait que très peu d’effet.
Les Alfs de Crannsliabh plus coutumiers de l’endroit semblaient plisser les yeux pour voir quelque chose que personne d’autre ne voyait. C’est alors que l’un d’eux aperçu ce qu’il cherchait pour assurer ce qu’ils suspectaient.

- Là !

De petites volutes et des éclairs verts et blancs s’échappèrent d’un appendice végétal dans l’amas qu’ils formaient à ce moment. Puis comme une main faite d’énergie sembla commencer à sortir de la plante avant d’être tirée à l’intérieur dans un bruit qui ressemblait à un cri qu’on étouffe.

- Des Dizanvezels verts sont dans les plantes ! Il y’en a un qui vient de tenter de sortir mais ne peut pas aller contre l’apparente volonté de cette nature. C’est probablement leur présence qui perturbe les choses et qui gène les plantes vivantes, une fois qu’on les aura sortis de là en se débarrassant des bonnes lianes, tout devrait se calmer !

A ces mots la plupart des aventuriers commencèrent à redoubler d’efforts sous les ordres des Gwezenntud et ceux des chefs de l’Expédition, tous vociférant pour se faire entendre dans la bataille.


Et pendant ce temps, dans la grande caverne en dessous, plusieurs découvertes vinrent égayer le calme et l’attente angoissante avec l’interdiction de sortir pour le moment. Tout d’abord un explorateur découvrit sur le sol un petit objet qui était contrairement au reste dans un état parfait : Assez petit pour se retrouver dans la paume d’une main et avec des inscriptions légèrement effacées, on pouvait lire quelques lettres et chiffres, O, I, A, 3 et 1 et était couvert de petites touches.
Une autre personne avait trouvé un objet encore plus petit, ovoïde avec comme une petite antenne et faisant du bruit de temps en temps, l’écran dessus laissant apparaître tout un mur de petits cacas sous formes de symboles.
Finalement, très étonnés de leur découverte, ils étaient tombés sur de la vie. Un certain nombre de chats vivaient dans cette décharge, trouvant probablement leur nourriture quelque part aux alentours, ils virent de nombreuses paires d’yeux se balader en reflétant la légère lumière qu’ils avaient amenés.

Un sursaut de peur parcourut le groupe, laissant quelques frissons traverser les échines pour certains lorsqu’un grand bruit retentit dans la caverne, brisant le silence. S’apparentant à un grand “tuuut” abîmé, presque grinçant et difficilement descriptible, il résonna pendant un temps contre les murs alentours avant de se perdre de nouveau dans le silence.
Morena, présente pour diriger en partie le groupe ici mais visiblement relativement peu sûre d’elle surtout depuis le bruit, semblait peser le pour et le contre, de ce qui était le pire pour eux entre rester ici avec ses bruits et des possibles dangers inconnus ou les lianes de l’extérieur, prêtes à les assommer et les blesser.
Soudain un des membres lança une interjection dans la caverne

- Hého ! Y’a quelqu’un ?

La vice-capitaine avait a peine eu le temps de venir l’enguirlander sur leur manque de connaissance de ce qui se trouvait ici qu’un bruit étouffé leur revint du fin fond de la caverne, une voix difficile à comprendre, grésillante, étouffée semblant interrompue par un léger bruit de fond.

- Que… -uis-je *grzzt* p-pour vous ?
avatar
Messages : 75
Date d'inscription : 27/11/2016

Votre personnage et ses relations
Âge: 33 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Mar 16 Oct - 22:19
Le séjour parmi les Gwezenntud avait été plus qu'enrichissant pour la chamane, qui se sentait un peu comme un poisson dans l'eau au milieu de ce peuple reclus vivant de ce que la nature autour d'eux avait à offrir, si proche des moeurs de sa propre tribu, tout en étant très différents d'elle. Et assez secrets aussi...
Mais, par un savant jeu de diplomatie basé sur les échanges équivalents et la mutualité, elle avait su gagner la confiance de quelques Alfs et avait pu en apprendre plus sur ce peuple et leurs croyances.
La chamane savait toujours que son objectif final n'était pas à Crannsliabh, et elle rongeait son frein de devoir partir de l'Expédition en avance pour reprendre sa quête. Sa curiosité, son émerveillement et les réponses qu'elle obtenait concernant les Gwezenntud l'aidaient beaucoup à tenir aussi, tout autant que la crainte de devoir annoncer son départ au chef Volgrim, qui l'intimidait un brin.
Le départ vers la demeure des Êtres Dizanvezels l'emplit plus encore d'excitation, tout autant que de remords de retarder davantage son départ. Mais elle voulait vraiment rencontrer plus avant ces Êtres immatériels qui avaient besoin d'autres êtres-vivants pour s'incarner et survivre. Ils lui semblaient tellement ressembler aux Êtres du Voile qu'elle connaissait...

Lorsqu'elle dut courir, sauter et esquiver à grand peine les assauts de lianes qui bougeaient de façon fort peu naturelle, la chamane regretta légèrement son choix...
L'Expédition dans la jungle l'avait aidé à rester en bonne forme physique, et elle était naturellement plus athlétique que ses camarades des villes. Il y avait tout de même des limites et elle s'essoufflait, ayant déjà récolté deux-trois coups ici et là qui lui faisaient de belles ecchymoses. Tout en courant pour esquiver les lianes qui la "poursuivaient" Tapahari se demandait ce qui pouvait bien causer une telle animosité chez ces végétaux. Presque malgré elle, elle chercha dans les environs la présence de l'arbre fait homme, seul être à sa connaissance capable de ce genre d'éveil végétal...
Le cri d'un Alf de Criannsliabh la fit tourner la tête dans la direction qu'il indiquait et elle vit, avec horreur, le Dizanvezel tenter d'échapper sans succès à l'emprise de la liane, tel un naufragé luttant pour rester à la surface de l'eau.

Tapahari ne prit pas le temps de réfléchir, surtout lorsque des lianes profitèrent du ralentissement de ses gestes pour l'attaquer sur plusieurs fronts à la fois ; elle appela à elle l'un de ses esprits-animaux, souhaitant être plus petite et pouvoir voler au secours du Dizanvezel !
Le monde tourna sur lui-même, et elle fut aveugle et sourde pendant un court instant...
Lorsque ses sens lui revinrent, elle ouvrit ses ailes couleur de jais et décolla aussitôt, échappant aux lianes pour plonger vers l'endroit où l'Être immatériel était apparu.
En touchant le sol, elle redevint humaine, secoua la tête pour dissiper le vertige et la fatigue qui allaient de pairs avec une utilisation trop rapprochée de son don de change-peau, plaqua ses deux mains sur la liane, et se mit à chanter.
Sa voix était gutturale, le chant lancinant. Bien qu'un brin improvisé, elle y mit toute sa volonté pour tenter de donner de la force au Dizanvezel prisonnier, pour l'aider à s'échapper.

[Ajout d'un lancer de Dé à la fin, en D100, parce que c'est marrant ^^]


Dernière édition par Tapahari le Mer 17 Oct - 5:56, édité 1 fois
avatar
Messages : 318
Date d'inscription : 07/11/2010

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.elysionearth.net

Re: L'Expédition

le Mar 16 Oct - 22:19
Le membre 'Tapahari' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'25 Faces' : 8, 13, 16, 23
avatar
Messages : 318
Date d'inscription : 07/11/2010

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.elysionearth.net

Re: L'Expédition

le Dim 21 Oct - 21:37
Soudain, il y eut comme un chant. Un chant sourd, lancinant, guttural. Plusieurs d’entre eux eurent un instant de surprise, et se tournèrent vers la source du bruit. Une jeune femme, qui s’était déplacée manifestement très rapidement puisqu'elle n’était pas là l'instant auparavant. Elle semblait presque ne transe,e t la surprise qui s’était emparée du groupe leur valu quelques coups de lianes à l’arrière du crâne fort peu agréable. Pourtant, cette intervention leur permit d’avoir un instant de répit: les laines semblaient fatiguées par ce chant, ou bien, le chant renforçait les Dizanvezel à l’intérieur. En tous cas, la lutte semblait moins dure. Et cela leur permit d'échafauder un plan: les Enfants de l’Eau, inspirés par leur environnement proche, firent en sorte de dessécher les plantes agressives, qui furent finalement assez rapidement réduites à l’équivalent d’une longue peau de banane noircie, ce qui était fort peu appétissant, mais permit aux esprits enfermés de se libérer. Et c’est ainsi que ceux qui n'étaient pas assommés virent apparaitre devant eux des sortes de volumes de brume en nuances de verts, qui flottaient environ à leur hauteur. Rapidement ceux-ci prirent des formes qui leur ressemblaient. Les aventuriers étaient médusés pour la plupart, mais les Gwezenntud semblaient eux parfaitement habitués, et fouillaient déjà dans les bourses à leur tailles, dont ils sortirent des sortes de graines, qu’ils purent donner aux Dizanvezel. Ceux-ci semblèrent les aspirer, et soudain, ils ne furent plus éthérés, mais semblaient presque humains, quoique flous à leurs contours, comme un hologramme qui fonctionnerait mal.
Volgrim n'avait pas de mots, et il écouta simplement la discussion qui se déroulait devant lui.
Ainsi, il comprit qu’il y avait parmi les Dizanvezel 3 races différentes: les Rouges qui les avaient attaqués, les Verts, qu’ils avaient sous les yeux et qui se nourrissaient de l’énergie des végétaux. Ils vivaient dans un Arbre maison et s'excusaient du comportement des Ehtérés Rouges. Aujourd’hui, ils avaient été attaqués par les lianes, et expliquaient que la forêt leur semblait de plus en plus agitée depuis quelques temps, comme perturbée, comme se défendant de quelque chose, et de plus en plus agressive. Ils les remerciaient donc de les avoir aidés, car ils auraient manifestement pu mourir dans ces lianes.
Puis, enfin, le chef de l’Expédition retrouva les mots. Il leur expliqua ce qu’ils faisaient là, et leur besoin d’informations sur cette forêt. Les Gwezenntud, manifestement inquiets de cette histoire de forêt agitée, renchérirent. Pourtant, les Dizanvezel face à eux secouèrent la tête.

- Nous ne savons presque rien. Nous nous contentons de vivre aujourd’hui. Ce sont les Gris qui connaissent tout. Ils savent tout de cette forêt, de notre maison à tous.

Ainsi, Volgrim apprit l’existence des Dizanvezel Gris, la troisième race,
Qui s’étaient séparés des autres des siècles auparavant, et se nourrissaient de l’énergie minérale. Peuple discret et peu nombreux, ils étaient apparemment parmi les êtres les plus sages qu’il était possible de rencontrer.

*C’est d’eux dont nous avons besoin !!*

Arrivé à cette conclusion, Volgrim ordonna que le groupe reste là, le temps que remontent les explorateurs de la caverne. Ainsi, ils partiraient ensemble.

Dans la grotte par contre, les explorateurs eurent beau chercher, cloitrés comme ils étaient avec l’attaque dehors, ils ne trouvèrent rien de réellement intéressé. Tout était brisé, hors d’état et le bruit qu’ils avaient entendus ne semblait alors être que les grésillements d’un appareil peut-être encore en fonctionnement …
Une fois le message transmis qu’à l’extérieur les choses s’étaient calmés, ils durent laisser ce trésor caché, emportant ce qui restait et semblait encore en état mais tout de même avec un sentiment d’inachevé.

Suite à cela le groupe d’explorateurs, appelés par ceux restés au sommet, fut remonté à l’aide de cordages, et ils purent repartir.
Les Dizanvezels verts avaient indiqué un endroit proche où les explorateurs s’étaient empressés de se diriger. On leur avait dit que les Gris étaient pacifiques et ne s'attaqueraient pas à eux mais la plupart des membres étaient sur leur garde, prêt à affronter des colonnes de pierres les attaquant ou d’autres fantaisies de ce genre. Ils arrivèrent face à un grand dénivelé sur le sol de la Forêt, de plusieurs mètres avant de s’aplanir bien plus bas. Les affaire commencèrent doucement à s’installer ici, la nuit tombait, il fallait s’arrêter et ils ne pourraient explorer les alentours que le lendemain annonça Volgrim.
Une annonce qui ne fut pas suivie par les Gwezenntud visiblement pas prêt à écouter pour deux sous les “Civilisés” comme ils disaient en faisant des pointillés avec leur doigts et en étouffant des rires. Ainsi ils commencèrent à sonder le sol alentour et à vérifier eux-mêmes ce qu’ils voulaient voir dans les alentours alors que le reste de l’équipe préparait le terrain pour la nuit.

Un appel d’une Gwezenntud retentit, et comme ils n’haussaient que très peu le ton, plusieurs personnes vinrent voir la trouvaille de l’Alf, dont Morena et Volgrim qui savaient bien que cela augurait de l’avancement.
Un trou dans le sol semblait s’enfoncer ici, comme si encore une de ces cavernes souterraines étaient présentes. C’était monnaie courante par ici apparemment. En effet une sorte de cheminée descendait, un boyau qui aurait pu descendre jusqu’au centre de la Terre tant on n’en voyait pas le fond. Evidemment les Gwezenntud insistèrent pour descendre de suite, n’écoutant que les leurs et faisant la sourde oreille aux injonctions des autres Races. Finalement une partie de l’Expédition de nouveau gérée par Morena qui avait exploré le caveau précédent commença à installer des cordes afin de descendre dans cette caverne, s’équipant de lumières magiques pour pouvoir y voir comme en plein jour … Ou presque.

Une fois le pied posé dans le sous-sol, plusieurs dizaines de mètres plu bas, un grand réseau de grottes qu’ils n’auraient pas le temps d’explorer se révéla devant eux. Aveuglés par les cristaux qui tapissaient les murs, reflétant les lumières qu’ils avaient amenés, tout le monde dut abaisser la lumière qu’il produisait afin de pouvoir de nouveau observer l’environnement.
En effet, des minéraux de couleurs différentes se trouvaient partout autour d’eux, veinant les murs de diverses couleurs, vives, sombres, impressionnantes voir magnifique. Une vraie mine d’or au figuré ! Et au travers de ces veines quelque chose semblait bouger. Morena préférant prévenir que guérir annonça :

- Ne bougez pas ! On ne sait pas si quoique ce soit d’hostile traîne dans les parages

Un Gwezenntud bougea tout de même, et s’approcha des murs, regardant de plus près ces minéraux mouvants. Il revint, chuchota quelque chose à l’oreille des autres Alfs de Crannsliabh, puis …

- Ce sont des Gris qui peuplent cette caverne, pas de souci, nous n’avons jamais eu de soucis avec eux… Par contre ils ne possèderont pas les graines, c’est contre leur éthique.

Et après un léger silence gêné:

- Nous ne pouvons pas communiquer sans les graines …

- Nul besoin.

Une voix caverneuse venait de résonner partout autour d’eux, comme un souffle rauque mais compréhensible.

- Ces réseaux sont nos gorges, nous n’avons pas besoin de vos graines, laissez ces petites en paix. Que venez-vous chercher ?

Morena, plus prompte cette fois à répondre et n’ayant pas perdu ses mots leur expliqua de nouveau leur besoin d’information sur la forêt de Crannsliabh. Une demande qui sembla ravir la première voix, rejoint par une seconde puis encore une autre qui se couvraient les unes les autres et commençaient à diverger sur anecdotes et à accabler les explorateurs des secrets de la forêt. Alors que les explorateurs comme d’un seul coup en classe se mettaient à prendre des notes, les cours s’éternisa.
D’autres participants descendirent afin de relayer les premiers, les Dizanvezels Gris semblant intarissables, le flot de découvertes continuant à couler. Une heure, deux heures, trois heures, répondant à toutes les questions, quatre heures. A ce rythme là ils allaient y passer la nuit ! La vice-chef de l’Expédition coupa la parole nette aux sages pour leur demander :

- Excusez-moi, vos connaissances nous sont d’un grand secours mais est-il possible d’aller à l’essentiel sur les points ? Notre groupe est épuisé du voyage !

- Oh mais nous allons déjà à l’essentiel, et nous n’en sommes qu’au début !

Dépités, les explorateurs commencèrent à tourner, de nouveau continuant à prendre le relais. A l’aube, il fut décidé que les plus férus de cours de ce genre, resteraient pour mettre par écrit tout ce qui venait des Dizanvezels qui ne se montraient toujours que par les veines rocheuses au coeur des murs. Cela promettait d’être très long.
Une information essentielle était ressortie de la conversation avec les Gris : Un dernier peuple organisé en communauté et intelligent réclamait aussi une partie de Crannsliabh, en lien avec l’attaque de la liane. Pour rencontrer les Kabellstank, il leur faudrait se rendre au lac au centre de la forêt, les sages avaient laissé planer le suspens, préférant taire la nature de ce nouveau peuple apparemment par pur esprit de jeu, ils l’avouèrent eux-mêmes plus tard.
Après un peu de repos bien mérité, le trajet fut de nouveau lancé.
avatar
Messages : 37
Date d'inscription : 31/07/2016

Votre personnage et ses relations
Âge: 22 et 22
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Mer 24 Oct - 12:49
La mystérieuse forêt se livrait enfin. Après des mois à marcher sans véritablement comprendre où ils mettaient les pieds, ils venaient de trouver un peuple, au nom imprononçable pour changer, prêt à les aider. Toutefois, comme si cela devait être une habitude qui collerait à chaque étape de leur périple, les machins esprits gris n'avaient pas suivis de cours d'éloquence et de synthèse. Dans un fourmillement verbal crépitant et grésillant le long des parois de la grotte, ceux-ci se lancèrent dans un historique des lieux. L'écoulement de connaissance, brutal et tout azimut, d'un acabit bien différent de toutes les leçons qu'Anna et Meli avaient pu suivre dans leur vie, fusait sans discontinuer. On décida bien vite dans ces conditions de ne laisser que les plus patients scribouillards pour s'occuper de capter ces marmonnements frénétiques de ces ascètes troglodytes et hystériques. De plus, l'existence d'un autre peuple plus loin dans les terres attirait maintenant l'attention du convoi. Anna n'était pas vraiment sûre d'avoir envie de faire la rencontre d'une autre tribu au nom et aux coutumes pénibles, mais elle n'avait guère le choix. Meli, si elle conservait une bonne part de bonne humeur et de curiosité, les deux tournant en temps normal aux alentours des trois mille pourcents, commençait également à être fatiguée et à se lasser des lieux. Mais la possibilité de rencontrer de nouveaux individus au physique improbable maintenait sa motivation. Elles reprirent donc la route, une hâte modérée au cœur.

_________________
avatar
Vagabond commerçant
Messages : 44
Date d'inscription : 13/04/2017
Age : 24
Localisation : ... Eh, mais... j'suis où ?

Votre personnage et ses relations
Âge: 18 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Ven 26 Oct - 18:49






Zel referme son carnet en poussant un petit soupir. Il commence à se demander ce qu'il fait dans cette expédition et si c'était vraiment une bonne idée d'aller vers Crannsliabh. Ces derniers mois, il est resté en retrait, comme un spectateur, comme s'il était absent. Même quand il avait compris l'origine de la maladie du groupe, il avait l'impression d'être un étranger dans son propre corps. La fatigue, sans doute.
Une agitation parmi les membres de l'expédition lui fait lever la tête. Des bribes de conversations lui parviennent. Morena... le sol s'est effondré... une grotte... Encore des ennuis en perspective.
Le groupe rejoint rapidement l'avant-garde du groupe. Il y a un blessé, la jambe cassé par la chute. Le craquement qui résonne sur les parois de pierre lorsqu'on la lui remet en place est écœurant. Rapidement, le groupe se scinde en deux : un groupe part explorer la grotte tandis que l'autre reste afin d'aider les blessés. Zel reste en arrière, évidemment.

"Je vais finir médecin de guerre, si ça continue..."

SMACK !

Un coup. A l'arrière des genoux. Violent. Zel voit tout à coup le ciel se substituer à la terre. Qu'est-ce que...
Il n'a pas le temps de comprendre. Ce qui l'a frappé s'enroule autour de ses pieds, puis de ses jambes et le soulève au-dessus du sol. Zel aperçoit une liane d'un vert trop brillant pour une zone aussi sèche. Des coups de feu se font entendre, provenant d'un des membres du groupe dont Zel ignore le nom. Autour de lui, ceux possédant quoi que ce soit qui coupe - épée, hache, voire ciseaux - tentent de sectionner les lianes. Mais rien ne semble fonctionner. Si la force ne fait rien, alors il ne reste plus qu'à utiliser une potion. Zel tend la main vers sa ceinture...
... pour se rendre compte que son matériel est resté au sol, à moins d'un mètre de lui. L'Aniformus pousse un juron. Pas le choix. Surmontant son dégoût, il empoigne un bout de liane qui dépasse et le mord violemment. Rien. La liane semble se tordre sous ses incisives pour ne pas se faire couper. Zel pousse un nouveau juron, plus sonore encore et commence à s'agiter, gagné par la peur. Pas question de mourir comme ça ! Pas question ! Pas...

Un chant. Un étrange chant grave qui semble faire vibrer l'air. Tapahari, encore elle. En quelques instants, les lianes semblent perdre de leur combativité et il ne faut que quelques instants aux Enfants de l'Eau pour les dessécher. Zel, toujours perturbé par l'attaque, s'agite pour se débarrasser des lianes et se frotte tout le corps pour chasser la sensation d'étreinte. Il remarque à peine la volute de fumée dans laquelle s'incarne les esprits de la nature, jusqu'à ce que la forme éthérée prenne son apparence. Encore une attaque ?
Mais non. Les Gwezenntud leur donnent des sortes de graines qui semblent les aider à se matérialiser dans ce monde.

En temps normal, Zel essaierait de comprendre absolument tout sur ces créatures, mais l'attaque l'a laissé vidé. Il se contente de s'asseoir sur un rondin pour reprendre ses esprits. Qu'est-ce que c'est que cette forêt de fous ?

Il faut un long moment au garçon pour reprendre complètement contenance. La visite chez les "Gris" passa pour lui comme un rêve, une histoire en arrière-plan. Ce n'est qu'une fois l'aube suivante arrivée, après une bonne nuit de sommeil, qu'il reprit un peu contenance. Du nerf, par les dieux ! Il a suivi cette expédition tous ces longs mois, il ne va pas craquer maintenant. Ajustant son matériel à sa ceinture, calant son bâton de marche, c'est un pas décidé qu'il suit l'expédition vers Qabel... Les Kabellts... Les...

-Mais merde, ils peuvent pas avoir un nom normal, dans ce foutu pays ?

Ce n'est qu'en apercevant les regards outrés de ses voisins immédiats que Zel se rend compte qu'il a parlé tout haut. Il esquisse un petit sourire d'excuse avant de crapahuter sur ses petites jambes vers la tête de l'expédition.

"Décidément, c'est pas ma semaine..."

_________________
Character theme : https://www.youtube.com/watch?v=K3uxxpsbVgA
Avatar : Personnage, fond

Et n'oubliez pas : je suis le Sky-Pig !
avatar
Tueur de l'Ombre, froid et sanguinaire
Messages : 218
Date d'inscription : 29/03/2011
Age : 31
Localisation : Non loin de ma prochaine cible

Votre personnage et ses relations
Âge: 28 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Sam 27 Oct - 17:22
L’eau ! C’était évident, il fallait de l’eau aux plantes. Lorsque celles-ci furent déshydratées, ils eurent un peu de repos. Les esprits contenus purent se libérer, et les aventuriers purent reprendre eur route vers encore d’autres esprits.

*Et dire qu'on nous a toujours assuré qu’il n’y avait personne ici. Bande d’imbéciles.*


Et Angel suivit le mouvement avec un sourire ironique et carnassier toujours flottant vaguement sur ses lèvres face à l’idiotie, l’hystérie et la précipitation généralisées, gardant un oeil sur l’enfant qu’il devait surveiller. A vrai dire, il fut surpris lors de la descente dans le boyau, car il ne s’attendait pas à un tel spectacle, qui était des plus époustouflants, sous terre. Cependant, il ne prit pas la peine de prendre des notes. Il s’en fichait, et ne voulait faire le travail de personne. Et encore moins faciliter la vie de cette abomination de métisse qui ne tarderait certainement pas à les rejoindre. Il hésitait encore quant au sort à lui réserver à ce moment-là. Il aurait aimé pouvoir la réduire à néant à ce moment là. En même temps, il craignait qu’elle soit sur ses gardes, et surtout, que cela soit un peu trop évident.
Puis, il repartit avec l’Expédition, à la suite des autres, un oeil sur l’enfant. Ils allaient donc aller voir une nouvelle peuplade autour d’un lac. Au fond de lui, quelque chose lui disait que ce serait intéressant.


_________________
Je suis mort il y a longtemps
Et aujourd'hui je renais de mes cendres
Pour donner à la mort le monde entier
Et te prouver mon amour sanguinaire

Angel Dust

avatar
Messages : 75
Date d'inscription : 27/11/2016

Votre personnage et ses relations
Âge: 33 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Ven 2 Nov - 19:20
Son intervention avait suffi pour permettre au groupe d'élaborer une stratégie et de trouver une solution.
Tout en aidant les blessés à récupérer des coups subis par les lianes - usant encore un peu plus sa réserve de potions et pommades cicatrisantes - Tapahari devait s'avouer qu'elle était plutôt fière d'elle, bien que se sentant plus fatiguée que de raison.
La course pour éviter les assauts des plantes, ses métamorphoses rapides suivies de son rituel improvisé lui avaient coûté mais, en voyant les Dizanvezel évoluer sains et saufs parmi eux, rendus visibles grâce à ces graines spécifiques, elle en oubliait sa fatigue.
Est-ce que les graines auraient un effet similaire sur d'autres Êtres du Voile immatériels ?
Pourraient-elles fonctionner sur un Souldë tel que Béhékine ?

En écoutant les Dizanvezel s'inquiéter de l'agitation de la jungle, la chamane ferma les yeux un instant. Elle sentait toujours cette présence immense dans la jungle, comme si cette dernière avait un coeur qui battait tout près des aventuriers. Une pulsation sourde, régulière comme un tambour rythmant un chant de guerre.
Et proche d'eux maintenant, si bien que Tapahari n'arrivait plus à en déceler la provenance.
Elle rouvrit les yeux, et sursauta en découvrant que l'Expédition repartait, suivant les indications des Dizanvezel.
La chamane suivit, l'adrénaline de la bataille redescendant, la laissant un peu plus lasse et étrangement angoissée. Ses esprits-animaux se pressèrent en elle pour la rassurer.

Le soir-même, la découverte du boyau descendant vers les profondeurs piqua suffisamment la curiosité de Tapahari pour qu'elle insiste et se joigne au groupe qui souhaitait descendre aussitôt, en compagnie des Gwezenntud. La chamane voulait rencontrer ces fameux Gris.
Devoir descendre dans la caverne fut pourtant une épreuve pour elle, la proximité avec la roche et la disparition du ciel lui provoquant une certaine forme de claustrophobie. Fort heureusement, le spectacle en contrebas, lui fit oublier ses angoisses.
Les cristaux reflétaient les lumières comme autant de lucioles, d'étoiles multicolores.
Qui aurait crû que des merveilles pareilles se cachaient sous la terre ?
Tapahari était dans un état quasi-mystique lorsque les Gris vinrent leur parler, et elle écouta religieusement chacune de leurs paroles.
Ce fut à regret qu'elle suivit les explorateurs vers la sortie, non sans avoir adressée une prière de remerciement de son crû aux Gris.

Que leur réservait ce quatrième peuple d'Êtres du Voile ?
avatar
Messages : 318
Date d'inscription : 07/11/2010

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.elysionearth.net

Re: L'Expédition

le Dim 4 Nov - 19:08
Ainsi donc, l’Expédition reprit sa route vers ce nouveau peuple dont ils ne savaient presque rien. Certains d’entre eux étaient restés quelques jours de plus chez les Dizanvezel gris, qui n'avaient pas fini de dévoiler tous leurs secrets. Ainsi, les Aventuriers étaient presque au complet, et progressaient doucement mais sûrement, dans un terrain de plus en plus incertain.
Lors de leur entrée dans la forêt, ils avaient évolué au milieu d’immenses arbres, dans des terres humides, pleines de mousse, et recouvertes d’une épaisse couche d’humus. S’enfonçant peu à peu dans la forêt, l’humidité se fit plus importante, la terre plus grasse. Lorsqu’ils avaient rejoint les Gwezenntud, la mousse avait déjà presque disparu à terre, et la sol était souvent nu. Peu à peu, la terre était devenu plus sèche, et pleine de racines, et doucement, elle s’était transformée en quelque chose d'extrêmement dur du fait d’un réseau de racines réellement impressionnant. L’humidité ambiante rendait le tout très glissant, et donc assez dangereux.
Leur progression devenait de plus en plus complexe. Ils étaient harcelés par les moustiques, et surtout, les chariots se bloquaient régulièrement, les ralentissant terriblement, alors que les chevaux eux-même semblaient être en difficulté. Cependant, du fait de leurs repos réguliers, les aventuriers ne manquaient pas de sommeil.

Au bout d’une dizaine de jours de marche, à progresser dans les racines, dans l’humidité, dans la mangrove, ils finirent par aboutir, avec une immense surprise sur … un lac. un grand lac, dont cependant ils apercevaient la berge en face. Un grand lac, d’un vert foncé, manifestement assez profond. Il y avait une drôle d'odeur, qui les prenait à la gorge. Une odeur d’eau stagnante, croupie. Le lac reflétait les feuilles des arbres. Il y avait parfois un peu de mouvement, le plan d’eau se ridant sous l’effet du vent.
Et soudain, une racine sembla sortir de l’eau. Tous eurent un mouvement de recul. Les lianes quelques semaines avant leur avaient servi de leçon. Pourtant, le bout de mangrove ne sembla pas vouloir les agresser, et retourna dans l’eau. Alors quelques aventuriers se penchèrent, un tomba même à la renverse, s’avançant un peu trop, confiant dans les racines. Ils virent alors leur compagnon ressortir, trempé d'eau croupie, un peu marron, un algue sur la tête, dans les bras à la chair claire d’un personnage qui semblait mi-végétal mi-animal, comme colonisé par des plantes aquatiques et terrestres. Quelques champignons semblaient faire leur apparition sur sa peau. Il était impossible de réellement discerner un visage dans ce corps, mais il y avait une forme humanoïde. Cet étrange personnage posa leur compagnon, se retourna, repartit dans l’eau, puis, voyant que les aventuriers ne le suivaient pas, revint sur ses pas, et leur fit signe de venir avec lui.

Il y eut une hésitation. Puis … N’étaient-ils pas là pour explorer après tout ?

Et c’est ainsi qu’ils découvrirent un peuple farouche, défendant son territoire, et ayant divinisé la forêt les entourant. Pourtant, s’ils n'avaient pas les aventuriers dans leur coeur, ils semblaient tout à fait comprendre leur utilité: leur forêt se mourrait, semblait malade, corrompue. Eux n’en savaient pas la source, et les Dizanvezel non plus. Ils espéraient que ces êtres extérieurs puissent apporter une solution à leurs problèmes.
Ils vivaient dans l’eau du lac, qui était en réalité en très grande partie souterrain. Par endroits, il y avait des sortes de cavernes, de bulles d’air. Leurs habitations s’étendaient partout, sous l’eau, sur les rochers. Cela n'avait rien à voir avec aucune forme de vie, de civilisation ou de construction qu’aucun aventurier n'avait pu voir auparavant. D’ailleurs, ceux-ci ne s’établirent pas dans le lac, mais sur ses berges, et y plongeaient régulièrement. Ils sentaient bien qu’il y avait là quelque chose d’important.
Les Kabellstank, puisque tel était leur nom étaient farouches, timides, mais rarement très agressifs. En réalité, ils s’avéraient même très curieux du monde les entourant. Les explorateurs comprirent très vite l’importance de la religion pour ce peuple, qui leur parut très primitifs. Leur mode de communication leur resta flou un long moment. Au bout de quelques jours, ils se rendirent compte qu’ils étaient en réalité tous télépathes, et communiquaient par une sorte de pensée commune. En réalité, tous étaient reliés entre eux, et communiquaient via leur chef, qui n’était autre que … l’esprit de la mangrove.

Il fallut du temps aux explorateurs avant de comprendre tout cela. A vrai dire, pour la plupart d’entre eux, la raison de leur séjour n’était pas du tout une volonté anthropologique. Non. En réalité, une partie assez importante des aventuriers étaient intéressés par ce qui se trouvait dans le lac. Plusieurs fois, ils avaient aperçu des choses briller, des formes au fond du lac, alors qu’ils descendaient, maintenus en vie par les Tarimas, les Enfants de l’Eau et de l’Air qui permettaient à tous de respirer. Et peu à peu, ils comprirent la raison de ces choses au fond du lac: dans le lac se trouvait une idole religieuse des Kabellstank.
Il y avait dans le lac le tombeau de leur dieu dont le premier enfant était leur “chef” actuel : La mangrove, à qui ils faisaient des offrandes et des sacrifices réguliers. Ainsi, toutes leurs richesses étaient régulièrement dispersées au fond du lac.
Il allait sans dire que des yeux se mirent à briller, et des esprits s’échauffèrent. Ainsi, les plongées se firent plus fréquentes, et alors, un jour, ils découvrirent, au coeur même de la mangrove, dans un amas de lianes, de racines, dans lequel ils eurent un mal fou à se faufiler … Un passage.

Et dans ce passage, un boyau. Un long boyau dans lequel ils purent descendre comme dans un toboggan. Au fond de ce boyau, jonché de restes dont ils ne voulaient pas savoir l’origine, une salle. Et dans cette salle, des objets, des tonnes d’objets, certains rongés par l’humidité, et pour la plupart, brillants. L’excitation s’empara du groupe. Ils continuèrent leur exploration. Ils passèrent de salles en salles, arrivant toujours sur des objets plus précieux , des urnes, des coffres, et des runes mystérieuses. Et soudain, au bout, cela remontait, la mangrove semblait reprendre ses droits. Il n’y avait rien. Plus rien.

Plus rien ?

Si. Ils passèrent. Ils se frayèrent un passage, avec difficulté, avec excitation, dans un étau serré, et soudain, face à eux …

Un tombeau.

Le tombeau.

C’était une sorte d’énorme bloc de pierre, rongé par les ans, l’eau, et colonisé par les végétaux. La vie avait repris ses droits ici, et des insectes couraient sur la pierre runée, gravée. Tout cela leur semblait raconter une histoire. Il était situé dans un cocon de mangrove, formé uniquement de racines, mais si épais, si serré, que l’eau ne s’y infiltrait presque pas. Presque car tout ceci était là depuis des centaines peut-être des milliers d’années, et que l’eau ne leur arrivait qu’aux genoux.
Et soudain, manquant d’oxygène, la quinzaine d’explorateurs fut forcée de remonter. Ils firent un récit de leurs trouvailles, et le groupe était bien décidé à redescendre. Et à ouvrir ce tombeau.
avatar
Leviathan - Réprouvée du Sang et de l'Envie
Messages : 56
Date d'inscription : 04/02/2012

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Sam 17 Nov - 21:04
Eve avait guetté, longtemps, et avait passé tout son temps en chauve-souris pour ne pas être inquiétée de se faire repérer. Octave Quintus avait rempli son rôle à merveille : il s'était tu la plupart du temps, avait suivi, avait attendu. Mais plus important que tout : il avait transmis. Octave avait pu faire pénétrer le sanglant venin d'Eve dans la chairs de sous-fifres et autres palfreniers de l'expédition, à leur insu, pour, au moment venu, faire d'eux d'autres pantins. Et le moment était venu. Eve l'avait senti, ce fut comme une révélation : l'apocalypse. Ce tombeau n'était pas n'importe lequel. Et sa magie sanguine allait enfin pouvoir servir le Père de la meilleure manière possible.

Eve attendit que les aventuriers sortent du caveau pour plonger dans leur perplexité et leur euphorie. C'était maintenant ou jamais : il lui fallait absolument saisir sa chance ! Elle déploya alors, depuis un recoin torve de la caverne funéraire, sa magie pour accéder à l'esprit des gens contaminés. Ils étaient cinq, et loin, ce qui allait lui demander une très profonde et intense concentration. Parvenant à attirer les envoûtés jusqu'à elle sans qu'ils ne se fissent remarquer, elle les guida à travers la tombe, sentant monter en elle un frisson de grandeur. Elle n'était pas encore elle-même rentrée dans le caveau sous-marin. Son premier pas dans l'antichambre lui fit l'effet d'une décharge : il n'y avait plus aucun doute. Elle y entra comment on serait entré dans une cathédrale : avec déférence et humilité, les cinq errants à sa suite.

Octave Quintus se troubla. L'emprise du sang sur son corps s'amenuisait de plus en plus. Il y voyait maintenant clair, son esprit lui était revenu, mais ses membres ne lui répondaient pas. Il essaya de hurler. Il ne put que gémir lamentablement. Devant ses yeux se dressait une silhouette féminine, les bras étendus vers le plafond, deux globes écarlates tournoyant au dessus de ses mains. Ils étaient reliés par des filaments rouges à d'autres silhouettes disposés en cercles autour d'une sorte d'autel ou de grand coffre de marbre noir. Octave se rendit compte qu'un filament sortait de lui, et il sentit l'odeur. Une odeur de sang.

Eve avait entamé le rituel. Elle priait en son for intérieur qu'on ne vînt pas la déranger. C'était l'heure la plus cruciale de sa vie, il ne fallait pas que ce moment soit gâché. Les deux globes de sang cessèrent de tournoyer. Elle les rassembla en un seul, en murmurant des incantations inaudibles. Ils éclatèrent, éclaboussant toute la pièce, et surtout la tombe. Une lueur rougeâtre et surnaturelle s'empara alors du lieu, le plongeant dans un décors effroyable et sanguinolent. Elle força Octave à se lever et à la rejoindre. Puis elle fit de même avec les autres. Elle tendit un poignard au dernier arrivé, lui fit pencher la tête au dessus de la tombe et se trancher la gorge. Chacun leur tour, ils se suicidèrent sur son ordre sur le marbre noir.

Octave eut un hoquet au moment où la lame toucha son cou. Une larme roula sur sa joue, le couteau sur sa peau. Le sang emplit sa bouche, sa gorge, et se vida en geysers tandis qu'il restait debout. Il s'écroula, blafard, aux pieds du tombeau, formant ainsi la cinquième branche d'une étoile dont le coeur abreuvé recommençait à battre.

Eve s'agenouilla et ferma les yeux. Un battement commença à résonner dans la pièce. Puis un grondement, de plus en plus fort. Une palpitation qui venait de la tombe. Le sang rougeoyant pénétrait la noirceur marmoréenne, il bouillait, fumait, fulminait. Le couvercle était agité de soubresauts, et quand enfin il eut absorbé toutes les offrandes, il éclata.

A l'intérieur, un corps, entouré d'ombre.
avatar
Messages : 37
Date d'inscription : 31/07/2016

Votre personnage et ses relations
Âge: 22 et 22
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Sam 17 Nov - 22:03
Enfin ! Après des mois à ne voir défiler une nature peu rentable et clairement irritable, le dernier peuple laissait entrevoir à Anna, une chance d'accomplir son objectif : S'en mettre brièvement plein les bourses avant de les vider sur ces créanciers, se libérant pour un temps, de son statut de débiteuse. Cependant les mystérieuses et attirantes lueurs du lac se révélaient malgré les plongeons successifs, toujours aussi fuyantes. Il allait pourtant bien falloir que ces terres et ces eaux passent à la caisse ...

Meli, loin des ambitions pécuniaires de sa comparse, voletait gaiement dans les alentours, tâchant sans cesse de surprendre les silhouettes subtiles des si discrets habitants. Elle sentait entre eux et la mangrove, un lien incroyable. Il lui rappelait celui des siens avec les bois de Minos. Toutefois, elle ne pouvait négliger les voraces appétits de nombreux aventuriers stimulaient par le simple scintillement de ce qui n’était peut-être que quelques babioles. Cette cupidité se mêlait à la touffeur des lieux et ne faisait que rendre l’atmosphère plus électrique. Quelque chose allait se passer et personne n’en ressortirait indemne.

Anna avait pris en compte l’inquiétude de Meli mais de toute façon, qu’elles se mêlent ou non au flot des pilleurs, elles n’étaient qu’une minuscule force qui n’avaient pas la moindre chance, de dévier la fatale entreprise dont les rouages s’imbriquaient avec ardeur.

Un tombeau avait été découvert. Une bonne partie de la troupe n’avait plus qu’un désir : L’ouvrir et récupérer tout ce qu’il serait possible de trainer hors des lieux. Mêle le plus profane des individus ne peut savoir que cet acte, pure profanation, ne manquerait pas de changer la distance dont faisait preuve les locaux, en une crue véhémence. Anna ne sut pas quoi dire à Meli. Cet aspect de la vie d’aventurier, elle l’avait jusqu’alors soigneusement dissimulée.

« Anna, on ne peut pas faire ça ! Lorsqu’ils voudront reprendre ce qui est à eux et se venger de ce pillage, ce sera l’affrontement et ils mourront simplement pour avoir défendu ce qui pour eux était sacré ! Ce n’est … Ce n’est pas juste de faire cela ! Nous ne faisons pas cela. Tu ne fais pas cela !

- Meli … Notre activité exige parfois certains sacrifices éthiques. Le monde n’a rien de juste. Tu croyais quoi ? Qu’autant de monde ferait le voyage dans ces régions de merde pour le plaisir de découvrir la faune et la flore locale ? Ceux qui viendront défendre ce tombeau … Ce sera leur choix. Les conséquences nous hanteront mais cela fait partie de la vie en dehors de Minos, Meli. Je t’assure toutefois que j’essaierai au mieux de prévenir les tueries inutiles. Et puis peut-être que ce tombeau ne contient rien et que nous pourrons l’explorer discrète… »

A ce moment précis, une secousse remua le sol. Tout le monde tourna la tête dans la même direction : Le tombeau.

_________________
avatar
Vagabond commerçant
Messages : 44
Date d'inscription : 13/04/2017
Age : 24
Localisation : ... Eh, mais... j'suis où ?

Votre personnage et ses relations
Âge: 18 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 0:46
Zel n'aime pas l'humidité. Vraiment pas.
Déjà, sur l'Envolée, il essayait d'éviter autant que faire se peut les embruns salés de la mer. Ce qui n'était pas facile quand on le plongeait de force dans celle-ci pour lui apprendre à nager.
Et maintenant, dans ces fichus marais, il se retrouve avec les ailes constamment détrempées. Et il n'ose pas les agiter pour les sécher de peur que quelqu'un les aperçoive.

Mais il faut bien avouer que l'intérêt de l'endroit l'emporte sur sa mauvaise humeur. La faune et la flore de la mangrove est impressionnante. Il n'a jamais rien vu de tel sur Minos, ni même durant l'expédition. L'esprit scientifique du garçon est constamment en ébullition. Il a rapidement fabriqué quelques répulsifs contre les insectes à partir de plantes exhalant une odeur citronnée. Sur les conseils de Xerxes, il les a vendu au lieu de les distribuer simplement et s'est même réuni une jolie bourse.

-Je me demande quand même si ce n'est pas un peu mal d'avoir fait ça...

Perché dans un arbre, loin de l'eau poisseuse du marais, l'Aniformus fait rouler quelques pièces entre ses doigts comme il a vu des soldats le faire souvent pendant les parties de jeux d'argent - jeux dont le garçon n'avait jamais réussi à apprendre les règles, comme le Sloubi ou le Cul de chouette. C'est drôle, il est... content. Sans trop savoir pouruqoi. Ce n'est que de l'argent, mais d'en avoir autant... Mais tout de même, c'est pas un peu mal d'avoir vendu son produit ?

-En même temps, ils ne l'auraient pas acheté si le prix n'avait pas été honnête... Si ?

Il hésite.

-... Et puis, j'ai donné une potion pour éviter les maladies au monsieur tombé dans l'eau, l'autre jour... Ça équilibre, non ?

Il ignore s'il en est sûr ou essaie de se convaincre lui-même.

-Hum... je devrais peut-être redistribuer l'argent... Mais elles sont quand même jolies ces pièces...

C'est un bruit sourd accompagné d'une secousse qui interrompt ses pensées en le faisant sursauter... et précipitant dans le même temps ses pièces dans le marais, sous lui.

-Non, pas ça !

Il se laisse immédiatement tomber de la branche où il se tenait pour poursuivre son butin... laissant par réflexe ses petites ailes se déployer pour ralentir un minimum sa chute. Arrivé au sol, il fouille dans l'eau. Malheureusement, c'est bien le quart de ses pièces qui est perdu à jamais dans la vase.

-Nom de...

Zel s’interrompt en plein milieu de son juron. Ses ailes ! Il les rabat vivement sous sa tunique, se fustigeant intérieurement. Crétin de crétin de crétin de cochon volant ! Si quelqu'un l'a vu... Mais avec le bruit et l'agitation, la plupart des voyageurs a le regard tourné vers le tombeau, d'où provient le son. Peut-être que personne ne l'a vu... Peut-être.

-Qu'est-ce qui se passe ? demande le garçon à un membre de l'expédition après s'être approché de lui.

-Chais pas, ça v'nait du tombeau. J'espère qu'c'est pas un d'nos gars qu'a tenté d'l'ouvrir, ça risquerait de mettre ces types en rogne, répond-il en désignant un groupe de Kabellstanks.

Zel hésite. Que faire ? Rejoindre l'origine du bruit ? C'est un peu dangereux, non ? Et si c'était une explosion ? S'il y en a d'autres, il pourrait être blessé... Mais si il y avait quelqu'un là-bas, peut-être qu'il y a déjà des blessés !
Cette dernière pensée le pousse à agir. Sans attendre plus longtemps, il court en direction de l'origine du bruit.

_________________
Character theme : https://www.youtube.com/watch?v=K3uxxpsbVgA
Avatar : Personnage, fond

Et n'oubliez pas : je suis le Sky-Pig !
avatar
Tueur de l'Ombre, froid et sanguinaire
Messages : 218
Date d'inscription : 29/03/2011
Age : 31
Localisation : Non loin de ma prochaine cible

Votre personnage et ses relations
Âge: 28 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 12:21
Angel ne s’était pas trompé. Cela allait être intéressant. Il y avait quelque chose au fond du lac qui allait tout changer.
Ainsi donc ils étaient au bord d’un lac croupi peuplé de champignons géants et bigots. Champignons géants et bigots qui offraient toutes leurs richesses à leur dieu à les jetant dans le lac.

*Bande d’idiots.*

Angel ne se fit pas prier pour aller plonger. Les richesses ne l’intéressaient pas. Par contre, les possibles artefacts, oui. Et la D.A.D. Lui permettait de tenir en apnée étonnamment longtemps. Il en profitait donc.
Cependant, il gardait toujours un oeil sur l’enfant, dont le comportement lui paraissait étrange, au moins tout autant que sa croissance soudaine. Il sentait confusément que quelque chose d'important arrivait, quelque chose de déterminant mais sur lequel il ne parvenait pas à mettre le doigt.
Et c’est alors qu’il perdit le gamin une nouvelle fois. Peu après qu’il se soit rendu compte de cette perte -il était décidément très mauvais baby-sitter - -mais pouvait-il encore être considéré comme un baby-sitter alors que celui qu’il gardiennait avait à présent une dégaine d’adulte ? Pas sûr- un bruit d’explosion se fit entendre. Immédiatement alerté, Angel fila vers l’origine du bruit.

*Bon sang, qu’est ce qu’il a encore foutu ce maudit gosse ?*

Mais quoi qu’il se passe sous le lac, ce ne serait jamais la plus mauvaise nouvelle de la journée d’Angel. Un éclair de cheveux blancs venait d'apparaître dans son champ de vision.

*Et merde. Crève.*

_________________
Je suis mort il y a longtemps
Et aujourd'hui je renais de mes cendres
Pour donner à la mort le monde entier
Et te prouver mon amour sanguinaire

Angel Dust

avatar
Messages : 75
Date d'inscription : 27/11/2016

Votre personnage et ses relations
Âge: 33 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 13:01
Tapahari nageait dans le lac, sous sa forme de tortue marine. Ses nageoires puissantes la propulsaient avec aisance au milieu des lianes qui formaient des cathédrales sous-marines, des arches, des voûtes en se croisant et en se mêlant aux algues qui s'y accrochaient.
Ce lac, sombre, aux eaux calmes et emplies de végétation, était la demeure d'un peuple fascinant et se situait pile à l'endroit où elle sentait cette présence spirituelle battre comme un coeur géant dans Crannsliabh.
Deux Kabellstank l’accompagnaient, nageant comme des anguilles et tournant autour d'elle, leurs visages difficiles à lire mais leur comportement empli de curiosité à l'égard de la chamane. Elle n'était pas télépathe, ni ne pouvait parler ainsi métamorphosée et sous l'eau, mais elle faisait de son mieux pour répondre à leur curiosité. Elle avait vu l'avarice naître chez de nombreux membres de l'Expédition, lorsqu'ils avaient découvert les richesses déposées au fond du lac par ce peuple religieux, et en avait été attristée. Elle n'avait que faire de richesses matérielles, sa vie tournée vers des considérations beaucoup moins terre-à-terre, même si elle comprenait que cela puisse donner envie.
Elle espérait juste que ce pillage à demi-caché seulement ne provoquerait pas de conflits avec les habitants du lac, tout en craignant que ce soit le cas à un moment donné.

Pour l'heure, elle nageait tranquillement, observant sans chercher à s'imposer la présence de l'esprit de la mangrove, comme un poisson qui viendrait se rapprocher d'une baleine, émerveillée par ses dimensions.
Lorsque l'explosion retentit, sa perception de chamane était grande ouverte et elle perçut instantanément la rupture dans le coeur de la mangrove, comme si une lame venait de le transpercer. Les Kabellstanks qui l'accompagnaient s'agitèrent aussitôt suite à ce bouleversement dans leur psyché, et la chamane ne put qu'imaginer leur détresse soudaine face à ce qu'elle n'avait fait que vaguement ressentir.
En un instant, ils avaient filé vers leurs demeures, la laissant seule au milieu des eaux sombres.
Par les Anciens, qu'avaient-ils faits ?

Tapahari remonta à la surface, craignant qu'un des Explorateurs n'ait commis un acte irréparable.
Une fois sur la berge, elle reprit forme humaine et, sa robe trempée alourdie et collante sur sa peau, elle se mit à courir pour rejoindre le campement de l'Expédition, serrant ses amulettes en priant les Esprits pour que tout se termine sans effusion de sang.
avatar
Belphégor - Réprouvé hibernatus
Messages : 44
Date d'inscription : 03/12/2012

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 15:24
Achéron avait encore grandi.
Il ressemblait plus à un jeune homme qu'à un adolescent désormais, son visage s'était affuté, perdant les rondeurs de l'enfance. Son expression, plus dure, le rendait moins avenant, surtout avec ces vêtements qu'il avait récupéré parmi les affaires de l'Expédition, ses tresses renforçant son côté sauvage et cet étrange marteau attaché à sa ceinture. Il avait trouvé l'arme dans la décharge, profitant de ses pouvoirs pour l'explorer pendant une durée infinitésimale. Le marteau lui convenait, lui rappelant celles utilisées par ses parents autrefois.
Son caractère n'avait pas foncièrement changé au demeurant, restant parmi l'Expédition celui qui dormait le plus, même s'il prenait un peu plus de place qu'avant et qu'il avait tendance à parfois disparaître pour réapparaître ailleurs.
L'approche du lac l'avait réveillé.
Vraiment réveillé.
Il y avait dans ces lieux quelque chose qui le faisait vibrer de l'intérieur, comme un ronronnement de matou qu'il aurait eu allongé dans son dos. Alors que tous s'excitaient sur la présence de richesses dans les eaux, Achéron n'avait d'yeux que pour ce qui se situait plus profond...

Tic.
C'était vraiment une sensation étrange.
Le temps s'arrêtait, il pouvait se déplacer et interagir avec les choses - dans une moindre mesure, les êtres vivants restaient inamovibles, il avait essayé - tandis que d'autres choses échappaient totalement à la logique lorsqu'il tentait d'agir dessus.
Comme l'eau du lac par exemple, qui le fuyait comme de la vapeur, et avait la consistance d'un nuage en lieu d'une masse liquide. Du coup, il ne pouvait nager hors du temps, mais pouvait progresser en ouvrant un chemin dans le fond plein de vase du lac, un tunnel temporaire qui avait la forme du Réprouvé.
La vase lui arrivait presque aux genoux, et cela le fatiguait d'avancer, mais les quelques repères qu'il avait lui permirent de bientôt tomber sur le boyau donnant accès au tombeau enfoui sous les eaux.

Tac.
Le tunnel qu'il avait creusé dans le lac s'effondra sur lui-même, l'écoulement du temps rétablissant celui naturel de l'eau dans un léger jaillissement.
Le tombeau sentait la mort, le sang, la magie et le parfum envoûtant de sa soeur.
Achéron n'accorda qu'un bref regard aux cadavres qui jonchaient la salle tandis que le rituel d'Eve se terminait sous ses yeux et que le cercueil éclatait, révélant son contenu. Le Réprouvé sourit en voyant Eve agenouillée, sa belle robe tâchée de sang. Elle semblait prier, mais aussi incroyablement heureuse.
Achéron s'approcha de sa soeur, et posa une main sur son épaule. Sa voix, plus grave qu'avant, résonna dans la salle qui vibrait encore de l'explosion du cercueil :

- Père sera content. C'est l'heure.

Tic.
La pression sur ses tempes était plus forte, mais il parvint à amener Eve avec lui dans le temps infinitésimal.
Ensemble, ils pourraient ainsi sortir sans que l'Expédition ne s'aperçoive de leur présence. Achéron sentait que c'était la chose à faire, même si c'était fatigant.

_________________
avatar
Messages : 13
Date d'inscription : 05/12/2017
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 19:25
C'est au cœur des terres du peuple des marais,
Que le dernier acte d'une pièce tragique,
Dévoile sa triste mécanique, sous les yeux effarés
D'êtres si variés ; le sublime anarchique,
Sortira d'un instant l'autre du tombeau égaré,
Les hérauts de l'astre de leur art méphitique,
Ces fléaux ont tranché les liens du séparé,
A l'air libre, l'héritier des arias chaotiques,
Menacera bien plus qu'une pointe adirée,
Son souffle semant son nom sinistre azoïque.
avatar
La Vampire qui habite dans une cave
Messages : 238
Date d'inscription : 11/11/2010
Age : 23

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 19:53
Le jeune Darah avait donné des conseils à Zel un peu plus tôt quand il avait vu la création du répulsif à insecte particulièrement efficace, cela lui avait paru d'ailleurs nécessaire car la présence des moustiques en si grand nombre aux alentours de la mangroves, suçant le sang des membres de l'Expédition et se trimballant avec le ventre rempli de sang lui envoyait des frissons à travers le dos. Il n'aurait pas mangé un moustique ou deux, non, restons hygiéniques mais aller les imiter par contre ...

Et puis il pourrait en profiter pour demander au jeune Voyageur de lui payer un coup à boire ou deux car les bourses de Xerxès étaient dangereusement vides dernièrement. D'ailleurs le voilà au loin perché sur une branche tel le phénix des hôtes de ces bois. Le Darah s'avança vers lui d'un pas rapide, comptant bien réclamer un dû qu'il ne méritait pas surtout en apercevant la lumière dorée clignoter entre les mains de Zel de son seul oeil. Une bonne raison d'accélérer le pas !
Et soudain un bruit sourd retentit, un léger tremblement au niveau du sol de la mangrove fit vaciller le coureur qui par réflexe se cacha derrière un tronc comme un animal apeuré. La couardise dans sa famille se transmettait comme une maladie génétique.

De petits éclats dorés tombèrent de la branche directement dans le marais en dessous et Zel se jeta de son perchoir, dangereusement. C'est alors que l'impensable se produit : une paire d'aile lui poussa au dos, le faisant comme tomber au ralenti alors qu'il plongeait.
Il ressortit du marais quelques secondes plus tard en jurant sur le fait qu'il venait de perdre ses pièces, puis parti au galop avec ses petites jambes. Xerxès DEVAIT lui demander et si possible avec peu de tact pourquoi il lui avait caché un tel secret ! Mais avant cela ...
Il s'approcha rapidement de l'endroit où les pièces étaient tombées et commença à psalmodier doucement et à refaire les évènements dans sa tête, une technique qu'il s'entraînait à utiliser depuis un moment

- ..uerre, la corruption politique, les gens qui mâchent la bouche ouv... ssins de ma famille, les critiques d'arts ...

Soudain la poupée sur son épaule sembla s'allumer, s'animer d'une vie propre, entourée comme de petites volutes. Xerxès inversa la trajectoire des pièces qui étaient tombées devant son oeil, elles étaient forcément là et en effet elles se mirent à remonter doucement à travers la fange et flottèrent doucement dans les airs avant qu'il ne les attrapent et ne les enfournent dans sa bourse avidement. Puis il se retourna et tapa un sprint pour rattraper Zel qui heureusement ne courrait pas trop vite.

- Zel Zel Zel Zel Zel Zel Zel Zel Zel ! Où cours-tu avec tant de zêle et surtout pourquoi m'as-tu caché tes ailes.

Il appuya fort la liaison entre tes et ailes pour former le nom de son compagnon avec un sourire, fier de son jeu de mot. Puis il annonça avec un clin d'oeil

- Désolé tu as échoué à ton jet de discrétion !

_________________

avatar
Messages : 318
Date d'inscription : 07/11/2010

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.elysionearth.net

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 19:55
Cela faisait déjà une vingtaine de jours qu’ils étaient aux abords du lac. Les températures augmentaient, et ils avaient déjà essuyé quelques averses qui rendaient l’atmosphère plus étouffante. S’opposant aux Kabellstank, beaucoup d’explorateurs redescendaient souvent dans le lac. Très souvent. Evidemment, la découverte du tombeau entouré d’objets précieux avait échauffé les esprits. Ils voulaient ouvrir, savoir ce qu’il y avait dedans.
Il leur fallut du temps. Certains d’entre eux plongeaient au fond du lac pour ramasser des objets. Certains cachaient leur cupidité sous un but archéologique; D’autres disaient vrai et voulaient vraiment en savoir plus sur les Kabellstank et leurs coutumes. C’était un peuple étonnamment riche. Leur culture était développé mais très éloignée de celle des aventuriers. Le plus impressionnant était sans aucun doute leur ferveur religieuse, et son expression se faisait par la peur: ils craignaient ce qui risquait de leur arriver si les nouveaux-venus défiaient leur Dieu. Evidemment ils ignoraient que leurs offrandes étaient en partie récupérées. Tous les explorateurs n’étaient même pas au courant de ça. A vrai dire, tous n’étaient pas d’accord sur la conduite à tenir par rapport à ce tombeau. Cela créait une tension palpable dans le groupe.
Pourtant le groupe semblait animé par quelque chose, qui les poussait à y revenir, à toujours tenter de l’ouvrir. Il y avait une fièvre autour de ce tombeau, et finalement, tout le monde était curieux: qu’y avait-il à l’intérieur ?
C’est ainsi qu’un jour, que presque tous les jours, on y descendait. Et un jour, le 11 Zabulonien 2783 selon le calendrier, un explosion se fit entendre. Volgrim, que la situation mettait dans une position très inconfortable, fit un bond, et se précipita vers l’origine du bruit, mu par la curiosité. Et soudain, il vit autour de lui que d’autres y allaient aussi, et que le bruit venait manifestement d’en-dessous. Alors, il reprit son rôle de commandement.

Stop ! Arrêtez vous ! Personne ne descend.

Sa grosse voix venait de tout dominer, amplifiée par un enchantement de son fait. Instantanément, on s’arrêta. Au même instant, on vit la surface de l’eau bouillonner, et des Kabellstank en sortir. Il était difficile de juger de leur état émotionnel au vu de leur visage toujours assez inexpressif -ou en tous cas dont ils ne savaient pas lire les expressions- mais Volgrim savait que les ennuis arrivaient. Cela lui fut confirmé lorsque derrière lui il entendit une voix claire.

Qu’est-ce qui se passe ici ?

*Bon sang. Toujours au bon moment.*

C’est Kar ! Etrangers, vous avez provoqué son courroux !

Volgrim soupira, fatigué par avance. Il avait soudain à gérer les fruits de son laxisme, un étrange bruit, des Kaballstank furieux et effrayés et le retour de l’envoyée d’Eaque, Séléné Saralondë. Et vraiment, il ne savait pas comment faire. Une poigne ferme se fit alors sentir sur son épaule, et Morena Hauterres l’écarta.

S’il vous plaît, ne nous énervons pas. Nous allons dépêcher une équipe réduite de nos plus valeureux soldats pour descendre. Nous verrons bien ce dont il est question.

Volgrium n’eut pas la force de protester.

Granti, Manok, Merirosvo, Talok, Talioshät, Ul, avec moi !

Et ainsi fut rassemblée une équipe d’exploration, à laquelle deux Kabellstank ainsi que Saralondë se greffèrent. Volgrim savait très bien pourquoi sa seconde avait choisi ces hommes: ils étaient certes efficaces, mais surtout ce n’étaient pas leurs meilleurs soldats et certains étaient déjà déséquilibrés. Ainsi, s’ils les perdaient ou qu’ils devenaient fous, ce serait moins grave. Morena, elle aurait toujours moyen de se protéger.

Morena Hauterres descendit donc, accompagnée de neuf autres personnes, dans le lac, et franchit les boyaux menant au tombeau. Elle sentit peu à peu le courroux et la frayeur des Kabellstank grandir près d’elle, alors que les soldats s’étaient déployés autour d’eux. Elle avait la tête de la petite équipe, mais derrière elle, il y avait Merirosvo, suivi de Saralondë, suivie des deux Kabellstank, suivis du reste des soldats.
Mais rien ne les avait préparés à ce qu’ils virent en arrivant au fond des boyaux. Rien.
Devant eux s’étendait le plus effroyable des spectacles.
Devant eux, baignant dans une mare de leur propre sang, 5 hommes, disposés en étoile, la gorge coupée. Et, au centre, le tombeau, éclaté. Dans le tombeau, un corps momifié, sans âge, devenu marron, entouré d’ombre.
Les dix étaient figés, pétrifiés par cette vision. Et soudain, Merirosvo s’approcha.

Non !

Trop tard. Il s’était approché du corps, l’avait effleuré. Un souffle balaya la pièce. Le soldat fut soufflé, à terre. Si eux-même ne furent pas atteints, ce fut seulement car Séléné Saralondë avait déployé une sorte de bouclier protecteur autour d’eux.

Il faut sortir de là. Et vite. Donnez l’ordre immédiatement.

Au ton de la femme, Morena comprit qu’elle n’avait aucun intérêt à protester, et ordonna le repli, après qu’ils soient allés chercher Merirosvo, encore couché à terre. Elle identifia assez rapidement les 5 corps. Elle sentait les Kabellstank vibrer près d’elle, elle avait la sensation de sentir leur haine, et leur terreur.
Lorsqu’ils firent revenus à la surface, elle vit aussi le visage furieux de Saralondë, et les éclairs que lançaient ses yeux. Elle échangea deux mots avec les Kabellstank, et alla voir Volgrim. La conversation parut animée à Morana, qui ne put intervenir. Elle ordonna aux soldats de se taire sur ce qu'ils avaient vu, et les envoya avec Merirosvo auprès le Regulus Kabrol. Elle eut à peine le temps de faire ceci que Volgrim s'approcha d’elle.

Fais-les taire. Tous. Et prépare le départ. Je descends.

Sa mine était sombre. Elle ne posa pas de questions et s’exécuta. Lorsque Volgrim remonta, la mine sombre, accompagné de Saralondë avec un visage fermé, elle sut que les ennuis avaient commencé.

On part. Maintenant.

Aucune explication supplémentaire ne fut donnée aux Explorateurs. Aucun n’avait pu redescendre au tombeau. Personne n’avait dit ce qu’il s’était passé en bas. Volgrim Sil’Gabor ne donna pas non plus d’explication sur les raisons de leur départ, quoique tous, au fond le savaient: ils avaient profané tout ce qu’il y avait de sacré chez les Kabellsatnk.
Volgrim, lui, venait de vivre un des moments les plus pénibles et humiliants de toute son existence. Séléné Saralondë n’avait pas mâché ses mots, mais il n’avait pas protesté: il savait que c’était de sa faute, à lui et à lui seul. Le pillage ne faisait pas partie, en aucun cas, des choses acceptées par le gouvernement d’Eaque, lui avait-elle rappelé, et c’était à lui de faire ici appliquer la loi. La responsabilité de ce désastre lui incombait complètement lui avait-elle rappelé. Humilié, blessé dans son orgueil, mais conscient de la véracité de ces dires, il l'avait laissée négocier avec les Kabellstank, et leur éviter une bataille rangée, une extermination possible, sous contrainte de repartir immédiatement, sans jamais revenir sur leur territoire, ni y envoyer qui que ce soit. Le peuple ne voulait même pas récupérer les fruits des pillages: les offrandes avaient été souillées. Il devrait apaiser la colère de son dieu eux-mêmes.
Et, très vite, ils partirent, alors que dans les rangs enflaient mille rumeurs sur les raisons de leur départ précipité. En parallèle, Volgrim faisait mener une enquête sur qui avait pillé, qui avait profané le tombeau, et les cinq hommes retrouvés dans la caverne. Quelque chose avait changé.Tous, à présent, savaient que la forêt renfermait des secrets et des richesses. Beaucoup étaient avides d’argent. Ceux qui avaient pillé gardaient farouchement leur butin. Les autres faisaient tout pour ne pas être inquiétés.
Ce qu’ils ignoraient, c’est qu'ils étaient suivis. Entre les arbres serpentaient d’immenses créatures qui les observaient.


[Et voilà le nouveau tour ! A noter: personne ne sait réellement ce qui s’est passé sous l’eau évidemment ! Mais cela peut avoir un lien avec vos rumeurs précédemment envoyées par MP ! Wink Par rapport à ce qui vous suit, vous pouvez les remarquer ou pas, et y réagir ou pas, suivre ceux qui y réagissent ou pas … A vous de jouer, vous avez deux semaines !! Wink ]
avatar
Métisse tourmentée (et bigame)
Messages : 659
Date d'inscription : 02/09/2011
Age : 26
Localisation : Peut-être juste derrière toi, peut-être n'importe où ailleurs

Votre personnage et ses relations
Âge: 23 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateurhttp://in-my-bubble.over-blog.com

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 19:56
Séléné était restée longtemps chez les Gwezenntud. Trouver un accord lui prit du temps. Ce n’était pas simple, évidemment, mais chacun put finalement y trouver son compte. Il fut décidé que le territoire restait celui des Alfs de Crannsliabh. Ils en étaient entièrement maîtres, comme ils étaient maîtres des ressources sur son sol. Des traités commerciaux furent mis en place, permettant à chacun de tirer avantage de la forêt. Séléné s'était refusée à spolier ce peuple de sa terre. Quant à l’autorité Eaquienne, elle avait réussi à négocier une application des lois du continent principales à Crannsliabh, mais pour le reste, un certain nombre des règles de ce nouveau peuple s’appliquaient toujours. Ils allaient de plus installer des portails dans Crannsliabh pour faciliter le passage et la communication. Il avait fallu de longues heures de négociation pour arriver à cela; cela s’était avéré compliqué pour la métisse: si elle s’était écoutée, elle aurait simplement fait signer une déclaration d’indépendance, et déclaré Crannsliabh comme n'étant pas partie du continent Eaquien, comme un nouveau pays, déterminé par les montagnes. Mais elle savait pertinemment que ce n’était pas ce qui était attendu d’elle; elle ne pouvait pas espérer conserver son poste en revenant avec ces nouvelles là. Or, au vu de ce qu’elle apprenait peu à peu au fur et à mesure des investigations menées par Siffroy, Béhékine et elle-même … Il fallait qu’elle garde son poste, même si par moment elle aurait préféré aller se terrer sous terre pour toujours.
Il y avait autre chose à ajouter à cela. Cette forêt faisait naître en elle des sentiments contraires. Il y avait d’un côté cette sensation de puissance magique, d’un canevas indivisible, imperceptible. Il lui semblait qu’il avait là quelque chose d’incroyablement fort, caché. Une chose qui pulsait et irriguait, sans qu’elle ne soit capable de dire si c’était bienveillant, ou malveillant. mais elle avait la sensation de quelque chose, sans pouvoir expliquer quoi, qui la fascinait et la repoussait à la fois. D’un autre côté, la forêt, la nature, les arbres, les bêtes, la vie suspendue, le rapport au monde des Gwezenntud, leur mode de vie, l’escalade, le ciel si proche, tout ici la faisait vibrer. Elle avait 26 ans. Elle avait 26 ans, et une vie déjà bien remplie derrière elle. En 26 ans, elle avait connu le bonheur imperceptible de la famille, et le massacre de ce bonheur, elle avait connu la fuite, la torture, la prison, la trahison, les déceptions, l’amitié, le soutien, l’amour, la perte, les batailles, les négociations. Elle avait vu sa tête mise à prix, et avait été réhabilitée. Elle avait connu la jalousie, la flagornerie, elle avait voyagé, s’était blessée, avait été pourchassée. Elle avait connu la guerre, avait vu des gens revivre. Elle avait vécu en ermite, et dans une grande ville. Elle avait été seule, et elle était à présent entourée de deux partenaires. Elle avait été illégale et était à présent membre du gouvernement qui avait voulu sa peau. Elle avait un pacte avec un démon et un vieillard pour trouver des informations sur une menace plus grande que tout. Et elle n'avait que 26 ans. Cette forêt faisait chanter en elle des envies, des désirs, des besoins même de liberté. De retour à cette nature. Autant dire, de fuite. Cela l’effrayait. Chaque jour supplémentaire pour elle chez les Gwezenntud lui donnait plus envie encore de ne jamais revenir. Pourtant, on avait besoin d’elle, non ?
C’est pour cela qu'une fois l’accord signé, après une dernière nuit agitée, elle décida de partir rejoindre les explorateurs. Lezig lui indiqua où ils étaient: autour du Lac Sacré, demeure d’un autre peuple lui expliqua-t-elle. Aodren l’accompagnerait, ils y seraient rapidement, sans son cheval. Il leur suffirait de repasser par là pour récupérer la monture.
Rapidement ? Ceci la fit tiquer. Cela faisait plus de trois semaines que les autres étaient partis. Comment … ?
Pourtant, l’explication lui arriva très vite. Ils firent quelques kilomètres à pied, et Aodren la fit monter à un arbre, et une fois extrêmement haut, modula un long, très long sifflement. Alors qu’elle allait demander sa signification, un drôle de bruit, entre le sifflement et le chuintement se fit entendre entre les feuilles. Elle vit quelque chose bouger, avec un mouvement serpentant, proche de l’anguille. Et soudain devant elle, il y eut une des créatures les plus majestueuses qu’elle n'avait jamais vues. C’était une créature sans ailes, mais qui volait quand même. Il était immense, recouvert d’écailles de teintes dans le vert, et avec des petites pattes. Son visage rappelait celui d’un …

Dragon ?

Elle cligna des yeux. La créature la regardait droit dans les yeux, et dans ces pupilles vertes, elle eut soudain la sensation de lire l’univers entier. Il y avait sur son dos une sorte de crête osseuse recouverte de poils. Son corps entier semblait pouvoir s’enrouler sur lui-même. Elle n’avait jamais vu cela. Ca ne ressemblait à aucun des dragons qu'elle avait déjà pu voir sous forme de gravures ou de dessins, ces énormes reptiles légendaires, ni même à Lampion. Ses immenses moustaches et sourcils semblaient flotter librement, sans souci de la gravité ou du vent. La métisse était fascinée.
Aodren rit de nouveau et lui expliqua: c’était une de leurs montures. Les dragons, car c’en était une espèce, vivaient à Crannsliabh, dans une sorte de couche supérieur du couvert des arbres, et dans d’autres parties de la forêt. Eux avaient un accord avec eux: ils les hébergeaient dans des nids pour protéger leurs petits, ne les chassaient pas, et leur fournissaient de la nourriture s'ils en avaient besoin. En échange, les dragons les transportaient plus vite que n’importe quel éléphant.
Ainsi, elle imita Aodren, et s'installa près de la tête de l’animal, calée par ses pattes avant. Aodren s’accrocha aux poils de la crète, et elle s'accrocha à Aodren. Et ils filèrent.
La sensation de liberté fut incomparable. Séléné respirait, volait, flottait, filait. Elle se sentait vivante plus vivante que jamais. Plus heureuse que depuis bien longtemps.
Pourtant ce sentiment de sérénité et de plénitude fut vite brisé lorsque quelques heures plus tard, après avoir slalomé entre les arbres, elle entendit une détonation. Aodren aussi l’avait entendue, et fit presser leur monture. Lorsqu’ils arrivèrent, à peine quelques secondes plus tard, Séléné vit le camp, les aventuriers qui filaient vers le lac, et entendit la voix de Volgrim. Alors qu’elle s’interposait, le dragon repartit. L’avait-on aperçu dans la pagaille ? Rien de moins sûr.
Ce qu’elle découvrit sur place la fit sortir de ses gonds. Cette bande de rustres avait pillé un territoire qui n’était pas le leur, piétinant tout ce qu’il y avait de sacré chez un peuple pacifique qui leur avait offert l’hospitalité. N’avaient-ils aucune éducation ? Et Volgrim, leur chef, les avait laissé faire, n’avait rien encadré ? Pouvait-il encore être appelé un chef après cela ? Méritait-il encore un quelconque respect ?
Sa colère et son mépris montaient alors qu’ils descendaient sous le lac. Elle sentait le désespoir des Kabellstank, et le sentiment d'indignité montait en elle, plus fort que tout. A cela se mêlait un sentiment de malaise, de picotements, de nausées, comme si trop de magie l’entourait. Elle avait soudain un très mauvais pressentiment.
Lorsqu’ils arrivèrent devant le tombeau, celui-ci se confirma.

*Merde.*

Elle n’eut le temps de rien qu’un homme aux cheveux longs, un des soldats, s'approcha du tombeau, l’effleura, comme fasciné, avec à peine un regard pour les hommes morts, le sang. Trop tard. Elle eut simplement le temps de déployer un bouclier magique autour de ceux qui l’entouraient qu’une explosion supplémentaire sembla se déclencher, comme si l’ombre qui entourait la momie se déployait soudain.

*Merde.*

Elle avait un doute affreux, qu’elle tut. L'homme avait été soufflé, mais n’était pas mort. Elle se promit de le surveiller de très près, et donna l’ordre de remonter. Une fois à la surface, elle s’excusa auprès des Kabellstank manifestement hors d’eux et morts de peur à la fois -qui ne le serait pas?-, et alla éclaircir la situation avec Volgrim, avant de descendre chez le peuple du lac. Elle rappela de très nombreuses fois sa responsabilité à Volgrim, avant de négocier un départ immédiat. Elle s'excusa platement, au nom de tous les explorateurs. Sa rage était contenue, sa tristesse aussi. Mais le savon final qu’elle passa à Volgrim les exprimait. Il n’y avait que sa terreur qu’elle ne laissa pas sortir. Car elle était terrorisée.
Le sang. L'étoile. Le tombeau. L’ombre. La momie. Et si cela avait un rapport avec son enquête, celle qu’elle menait depuis des mois ?
Mue par un soudain sentiment d’urgence, alors que l’expédition reprenait, elle demanda une place pour s’asseoir, afin de pouvoir écrire. Elle fut envoyée sur une des caravanes, à côté d’un garçon roux, qu’elle salua. Puis, elle écrivit deux lettres. Une pour ses Souverains, afin de leur expliquer ce qu’elle avait vu. L’autre à Siffroy, bien plus détaillée, pour l’alerter. Elle les envoya par pigeon, et pria pour qu’elles arrivent vite.
Elle passa une main sur son visage, puis elle sourit au garçon.

Bonjour. Je m’appelle Séléné. Je peux rester un peu avec toi, avant de rejoindre l’avant ?

Elle n’avait pas envie immédiatement de retrouver Volgrim, qu’elle avait envie d’égorger. Il vallait mieux qu’elle se calme.
Ainsi, elle ne se rendit pas réellement compte qu'ils étaient suivis par le dragon qu’Aodren, qui avait rejoint les siens présents dans le convoi, et elle avaient monté, ainsi que par quelques uns de ses confrères.

_________________
Si je m'abîme dans ce décor triste et sublime,
Si je me nuis, nuit après nuit, jour après jour,
Si le soleil ne m'atteint pas, si le sommeil ne m'éteint pas,
Si mes lèvres traînent mes regrets de tout et de rien,
Si j'écrase mon coeur vide pour en extraire l'acide,
C'est car au lieu de vivre je me souviens ...

Séléné Saralondë


avatar
Vagabond commerçant
Messages : 44
Date d'inscription : 13/04/2017
Age : 24
Localisation : ... Eh, mais... j'suis où ?

Votre personnage et ses relations
Âge: 18 ans
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 21:20
Au début, lorsque Xerxes a posé sa main sur l'épaule de Zel, ce-dernier n'a pas pensé un instant que son ami avait pu le voir. Il avait tourné la tête vers lui :

-Xerxes...

Il s'apprêtait à lui demander s'il savait quelque chose sur l'explosion. Ouaip, et après ça, ils seraient aller investiguer tous les deux, auraient trouvé les méchants qui avaient tenter de piller le tombeau, auraient été félicités par le chef de l'expédition et ils auraient été récompensés. Oui, Zel aurait aimé que ça se passe ainsi.

- Zel Zel Zel Zel Zel Zel Zel Zel Zel ! Où cours-tu avec tant de zêle et surtout pourquoi m'as-tu caché tes ailes.


Mais la réalité l'a frappé violemment.

"Non..."

De toutes les personnes qui pouvaient l'avoir vu, il avait fallu que ce soit lui.

"Pas lui..."

De toutes les personnes qui pouvaient l'avoir vu, il avait fallu que ce soit son ami.

"Pas Xerxes..."

De toutes les personnes qui pouvaient l'avoir vu, il avait fallu que ce soit celui qui lui inspirait la honte de lui avoir caché son secret.

Zel avait bafoué, hésité, tenter d'expliquer... mais rien à faire. Les mots n'étaient pas sortis. Il n'arrivait même pas à entendre ce que le Daraah avait ajouté. Il avait donc fait la seule chose qu'il pouvait faire dans cette situation.
Il avait fuit.
Encore.
Comme avec la Tribu.
Il n'a pas grandi.
Il est toujours le même trouillard.

"Pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi..."



----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Bonjour. Je m’appelle Séléné. Je peux rester un peu avec toi, avant de rejoindre l’avant ?

Zel relève la tête. Il a passé les dernières heures à esquiver Xerxes, se cachant tantôt dans la foule des soldats sur le départ, tantôt parmi les bêtes. Fatigué, il s'est installé un peu à l'écart et alors qu'il pensait être tranquille, cette femme est venue s'installer, a écrit quelques lettres et engage maintenant la conversation. Enfin bon, qu'est-ce qu'il risque...
Si ses souvenirs sont bons, cette femme vient d'Eaque et a rejoint l'expédition il y a peu... Ah, et elle doit être importante. Mais sinon, Zel ignore totalement qui elle est. En fait, c'est la première fois qu'il entend son nom. C'est plutôt impoli de sa part, en y repensant.

-O... Oui... Bien sûr...

Il pivote ses petites fesses sur le banc de la carriole pour se retrouver face à elle. Il passe quelques secondes avant qu'il ne pense à se présenter à son tour :

-Oh, moi c'est Zel. Zel Sayren. Alchimiste.

"Et un menteur, traître, indigne d'avoir un ami". Mais bon, ça, il ne le dit pas.
Se souvenant de sa rencontre avec Aëlia, il tend la main, comme la pirate l'avait fait avec lui.

-Vous venez d'Eaque, c'est ça ? Pourquoi vous avez rejoint l'Expédition en court de route ?

Puis, se souvenant que l'incident avec Xerxes - "Xerxes... snif..." - a interrompu sa lancée tout à l'heure, il demande également :

-Et, euh... Vous savez ce que c'était, cette explosion, tout à l'heure ?

_________________
Character theme : https://www.youtube.com/watch?v=K3uxxpsbVgA
Avatar : Personnage, fond

Et n'oubliez pas : je suis le Sky-Pig !
avatar
Leviathan - Réprouvée du Sang et de l'Envie
Messages : 56
Date d'inscription : 04/02/2012

Votre personnage et ses relations
Âge:
Infos:
Relations:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: L'Expédition

le Dim 18 Nov - 22:15
Eve avait été transportée de joie comme jamais. Elle était couverte de sang des pieds à la tête. Sa robe était plus rouge que jamais. Une goutte roula sur ses paupières, se mélangeant à une larme de liesse. Eve rejeta sa tête en arrière et se surprit à rire à gorge déployée. Du sang dégouttait du plafond et tombait en pluie épaisse sur le sol, sur son visage, sur la tombe. Son rire se tut et elle alla se pencher au dessus du marbre fracassé pour contempler son oeuvre. Elle psalmodiait "Père... Père..." d'une voix extatique mais étouffée. Si bien qu'elle ne remarqua pas qu'on était entré.
Elle tressaillit lorsqu'une main se posa sur son épaule. Elle sentit cependant, sans quitter des yeux un intant la momie libérée, que cette main était familière. La personne s'exprima. Mais elle ne comprit point, trop exitée et assourdie qu'elle était. Eve, ivre. D'une ivresse furieuse.
Elle finit par se retourner, et quand elle vit Achéron - si grand ! - elle posa sur sa joue une main tendre et pleine de sang frais, lui caressant doucement du pouce la peau. Elle sourit, comme soulagée. Cet instant semblait durer une éternité.

Ensemble, ils sortirent du caveau, sans dire un mot. La majesté du moment transcendait toute parole. Ils ne se pressèrent pas. Pour Eve, les boyaux torves de la caverne résonnaient encore des cris des sacrifiés, comme un écho infini piégé dans ce tombeau.

Ils sortirent de l'eau, loin des regards. Et quand ils furent éloignés, enfin, Eve regarda Achéron :

"Petit frère..."

Elle alla le serrer dans ses bras.
Contenu sponsorisé

Re: L'Expédition

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit